Dialogue sensuel

ELFANGE:

"Je me souviens… Nous étions, toi, moi, en train de jouer, de chahuter. Nous nous poursuivions, moi, toi, et tels des enfants, nous en riions. Et puis, soudainement, nous nous retrouvâmes l'un sur l'autre.En frémissant contre ton corps trop proche du mien, en  haletant, toi,  de désir contenu ! Doux instant trop vite évanoui où le désir rythmait nos cœurs à l'unisson, réglait nos respirations en un seul souffle… Puis nos lèvres se sont attirées, mêler nos bouches pour dire ce que les gestes ne surent jamais. Tes lèvres unies aux miennes, je goûtais la pureté de ton âme.

            Le reste fut une découverte minutieuse de nos corps enfiévrés par la curiosité. De ma bouche, j'effleurais délicatement chaque centimètre de ta peau de soie satinée. Dialogues de nos chairs. De caresses en caresse, tu t'abandonnas au plaisir et soupiras. Bercés par les vagues de la jouissance et de la tendresse, nous continuâmes à dérouler le serpent de l'amour jusqu'à ce que nous ne fîmes plus qu'un entre le ciel et la terre. Enivrés, nous restâmes  dans les bras l'un de l'autre, simplement heureux d'être là, ensemble.

            Le soleil pénètre dans la chambre, témoin silencieux de nos ébats. Doucement, il éclaire les paupières des endormis. Je me réveille, encore enflammé de notre nuit. Je me retourne, afin de contempler ton visage, si beau dans la lumière du jour à peine naissant.

Mais tu n'as pas de visage, ô mon rêve."

 

LEYA:

 "De ton rythme alenti, tes mains vers les miennes, de l'empreinte de tes doigts, le toucher en ombre se veloute. J'ai plongé et senti la finesse de tes cheveux, ta tiédeur plaquée contre la mienne, au sein de ton oreille frémissante, ressenti ton corps en désir, en envie, réactif.
Je te serre, je t'enserre, nos jambes mêlées, nos bras en collier, frottés en dermes cherchés, enfin trouvés ; et de nouveau c'est toi, ou moi ; l'incessante danse, à peine, le temps de saisir un éclat différent au coin de tes yeux.
Mes mains lisent ton visage, l'adorant à plaisir, à loisir caressé, mes doigts visitent l'humidité de ta bouche, l'antre sucré, ta douceur de bouche, ce délice de bouche, une offrande de lèvres ; deux coussins ductiles pourtant de chair et chéris en magnificence voluptueuse à la rosée donnée.

Je m'érotise dans ta tendresse. Ma peau s'électrise de part en parcelles ; la chaleur au ventre, mon cœur honorant la nuit. Tout s' enchaîne, mon infini. Je lisse ton désir, ta force et ta douceur, ta hâte et tes ardeurs. Flâne sur moi encore, et commence ton chemin, recommence, que nos corps se lancent sans contraintes dans la ferveur enivrante de ce mystère fusionnel.

Je te sais, tu me sais. Cette vision s'épanouit en pétales mille fois développés.

Ton reflet se répercute au fond de moi, comme un friselis d'eau en écho, sur mes doigts, sur mon ventre. Nos tendresses inhérentes à nos chahuts rieurs, tout est une part de cette soif, qui me pousse à te boire à la source.
Dans les senteurs d'herbe sauvage, de vent salé, la chaleur de nos corps coule comme un miel sauvage. Nous nous sommes butinés jusqu'à nous endormir, complétés, adoucis, hors du temps. "

 

Elfange & Leya - Avril 2009 - photo:Leya



Article ajouté le 2009-04-30 , consulté 116 fois

Commentaires


Philo le 12/05/2009 à 10:35:56
" Je m'érotise dans ta tendresse "
J'aurais bien aimé l'écrire cette phrase !
Et le reste aussi ... ;)
C'est très beau, avec un ressenti et des mots savamment colorés et fruités qu'il est bien agréable de découvrir...
Bisous du Philo.


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