NapalysaleyaLa tentation de Severus - partie 5 - LegilimensDonc, si je ne me trompe pas, c'est bien la cinquième partie. Elle est faite d'un tas de petits épisodes - ceci est donc une sorte d'introduction - la suite arrive.....Et je crois avoir pris assez de recul par rapport aux fameuses leçons d'occlumancie de Harry pour en écrire ma version. Du moins, je l'espère......
Ah, oui, j'ai fait une allusion, sous forme de blague, aux Acromantules(acromantula); c'est bien cette monstrueuse araignée (poilue; 8 yeux et ne vivant pas en Europe magique, normalement) - Hagrid en a élevé une que nous connaissons sous le nom d'Aragog (et qui aura des tas de descendants).
Quant à Bill Weasley: j'ai retrouvé par hasard cette info et je me suis rendue compte que Melinda avait pu être à Poudlard en même temps que lui (avec 1 an de décalage), ainsi que son frère Charlie (plus jeune), et que Nymphadora Tonks, d'ailleurs; amusant!!
La photo du regard de Lily est un cadrage que j'ai fait sur la photo de l'actrice Rachel Hurd-Wood.(dans "Le parfum") Leya - La cinquième partie est ici toute entière. Suite dans la 6ème!
LEGILIMENS « - Asseyez-vous, Severus, je vois que vous êtes tout à fait rétabli après votre petite ….promenade dans la neige – Dumbledore était assis derrière son bureau, ses yeux vrillant Rogue par-dessus ses lunettes en demi-lune. Un sourire amusé se dessinait sur son visage. Rogue avait pris place face à lui, comme de nombreuses fois auparavant. Les traits encore tirés par la fièvre qui l'avait usé, il avait l'air presque transparent. - Severus, venons-en aux faits ; je me suis longtemps entretenu avec Melinda Lake pendant que vous étiez souffrant – il plissa les yeux d'un air malicieux – C'est une jeune sorcière intelligente et d'un naturel franc. Bien sûr, elle a essayé de m'épargner certains détails mais comme vous le savez déjà, elle ne sait pas fermer son esprit comme il le conviendrait .Je ne vous apprends rien à ce sujet, n'est-ce pas ? Les derniers mots avaient été prononcés sur le ton de la réprimande. - En effet, je voulais….commença Rogue, qui n'appréciait pas de se faire traiter comme un gamin pris en faute. - Vous deviez m'avertir, Severus. Le ton de Dumbledore était sans appel. Il est certain que son pouvoir de Legilimens a pris une tournure inhabituelle. Et vous étiez au courant ! Sa voix avait résonné à travers la pièce qui semblait brutalement silencieuse. Aucun portrait des anciens directeurs et directeurs de l'école accrochés au mur, habituellement bavards, n'émettait un son, comme suspendus aux lèvres de Dumbledore. Même Phineas Nigellus retint son raclement de gorge habituel. Le directeur de Poudlard se leva et paraissait avoir pris l'apparence d'un puissant mage, doublant sa stature, envahissant l'espace. Même Rogue en fut impressionné. Puis l'illusion s'estompa. - Excusez-moi, Dumbledore. Il est vrai que Miss Lake m'avait fait part de… - Et vous n'en avez pas tenu compte ! explosa le directeur. Est-ce ainsi que vous prenez soin des élèves de cette école ? - Elle n'est pas de ma Maison….argumenta Rogue. Dumbledore balaya d'un geste l'excuse d'un geste las. - Assez de ces balivernes ! Ces rivalités nous mèneront à notre perte, vous le savez. C'était votre devoir de professeur de m'avertir. Rogue resta muet, acquiesçant simplement de la tête. Dumbledore retourna sur ses pas, caressant d'une main le phénix perché dans le coin de la pièce. Il reprit sur le ton de la conversation usuelle : - Il apparaît que le don de Melinda la perturbe de plus en plus. Connaissant son passé, je dirais qu'elle n'a pas besoin de cela à son jeune âge. D'après Filius, qui est le Directeur de sa Maison, c'est une élève brillante, agréable et d'ordinaire, équilibrée. Auriez-vous autre chose à ajouter à cela ? - Je ne saurais être meilleur juge. Elle est travailleuse, et, oui, plutôt talentueuse. Les mots semblaient lui être arrachés de la bouche. Dumbledore sourit. - C'est exact. C'est ce qui est ressorti de notre entretien, cependant, elle est troublée. Elle perd ses repères. J'ai cru comprendre que son pouvoir de legilimens était assez…étrange. Qu'en pensez-vous ? - Je suis de votre avis, dit Rogue abruptement. - Vous comprendrez donc l'importance de ma requête, Severus, ajouta Dumbledore d'une voix douce. Rogue leva les yeux vers le vieil homme qui faisait les cent pas. - C'est-à-dire ? - Je vous charge de lui apprendre correctement l'Occlumancie. - Pourquoi moi, vous… - Je pourrais le faire mais je suis suffisamment occupé ces temps-ci. Il se tourna vers Rogue avec un air solennel et conclut : - De plus, vous êtes le meilleur Occlumens que je connaisse autour de moi, Severus. "Les temps changent. De puissants pouvoirs nous entourent. Toute expérience peut nous servir. Pour plus tard ", pensa Dumbledore tandis que Rogue prenait congé. - Quoi! tu vas prendre des cours supplémentaires avec notre Epouvantail en chef ? Julia était abasourdie. Ses yeux noisette agrandis de stupeur, elle se tenait la tête à deux mains. Alvin, Melinda et elle étaient installés dans la salle commune de Serdaigle. Leurs révisions leur prenaient déjà beaucoup de temps. Mais l'annonce discrète faite par Melinda à ses deux amis de cours spéciaux avec Rogue suscitait presque l'horreur chez Julia. Chassant ses boucles blondes de son front, Alvin intervint : - Mais si Dumbledore en a décidé ainsi, c'est pour le bien de Melly… - Le bien ! Passer une heure en tête-à-tête avec cette espèce de vampire, t'as des idées aussi avancées qu'un Troll des montagnes, mon pauvre Al, répliqua Julia. - Merci, mais si tu laissais finir le troll, il te dirait qu'être bonne en potions est une chose mais être assez performante pour en faire son métier, cela nécessite des petits sacrifices…Même avec Rogue, conclut-il avec un sourire ravageur. Julia maugréait : "petits sacrifices, tu parles ". Melinda avait élaboré cette excuse pour ne pas révéler la nature exacte des cours. Il lui coûtait de dissimuler une part d'elle-même à ses meilleurs amis mais le directeur avait insisté, craignant que le mot « legilimens » n'attire trop l'attention sur sa personne. Et Melinda connaissait assez Julia pour savoir que sa langue bien pendue risquait de déraper inconsciemment. - Enfin ,soupira Julia, Tu seras super calée en potions quand on va passer nos ASPIC en juin ! - Mais justement, elle est déjà très forte, c'est pour la suite, après l'école que c'est important, Jools, lui dit Alvin d'un air amical. Il ne cessait de la couver du regard depuis des mois. A présent, il se disait que le moment était peut-être venu d'avouer à cette jolie bavarde ce qu'il ressentait. Melinda les regardait, un peu amusée. Elle se doutait de ce qui se passait. Elle avait eu quelques petits amis, sans conséquences. Son plus agréable souvenir était celui d'un bal de Noël où elle était allée avec Bill Weasley. Il avait terminé ses études un an avant elle. Elle n'était pas vraiment amoureuse mais il avait été charmant ; et puis, l'été dernier, elle avait connu ce jeune Moldu et…. Elle interrompit ses réflexions et reprit le cours de la conversation. - Ouais, enfin, te retrouver en face de Nez Crochu, moi je dis qu'il y a de quoi faire des cauchemars, ma vieille, l'interpella Julia. Il me fait frissonner et si vous voulez mon opinion, c'est pas de plaisir…. Tous les trois éclatèrent de rire. - Non, mais, tu le vois se trimballer avec sa cape et sa démarche de vieille araignée dans les couloirs ? Il a des yeux noirs comme du charbon et ça te fout pas la trouille ? - Non. Je crois que t'en rajoutes un peu – Melinda sourit malgré elle – Il n'est pas si moche que tu le dis….. Julia faillit s'étouffer : - Melly, au secours, on nous a changé Melly ! quelqu'un lui a jeté un sort ! Elle avait bon goût et voilà qu'elle trouve que Severus Rogue est un beau gosse! Al, fais quelque chose !!! Le rire les gagna de nouveau. Melinda fit semblant d'étrangler Julia si elle ne se taisait pas. Ils se chamaillèrent gentiment jusqu'à l'heure de la leçon. ******************************************************************************** Rogue activa ses propres défenses mentales comme un rempart avant de brandir sa baguette et de crier : « Legilimens ! » Il commença à naviguer entre plusieurs couches de visions intérieures, telles des lumières diffractées par des arches translucides successives. C'était un peu comme s'infiltrer au travers d'un tapis de nuages de plus en plus clairs. Peu à peu, son exploration des images et des souvenirs de Melinda s'accentua. Elle ne semblait pas lui opposer de barrières ou n'en avait pas la capacité. Plusieurs flashes défilèrent dans la tête de la jeune fille : Petite, les visages de ses parents penchés sur elle – la joie devant les premières manifestations de sa magie – une fillette de huit ou neuf ans rêvait au clair de lune, des reflets violets dans les cheveux ; elle regardait les chauves-souris dans un soir d'été – Melinda à onze ans encadrée par ses grands-parents se tenait sur la plateforme neuf trois-quarts – son arrivée à l'école et sa Répartition à Serdaigle – Melinda plus âgée riait aux éclats en compagnie d'Alvin et de Julia – un jeune homme roux d'une grande beauté l'invitait à un bal de noël – des moments de joie lorsqu'elle recevait le résultat à ses examens – une Melinda étrangement semblable à celle qui se tenait là, courait main dans la main sous un soleil d'été….., le jeune homme s'arrêtait, la regardait, ils s'embrassaient et…. - NON ! A la même fraction de seconde, Rogue se retrouva plaqué contre le mur de la pièce, les muscles crispés. Le contact avait été rompu violemment. Melinda était tombée en avant. Son épaule droite avait heurté lourdement le pied du bureau. Elle gisait sur le sol, essayant de recouvrer ses esprits. Sa tête cognait comme un dragon fou essayant de s'échapper. Elle se remit debout péniblement. La leçon était rude. Rogue la dévisagea, le visage dur et blême : - Qu'avez-vous essayé de faire ? - Aucune idée, dit-elle en haletant. Un réflexe. Ne me dites pas que…vous avez vu ce que moi, je voyais ? Il eut un rictus amer : - En grande partie. Avec qui alliez-vous au bal de noël, ces dernières années ?, il me semble avoir reconnu… - Bill Weasley. Rogue haussa les sourcils : - Vraiment ? Vous et Weasley ? Qui l'eût cru ? - C'est privé, totalement privé ! explosa Melinda. Il s'avança et frappa du poing sur son bureau : - Dites – moi ce qui est réellement privé pour moi, Melinda? Il fit une pause en la regardant d'un air insidieux puis reprit d'une voix melliflue. Vous aviez moins de scrupules lorsqu'il s'agissait de sonder mon propre esprit pendant la tempête de neige, n'est-ce pas ? Il n'en était que plus menaçant. Ses yeux flamboyaient dans la pièce obscure. Melinda porta sa main à ses tempes. Elle détestait la tournure que prenaient les événements. - Aviez-vous cru que cela serait facile ? Afin de fermer votre esprit, il faut être capable de le vider de toutes ces….émotions. Il insista sur le mot. Vous allez devoir y travailler plus sérieusement et apprendre à vous concentrer si vous ne voulez pas souffrir de migraines. Rogue reprit son souffle, se détourna, et lui désigna la porte : - C'est assez pour aujourd'hui. Entrainez-vous à faire le calme en vous, à vous relaxer. Vous n'arriverez à rien de cette façon. Etonnée par tant de brusquerie, Melinda, la tête bourdonnante, fit signe qu'elle avait compris et s'apprêta à prendre congé. Rogue l'arrêta sèchement en chemin. Il se pencha à peine sur elle : - Quelle était cette dernière image ? - Pardon ? balbutia-t'elle en le regardant sans comprendre. - Vous, et ce garçon. Vous savez de quoi je veux parler, insista-t'il en mettant l'accent sur chaque syllabe. Lasse, elle passa une main dans ses cheveux et répondit machinalement : - C'était l'été dernier. Mon petit ami. Pourquoi ? Elle pensa qu'il allait la foudroyer sur place. Elle ne fit pas immédiatement la relation entre ses dernières paroles et son changement d'attitude. - Vous….et ce…ce…gamin….Je pensais que vous étiez un peu plus….De quel droit l'avez-vous laissé…. - De quel droit, de QUEL DROIT ?, Melinda haussa le ton aussitôt. Et de quel droit vous mêlez-vous de mes affaires ? Elle sentit la colère gagner du terrain sur sa faiblesse. Mais elle n'avait pas envie de se laisser déborder par de telles explosions. Il lui lança un dernier regard furieux et lui montra la sortie : - Jeudi soir, même heure. Filez ! Melinda lui jeta à peine un coup d'œil avant de se précipiter dans le couloir. Fatiguée, énervée, elle regagna la salle commune une pointe d'amertume au cœur, un mal de tête ravageur et l'épaule droite endolorie. Finalement, Julia avait peut-être raison….c'était sans espoir. Plutôt aller épiler une Acromentule à la main que de prendre ce genre de leçons. Pourtant, pourtant…. Le soir coulait en longues flaques sur la bibliothèque. Melinda s'écroulait littéralement de fatigue sur son parchemin. Elle avait pris du retard pour son devoir de Défenses Contre les Forces du Mal. Ce n'était pas dans ses habitudes de négliger cette matière – ni les autres – mais cette fois, elle devait se l'avouer à elle-même : elle perdait ses repères. Mme.Pince faisait le tour de la bibliothèque pour la centième fois, l'air plus revêche que jamais. On aurait pu croire qu'elle avait avalé sa baguette magique de travers. Melinda plongea derrière ses livres et reprit sa plume. Ecrire devenait fastidieux. L'épaule droite l'élançait de plus en plus, paralysant par instant l'articulation fine de son poignet. Elle n'avait pas pris le temps de se faire examiner à l'infirmerie. Elle s'était concentrée sur ses cours et avait voulu ignorer la tension qui se dispersait jusque dans son bras. Mais elle éprouvait à présent du mal à écrire. La plume tremblait dans sa main. Elle étalait de l'encre un peu partout. La lassitude s'en mêlait. Il se faisait tard. Elle avait encore un long paragraphe à écrire. Sa tête bouillonnait sous l'effort. « Et ses fichues leçons d'Occlumancie n'arrangent rien ! elles me crèvent. J'y perds toute mon énergie et j'en ressors comme un légume. Mais c'est moi qui l'ai voulu. Je n'avais pas vraiment le choix pour être tranquille. Je pense que non ? » Au fond d'elle-même, elle connaissait la réponse. Appuyée sur sa main gauche, elle sentait les yeux lui piquer. Le sommeil l'attirait. Irrésistible. Invisible comme une attraction. Mais au moment où l'endormissement allait avoir raison d'elle, une lueur se raviva dans un coin de son esprit et elle se retourna à l'instant où une voix s'élevait derrière elle : - La bibliothèque n'est pas un endroit pour dormir, vous devriez le savoir. L'ombre noire était enveloppée d'une longue cape. Melinda ne bondit pas sur sa chaise. - Mme.Pince, vous avez encore une étudiante ici, veuillez ne pas l'enfermer ! - Bien, Severus, mais prenez votre livre et merci à vous aussi de quitter rapidement ce lieu. Je voudrais bien aller dormir, maugréa-t'elle. Melinda rangea silencieusement ses affaires dans son sac. Echevelée et à moitié endormie, elle gagna prestement la sortie. Elle faillit buter contre Rogue. - Excusez-moi, je ne vous… - …Vous ne m'aviez pas vu, j'avais remarqué, fit-il, sarcastique. Melinda approuva d'un mouvement de tête. - Je vois que vous avez encore des devoirs à finir. Comment avez-vous pris ce retard ?, questionna-t'il en longeant le corridor, sa cape voltigeant autour de lui. - Heu….un peu de fatigue, rien de plus. Melinda n'avait aucune envie d'avouer ses faiblesses devant Rogue ni de prolonger la conversation avec lui ce soir. Inconsciemment, elle transféra la bandoulière de son sac sur son épaule gauche et étira son bras droit. Son pas s'était relâché. - Il est tard, vous devriez avoir regagné votre dortoir. - Oui, mais j'ai encore ce devoir à finir, avoua Melinda presque pour elle-même. Rogue s'arrêta au milieu du long couloir vide et la détailla de ses yeux noirs. - Vous ne ferez pas du bon travail à cette heure avancée. Il fit une pause et la fixa plus nettement. Il effleurait de son esprit chaque détail laissé au fond d'elle-même. Il percevait une gêne, quelque chose qu'elle tentait maladroitement de lui dissimuler. C'était comme un battement désagréable qui s'infiltrait dans les fibres de Melinda. Rogue ne put s'empêcher de grimacer avant de rompre le contact visuel. Ahurie, Melinda ouvrait des yeux ronds. Elle était trop fatiguée pour analyser ce qui venait de se passer. Elle tenta de comprendre : - Vous allez bien, heu…professeur ? - C'est plutôt à moi de vous poser cette question. Qu'est-ce qui vous fait souffrir du côté droit ? Ses yeux verts encore plus agrandis, Melinda répondit sans réfléchir : - J'ai mal à l'épaule. Je m'étais cognée contre votre bureau. Pendant la première leçon d'occlumancie….Comment …Elle ne termina pas sa phrase. A ce souvenir, Melinda se rembrunit. Elle lui jeta un regard chargé de ressentiment.
Rogue n'ajouta rien. Il garda le silence un instant puis lança : - Vous devriez soigner cette épaule….C'était idiot de ne rien faire. - Je pensais que ça passerait….Bon, je dois terminer mon devoir, soupira-t'elle. - Au dernier moment ? - Non. Elle se reprit et résignée, dit lentement : Je n'y arriverais pas et ce n'est jamais la solution, je sais. Tant pis, j'aurais une très vilaine note en Défense Contre les Forces du Mal. Les yeux noirs de Rogue scintillèrent. Il se retourna et ouvrit brusquement la porte d'une salle de classe vide. - Suivez-moi, fit-il. Il alluma les bougies d'un mouvement rapide de sa baguette et se percha sur la table d'un élève. Melinda referma la porte. - Montrez-moi votre parchemin ! Elle lui tendit et s'appuya sur une autre table. Déconcertée, elle le vit s'absorber dans la lecture de sa rédaction. Un peu anxieuse, elle craignait qu'il ne jette son devoir au feu : tout le monde savait que Rogue avait postulé plusieurs fois pour le poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal. Par un curieux hasard, il ne l'avait jamais obtenu et cette histoire alimentait les conversations des élèves.
Rogue lisait avidement, en silence, tortillant parfois de son doigt une longue mèche noire. Un geste qui lui semblait coutumier mais que Melinda ne lui connaissait pas. Au bout d'un moment, il cessa sa lecture et releva la commissure de ses lèvres – presque un sourire : - Ce n'est pas si mauvais. Mais il est dommage que vous ne l'ayez pas fini. Il eut un air songeur : Je persiste à croire que vous auriez mérité votre place à Serpentard. Ma Maison aurait gagné un excellent élément. Mais, à mon grand déplaisir, cela ne s'est pas déroulé ainsi lors de votre Répartition. Melinda cligna des yeux : - Personne ne sait ce qui ce passe exactement lorsque les élèves sont répartis, n'est-ce pas ? Je…..je me demande… - Oui ? - Je me suis souvent demandée : si on désire véritablement être placé dans une Maison plutôt que dans une autre, ce choix n'est-il pas pris en compte ? Rogue eut un air mystérieux puis haussa les épaules : - C'est une théorie intéressante. Je n'en sais rien….Mais si je suis bien votre cheminement, vous ne vouliez en aucun cas faire partie d'une Maison dont la réputation a été ternie par certains sorciers, continua-t'il en cherchant son regard. - Je n'ai rien demandé.- Les yeux verts plantés dans les siens lui prouvaient sa sincérité.- De plus, bien des sorciers et sorcières issus de Serpentard ont prouvé qu'ils étaient loin d'être des lâches ou des idiots. Il ne faut jamais généraliser…. Dans un murmure quasi inaudible, Rogue articula : - Merci. Incapable de poursuivre la conversation, il laissa passer le temps. Les pensées se formaient dans sa tête. Dans la pièce envahie d'ombres, elles affluèrent, presque perceptibles derrière ses iris sombres.
« Tout perdre pour des illusions de jeunesse. Par goût de pouvoir, d'ambition ? Mais soudain, la vérité vous rattrape et vous saisit. A sa cruelle lumière, vous savez que vous avez tout détruit. Le peu que vous aviez. C'est irréparable. Non, ce n'était pas brave. J'ai détruit le seul lien d'affection que j'avais été capable de tisser. Presque le seul…sans compter ma mère. Eileen, rejetée. Moi, son fils rejeté également. Mais je ne dois m'en prendre qu'à moi-même. Rien ne sert de m'apitoyer sur mon sort. Je vis avec cette perte chaque jour. A quoi ai-je cru ? Faut-il que je regarde encore et encore dans vos yeux, Melly, pour voir revivre….ou suis-je un menteur…. » Une chandelle s'éteignit dans un souffle. Comme hypnotisés par leurs propres magies intérieures, Rogue et Melinda faillirent sursauter. Melinda se secoua. Elle en avait entendu plus qu'il ne le pensait. Elle cala son sac contre elle. Rogue reprit le parchemin qui était sur ses genoux, et, avec un petit air suffisant, le tapota de sa baguette. Aussitôt, le paragraphe inachevé fut rempli, prenant immédiatement la forme de l'écriture de Melinda. Celle-ci écarquilla les yeux : - Mais, que faites-vous ? Vous l'avez fini, mon devoir, vous l'avez fini !!!! C'est…on va dire que j'ai triché ! Il eut un rire bref en contemplant ce qu'il venait de faire : - Croyez-vous ? Qui irait vous accuser ? ….Voyez vous…Défense contre les Forces du Mal, j'ai comme une sorte de revanche à prendre en ce domaine. Considérez cela comme un.... cours supplémentaire ! Elle finit par prendre le devoir qu'il lui tendait pour le ranger dans son sac en se tortillant. - Mais je ne vous félicite pas pour votre maîtrise des sortilèges de guérison ! Regardez-vous ! - Je n'ai jamais été très forte, c'est vrai, grimaça-t'elle en se malaxant l'épaule maladroitement. Rogue soupira. Il s'approcha et murmura à mi-voix une sorte de chant étrange tout en pointant sa baguette vers l'épaule de Melinda. - C'est bien ici, n'est-ce pas ? - Oui, enfin, c'était….je sens que ça va mieux…. Le soulagement se répandit dans son bras. Un frisson lui transperça le cœur. - Merci et, heu…je vais y aller, dit-elle précipitamment. - Il est temps. Et n'oubliez pas. Réfléchissez bien. - Pardon ? Professeur? Un reflet étrange passa sur son visage quand il dit : - Ne vous attachez pas à la mauvaise personne. Il restait insondable. En quittant la pièce, Melinda ne savait pas s'il venait de parler de la relation qu'il avait entrevue parmi ses souvenirs ou s'il parlait pour lui-même. Elle avait envie de lui crier qu'il était trop tard pour cela. Définitivement trop tard. En vain. Il n'y avait pas d'issue pour lui. Mais pour elle non plus et c'était ainsi. L'aiguillon de glace la vrilla à nouveau au plus profond de son âme.
********************************************************************************** En soupirant discrètement, Melinda regarda par la fenêtre : le ciel se teintait d'un bleu quasi marine tirant par endroits sur le cyan. On l'aurait cru liquide. Le soleil irisait enfin l'air et se réverbérait sur les dernières plaques de neige qui résistaient dans les recoins les plus à l'ombre. Au loin, Le printemps avançait peu à peu. Les élèves se sentaient surexcités par la promesse des beaux jours et celle, non négligeable, de la pause des vacances de Pâques. Julia poussa Melinda du coude et chuchota : - Binns va réellement me changer en fantôme, un jour prochain. Débiter son cours de cette façon depuis des années…et il le fera pour l'éternité, c'est effrayant, pétard de dragon ! Melinda lui jeta un coup d'œil amusé. Depuis qu'ils sortaient ensemble, Alvin avait une influence très directe sur les expressions déjà imagées de Julia. - Ce week-end, c'est la dernière sortie à Pré-au-lard, avant les vacances ! Son regard d'écureuil en éveil avait un éclat particulier : - J'y vais avec Al, bien sûr. Et toi, Mel ? Je veux dire, on va pas te laisser tomber pour autant comme une vieille harpie dans un troupeau de gobelins….. Melinda pouffa une première fois. - Une vieille harpie, moi ? T'inquiète, amusez-vous. Tu sais, les sorties à Pré-au-lard, je suis vaccinée pour un bon moment….. Elle vit Julia froncer les sourcils puis secouer ses cheveux châtains pour se redonner contenance : - Ah…le jour de… - Ouais, depuis la tempête de neige, disons que je suis un peu….refroidie. La note d'humour ne chassa pas le souvenir de son cerveau. Julia posa sa main sur son bras : - Bon, on te ramènera tes friandises préférées ? - J'espère bien. Et puis, comme ça, je pourrais me reposer. J'ai encore une leçon la veille avec Rogue. Julia étouffa un cri qui faillit troubler la classe entière. - Quand ? Ce soir ? Melinda hocha la tête. - Par les caleçons en dentelle de Merlin, ma pauvre ! - Les….quoi de Merlin ? Elles baissèrent toutes les deux la tête sur leurs parchemins afin de dissimuler un fou-rire ravageur. Cet intermède chassa pendant plusieurs heures l'idée de la prochaine leçon d'Occlumancie. Il semblait que plus elle essayait et plus Melinda progressait lentement.
Article ajouté le 2008-01-22 , consulté 130 fois CommentairesFëryKat site : http://lemerveilleuxmondemagique.hautetfort.com/ | le 24/01/2008 à 23:37:10Je me demande bien comment va se passer les leçons... Oh! là, là, que d'émotions en perspective! Et tu dis que c'est bientôt la fin :( Je suis toute triste déjà... Je l'aimais bien cette histoire! elvi44 le 25/01/2008 à 12:58:39 Un peu d'humour pour alléger le côté angoissant.. mais c'est vrai qu'on se demande comment vont se passer ces cours d'occlumancie !!!! Biz Elvi leya le 25/01/2008 à 14:30:44 Je ferais pas plus de 7 parties....mais ça va être dur pour moi de quitter ces personnages; le souci, c'est que si j'allonge trop l'histoire, ça risque d'être du n'importe quoi...Alors, je fignole cette partie-là, déjà.....(j'en suis à taper les leçons ...gloups) et j'ai aussi écrit la fin... Mais bon, c'est pas fini encore!!!!!! Bizzzz Leya elvi44 le 25/01/2008 à 18:36:40 On s'attache de plus en plus aux personnages .. ça devient inquiétant !!! va falloir que j'apprenne à fermer mon esprit ahaha... fignolée, elle l'est cette partie - très finement ciselée !!! on voit le travail de la romancière !! leçon contre les forces du Mal... oups, ça doit pas être un sujet facile à traiter .... Enfin, je lis, je relis et je pense que, comme les autres, je suis captivée par les liens entre ces deux être différents et semblables aussi qqpart - BIsoussss et un grand BRAVO FëryKat site : http://lemerveilleuxmondemagique.hautetfort.com/ | le 25/01/2008 à 23:07:33 Un autre petit bout de cette histoire... la suite! la suite! calmons-nous, puisque tu la finis, c'est quand même bien de faire durer le plaisir ;) a+ elvi44 le 31/01/2008 à 17:50:18 "By the lace pants of Merlin" !!!haha FOMCL !!! (fell out of my chair laughing pour les non-initiés !) Non d'un pétard de dragon, ça se lit bien et on palpite pour la suite ... ça devient haletant tout ça ... Niessou, t'es la meilleure ... Et à la fin tu diras comme J.K. Rowling quand elle a du terminer Harry Potter " ça été la plus dure séparation de ma vie, pire que de se séparer d'un homme" ?? on s'attache à ses personnages ... biz -Elvi FëryKat le 31/01/2008 à 20:40:51 Ça me donne encore plus le goût de lire la suite :P "Par les caleçons en dentelle de Merlin" disons que Merlin y'a le dos large, on dirait lol a+ Leya le 01/02/2008 à 13:13:25 Je sais plus si j'ai déjà dit : les idées des caleçons en dentelles(j'avais pensé aux strings mais bon....) et les acromentules à épiler à la main me sont venues en avançant au ralenti dans les embouteillages....et je rigolais comme une dingue jusque chez moi, sur l'autoroute.....Ah, pauvre Merlin... LiensVoir les articles de la catégorie " Contes de Harry Potter - fan fiction (Leya) "Retour aux articles |