L'ombre du passé - Chap.24:Confrontations 1/3
Ce que je n'ai pas inventé:
Les membres du 1er Ordre du Phénix comme : Caradoc Dearborn (même si le patronyme peut faire rire, c'est à Mrs.Rowling qu'il faut s'adresser); Fabian et Gideon Prewett (les frères de Molly Weasley - Harry héritera de la montre de Fabian pour ses 17 ans). Lors de la 1ère guerre contre Voldemort, l'Ordre du Phénix se battait "à 1 contre 20 Mangemorts" ( Remus Lupin le dit dans "L'ordre du Phénix" à Molly). J'ai juste peaufiné les détails.
Pour le reste, oui, c'est mon imagination qui suit son fil.
@ LEYA
1979 - La nuit était silence. Silence et inquiétude. Chaque seconde oppressait davantage, haletante, au rythme d'un cœur battant.
La respiration comme arrêtée pour mieux écouter. Ce qui se tramait. Cette malveillance qui suintait tout autour. Nullement visible. Tout juste perceptible.
Quelque part.
Ils étaient là. Ils attendaient.
Bientôt le piège se refermerait.
La maison abandonnée était isolée.
Il retint son souffle.
Prêt à l'action. L'âme presque désincarnée du corps s'il devait frapper mortellement pour sauver ceux qui étaient là. Qu'il était venu aider.
Il eut encore une pensée et…
Il pivota aussi vite que ses réflexes lui permirent, sa baguette magique pointée vers la source du bruit. Il ne voyait rien. Il le sentait, en alerte.
La silhouette ondoyante avait une saine familiarité. Il se détendit.
James émergea de la Cape d'Invisibilité., essoufflé d'avoir couru depuis l'entrée. Il s'accroupit près de Sirius, et dit à voix basse :
- Je les ai vus. Les Mangemorts. 'Reconnu Dolohov et Malefoy.
Sirius siffla entre ses dents.
- Et de notre côté ? On en est où ?
- Les Prewett vont essayer un coup de bluff. M'ont fait signe quand j'étais à la fenêtre. Mais faut qu'on dégage de là. Qu'on emmène les autres à l'abri. On peut lâcher personne.
- Evident.
- L'ami de Caradoc est salement blessé, tu penses que…
Mais Sirius coupa court :
- Je m'en charge. Il est où ?
Le silence se rompit. Un bruit formidable retentit. La porte d'entrée avait explosé sous un sort violent. La pièce fut illuminée par des jets de lumières rouges et verts surgissant de partout. Des ombres encapuchonnées s'élancèrent dans la maison. Des cris retentirent.
James et Sirius disparurent.
Abby faisait les cent pas dans le salon. Elle ne supportait plus cette attente. Elle ne comptait plus les heures.
Assis sur le canapé, Remus ne savait quoi faire pour relâcher cette pesanteur autour d'eux.
Il était ici. Il se sentait inutile. Ces derniers temps, il avait participé à un nombre considérable de missions pour l'Ordre du Phénix et avait besoin de repos. Ses traits étaient tirés. Malgré tout, il savait qu'il ne trouverait pas le sommeil. Intérieurement, il se sentait bouillir. Pourtant, il tenait à conserver un calme de façade devant Abby. Il ne voulait pas accroître son inquiétude.
Il la vit virer sur ses talons, marcher sans but. N'y tenant plus, Remus tapota le coussin du sofa :
- Viens t'asseoir, tu te fatigues en vain.
Quand les paroles atteignirent enfin sa conscience, Abby sortit de son hébétude. Elle secoua la tête.
- Pardon, Rem, tu disais ? demanda-t'elle sur un ton monocorde.
Compréhensif, Remus s'étira, se leva puis la rejoignit au milieu du salon :
- Allez, on dirait que tu vas dormir debout.
Il la poussa doucement vers le canapé. Abby se laissa faire, étrangement silencieuse, sans réactions. Au-delà de toute émotion.
Avec un froncement de sourcils, Remus lui prit la main, la trouvant étonnamment froide au toucher. Il examina son visage, son regard perdu, presque absent.
- Abby, parle-moi ! Abby…
La chaleur…Très lentement, la chaleur se glissa du bout de doigts et escalada chacun de ses nerfs comme des bulles délicates. La tiédeur envahit son cerveau. La vie. Le présent.
Abby prit conscience de la profondeur des yeux d'ambre.
Elle se souvenait de la première fois où elle avait véritablement senti l'intensité de ce regard. Un jeune adolescent allongé sur le lit de l'infirmerie à Poudlard. Elle devinait encore la fine cicatrice à la naissance de ses cheveux, tout en haut de son front.
- Petit loup-garou, balbutia-elle, et ses yeux s'emplirent de larmes.
Remus déglutit avec peine. Tenta de garder son sang-froid. Relégua ses propres souvenirs bien au fond de lui-même. Et y parvint. Avec une pointe d'humour, il soupira et dit :
- Je ne suis plus si petit comme loup-garou…
Le premier sourire depuis des heures et des heures se dessina sur le visage d'Abby.
- C'est ce que tu es pour moi. Et Sirius reste…ce fichu…Chien fou…
Les mots semblaient déborder de son âme. Remus comprit combien elle avait eu du mal à les prononcer. Il s'efforça de la rassurer une fois de plus.
- Il va revenir, Abby.
- Mais …le temps passe. Et l'un comme l'autre, vous n'êtes jamais partis aussi longtemps pour une mission. Jamais. Et puis, il a été appelé si brusquement…je veux dire…oh, Remus, imagine...
- Je n'imagine rien, l'interrompit Remus un peu abruptement. Tu sais très bien que…
Abby le fusilla du regard et s'écria :
- Mais non, justement, je ne sais rien ! Vous partez, c'est tout. Vous évitez de me raconter les détails pour ne pas m'inclure, je sais, je sais, ajouta-t'elle pour prévenir la réaction de Remus qui ouvrait déjà la bouche, je n'ai pas à savoir ! Et c'est une protection supplémentaire ! Mais quand je vais soigner quelqu'un, je sais ce que je vois, purée de dragon bouilli ! Des débris partout, des endroits dévastés ! Quant aux sorts, je les connais, j'ai vu les résultats ! Ne me fais pas la leçon et ne me dis pas de rester calme, Remus John Lupin !
Elle se tut, en tremblant légèrement. Le silence retomba, ouaté. Remus se sentit gêné. Il hocha la tête puis se décida :
- Bien. Je ne sais pas si ça peut t'aider à y voir plus clair. Mais je vais te dire ce que je sais. Sirius est parti en urgence car des sorciers sont en danger. Ils arrivent de l'étranger. Apparemment, ils ont été interceptés par les Mangemorts.
- Où ça ?
- Je n'en sais rien. Ils sont retranchés quelque part. L'un de ces sorciers est un ami de Caradoc Dearborn, qui fait partie de l'Ordre, comme tu sais. Il devait l'accueillir et voilà ce qui est arrivé. Il a appelé à la rescousse. James est là-bas. Fabian et Gideon Prewett aussi, il me semble. Je n'en sais pas plus.
Abby réfléchissait très vite.
- Que veulent les Mangemorts exactement ?
- Qui sait ? Les rallier à leur cause ? Les interroger ? Pire ?
- Ils sont nombreux, tu le sais ?
Remus se rembrunit.
- Je n'en sais rien, mais tu dois savoir que plus la guerre s'intensifie et plus les Mangemorts rallient de partisans. Au début, nous nous battions à un contre trois, puis à un contre cinq….nous en sommes à un contre dix.Bientôt..ce sera contre vingt.
Etouffant un cri, Abby plaqua sa main sur sa bouche. Remus reprit calmement :
- Ce n'est pas toujours le cas et ce ne sont pas toujours les meilleurs. Certains sorciers sont moins habiles que nous…
- Mais ils pratiquent la Magie Noire, termina-t'elle. Je connais la portée de leurs maléfices.
Remus hocha la tête gravement.
- Les plus redoutables appartiennent au petit cercle qui gravite autour de Voldemort. Ceux-ci ont réellement appris à manier les Sorts Impardonnables et ont un plaisir à les appliquer. De plus, ce sont les plus forts et les plus rapides : combattre Dolohov et Lestrange réunis…
- Lestrange, dit Abby, un air de dégoût dans la voix. J'espère qu'ils ne sont pas là-bas. Je me dis toujours que si Sirius tombe sur eux…
- Si tu veux parler de Rabastan, ce nom déclenche en nous deux, des envies de …meurtre, avoua Remus, crispé.
Ils s'arrêtèrent de parler. Remus fixa le plafond des yeux. Les heures tournaient. La peur aussi. Elle louvoyait entre eux. Insidieuse. La fatigue les attaquait également mais ils luttaient.
- Pourquoi est-ce aussi long ?, dit Abby presque pour elle-même.
Remus la voyait près de lui, froissant les plis de sa robe. Il ne souhaitait pas la perturber davantage et pourtant, il s'entendit poser la question avant de pouvoir s'imposer le silence :
- Tu l'aimes? Sirius, je veux dire ? Il se sentit rosir malgré lui.
Elle ne parut pas embarrassée. Ou peut-être était-elle trop épuisée pour essayer de lui cacher quelque chose.
- Oui, répondit-elle d'une petite voix.
Mais déjà, c'était trop tard.
Il n'eut pas le temps de réagir : elle était contre lui et sanglotait, ses paroles perdues contre son torse. Remus ferma les yeux un instant et s'en voulut d'avoir été si maladroit. Puis il la berça gentiment, lui tapotant le dos pour la rassurer. Il ne comprit pas ce qu'elle disait entre deux hoquets. Il savait qu'elle était arrivée à un tel point de tension qu'il lui fallait se reposer.
Ils restèrent ainsi, l'un contre l'autre. Sans parler. Puis finirent par s'assoupir. Enfin.
***********
Une porte claqua lourdement.
La pièce était encore dans une semi-obscurité.
Deux hommes titubaient, l'un soutenant l'autre.
- Aidez-moi…
Un sursaut. « Lumos », dit une voix.
Ils relevèrent la tête en même temps.
Et virent Sirius. Dans le salon.
- Vous m'avez attendu ici, fit Sirius, tentant de masquer sa respiration un peu difficile. Il y a un plus grand lit à l'étage comme le savez bien. Vous y auriez été tout aussi bien.
Et il leur sourit. Un sourire de soulagement. Celui d'être rentré. Et de les retrouver.
Remus se sentit un peu stupide mais n'en laissa rien paraître. Abby bondit sur le sol.
- Tu es là ! Enfin !
- Oui…Mais je ramène un blessé, si vous voulez bien m'aider tous les deux.
Remus se leva. Ils transportèrent le blessé et l'allongèrent selon les directives d'Abby, délicatement sur le sofa. L'homme était inconscient.
- Que lui est-il... ?
- Un peu amoché par les Mangemorts, mais rien de très grave, je pense.
Abby s'affairait déjà auprès de l'homme blessé, cherchant à déterminer les sources de son mal. Il avait perdu du sang.
- Que s'est-il passé ? s'enquit Remus.
- Oh, un beau traquenard, mais je vais m'asseoir. Boire quelque chose. Je suis…il grimaça en tenant son bras mais fit signe à Remus de se taire en désignant Abby. « Plus tard » articula-t'il en silence.
L'homme gémit malgré lui. Abby avait rapidement décelé une plaie au niveau de ses côtes. Elle se retourna et fit un geste en direction de Remus.
- Peux-tu m'aider, s'il te plaît ? Il faut seulement le déplacer de côté très doucement. Sans magie. Je n'ai pas envie de le voir suspendu dans l'air, dans son état.
- Douterais –tu de mon habileté en matière de sort ? osa Remus.
- Peuh ! Mais non. Seulement, pour bouger quelqu'un de quelques centimètres, la main humaine est plus précise. Tu sais ça, voyons. Allez, à trois….
Il suivit ses instructions puis écarta le vêtement du sorcier comme elle le lui avait demandé. Il eut un mouvement de recul en constatant la blessure : une lacération courait le long de son flanc gauche.
- C'est net, mais peu profond. Il a perdu du sang mais pas abondamment, sinon ses vêtements seraient trempés. Par quoi a-t'il été frappé, Sirius ?
- Une arme, comme tu t'en doutes. Ma chère cousine Bellatrix est une adepte du poignard apparemment, ajouta-t'il avec un mauvais regard.
- Bella… ? elle était là-bas ? demanda Abby, choquée.
- Hummpf, grommela Sirius. Elle a lancé cette lame de loin mais elle l'a manqué.
Abby renifla de dégoût. Elle ne supportait pas cette femme. Pour l'avoir rencontrée une fois dans sa vie, elle savait que celle-ci était définitivement mauvaise.
- La blessure est superficielle. Avec un peu de chance, il ne gardera qu'une légère cicatrice. Si la lame n'a pas été ensorcelée auparavant….Je vais m'assurer de cela. J'aurais aussi besoin d'essence de dictame, Remus, et à côté, tu trouveras une fiole, c'est une décoction d'écorce de cerisier. Si tu peux me rapporter tout cela, et ma baguette, bien sûr, je te remercie.
Tandis que Remus grimpait les marches quatre à quatre, Abby inspecta le visage du blessé. Il avait dû recevoir plusieurs sorts mineurs. Mais rien ne semblait l'avoir touché gravement. Il était surtout en état de choc. Abby réalisa qu'elle ne le connaissait pas. Sans doute faisait-il partie des sorciers venus de l'étranger, tombés entre les mains des Mangemorts. Elle allait poser la question à Sirius lorsqu'elle le vit agiter sa baguette magique en direction de la cuisine et attirer à lui une chope de Bièraubeurre.
- Dans ton état, ce n'est pas cela qui est conseillé, mais du thé chaud sucré !
- Pardon, quel état ? tenta –t'il en bravant les yeux dorés dans la lumière grise du petit matin. Abby était soudainement plantée devant lui.
- Ton bras, idiot. Tu penses que je n'ai rien vu, sans doute ? Pour qui me prends-tu, Sirius Black ?
A court de mots, il chercha le premier prétexte qui lui passait par la tête :
- Ce n'est pas important. Je n'ai rien, je ... Aïe ! Arrête !
En relevant sa manche, Abby avait effleuré l'endroit sensible. Elle faillit se moquer de lui. Se contint.
- Que s'est-il passé ?
- Dolohov a essayé de me stupéfixier. Je l'ai évité. Il y avait des sorts entrecroisés. James et moi avons plongé sous la Cape. Invisibles, nous nous sommes glissés parmi les Mangemorts, mais je ne sais pas ce qui m'est tombé dessus, à un moment. Tout dégringolait. Nous étions dans une maison, tu vois.
Abby hochait la tête en silence, visualisant la scène dans sa tête.
- Vous étiez bien piégés. Et vous vous en êtes tous sortis ?
- Finalement…Nous avons atteint une zone calme. Chacun d'entre nous devait se charger de l'un des sorciers ….avant de transplaner. Les sorciers venaient, enfin, c'était une mission…
- Oui, je sais. Remus m'a expliqué, fit-elle pour couper court à son explication. Ils sont tous sains et saufs ?
- Je le pense. Mais Damian était le plus gravement touché, et je l'ai mené jusqu'à toi. Par contre, je ne pensais pas que tu verrais...pour moi…Il souffla sur ses mèches brunes, la regardant par-dessous ses cils.
Elle prit son menton entre ses mains :
- Tu pensais. Inutile de penser à ma place, orgueilleux. Je vais m'occuper de ton bobo. Mais avant…Elle lui subtilisa sa baguette adroitement et fit disparaître la chope de Bièraubeurre. En cas de blessures, mon cher, les recommandations sont : éviter l'alcool, sauf pour désinfecter les plaies.
- Heurk ! c'est barbare !
- Non, c'est moldu. Tu insinues que… ?
- Pas du tout, pas du tout. J'ai droit au thé, bien sûr ? demanda-t'il, un sourire enjôleur revenu sur son visage.
- Oui. Tu dois reprendre des forces. Et attendre avant de manger.
Sirius prit un air outragé :
- Quoi ! Et je dois rester l'estomac vide ? Oui, tu es une barbare !
- Tu préfères rendre tripes et boyaux si tu as un malaise ? Elle reprit plus doucement en le voyant verdir. Je ne sais pas exactement ce que tu as, Sirius. Je suis désolée, mais …je dois m'occuper de…comment as-tu dit qu'il s'appelait ?
- Damian. Damian Lake.
- Bien. J'oubliais, tu as droit à ça.
Et elle lui planta un baiser sur les lèvres. Il sourit, heureux de ce dénouement.
- Finalement, j'aime les barbares dans ton genre, marmonna-t'il.
- Laisse-moi travailler maintenant, lança-t'elle, prenant les fioles que Remus lui tendait, en le remerciant des yeux. La compréhension fut une onde qui se transmit entre eux.

Commentaires
f¨ërykat le 10/02/2009 à 00:27:55Est-ce que Remus aurait des sentiments plus fort pour Abby? Plus l'histoire avance, plus on sent la tension. Un très beau chapitre :)
fërykat le 10/02/2009 à 00:28:31
moi aussi, je fais des fautes oups!
elvi44 le 10/02/2009 à 19:10:58
Bon, je remets mon com resté en rade hier soir -
On reste sur le suspense - lequel est blessé ?
Tu sais, tout ce chapitre me rappelle l'attente des femmes dès que les hommes sont au combat - va-t-il rentrer sain et sauf ? ... la peur aussi de ceux qui se battent et voient leur copain, leur ami tué devant eux... lui et pas moi ? pourquoi ? c'est qqchose que tu n'as pas entendu raconter par mon père, mes grands-pères et aussi en Hongrie (évènements de 1956) et tu l'as parfaitement restitué ! Bravo -
Leya d'Avalon le 10/02/2009 à 19:30:03
Alors, j'ai dû y être dans une vie antérieure; je plaisante.
C'est ma "petite" imagination.
Et je n'en dirais pas plus pour la suite; elle est en cours de corrections.
elvi44 le 13/02/2009 à 11:57:26
J'aime quand Abby est aussi "pro" dans son métier de guérisseuse et Sirius doit faire profil bas devant elle ;-)))
Heureusement que Sirius n'est pas revenu trop salement blessé, pauvre Abby, elle se fait assez de soucis pour ce chien fou !
Bizz
Leya le 15/02/2009 à 12:14:34
Ah, ce Chien Fou.
Elle est aidée,avec un Loup-Garou et un chien fou, Abby.;-)
ok, on continue...
fërikat le 16/02/2009 à 10:21:45
drôle d'équipe ;)
Leya le 16/02/2009 à 11:25:16
Ils se sont bien trouvés, à mon avis :-)