La Tentation de Severus - EPILOGUE - fin
Une lueur d’un bleu intense brilla soudainement au milieu du bureau de la directrice de Poudlard. Une ancienne boîte à gâteaux parut illuminer la pièce tandis que les portraits sur le mur se mettaient à babiller de plus belle.
Une seconde plus tard, trois personnes faisaient irruption, leurs mains posées sur la boîte.
McGonagall, très droite, son chapeau en tartan à peine de travers fit un pas de côté. Melinda Lake chancela, ayant perdu l’habitude de ce genre de transport, soutenant une enfant qui cherchait ses repères, les yeux ne sachant où se fixer.
- Nous voilà, annonça McGonagall en ôtant son couvre-chef et sa cape de voyage.
Melinda reconnut sans peine le bureau où elle avait été convoquée autrefois, celui qu’elle appelait toujours malgré elle, le « bureau de Dumbledore ». Elle se sentit trembler en parcourant la pièce des yeux. Tant d’années déjà….
Elle se débarrassa également de sa cape de voyage et intima à sa fille d’en faire de même. Au moment où elle cherchait un endroit pour poser leurs affaires, elle se retourna et se trouva
face au célèbre mur où étaient accrochés tous les portraits des anciens directeurs et directrices de l’Ecole.
Elle vit très vite le visage de Dumbledore qui lui sourit et lui adressa un signe d’accueil. Son cerveau la brûla lorsqu’elle déplaça son regard de quelques centimètres vers la droite. Ni le temps ni l’espace n’avaient de sens ici. Elle crispa sa main sur l’épaule de sa fille involontairement.
- Maman ? murmura la fillette à mi-voix, où sommes-nous exactement ?
Melinda voulut lui répondre mais les mots étaient comme une braise sans un souffle pour l’attiser.
Elle faisait face à celui qui lui avait tant manqué pendant toutes ces années.
Aucune phrase ne pouvait retranscrire ce qu’elle ressentait.
Car malgré les faits et les évidences, le portrait de Severus bougeait et la regardait intensément. Presque vivant.
Minerva McGonagall attira tranquillement la petite fille à elle et lui expliqua de sa voix calme :
- Mon enfant, tu es ici dans mon bureau. Celui des directeurs et des directrices de Poudlard, l’école où, tu le sais, tu vas entrer en septembre prochain. Comme ta mère te l’a dit, tu es inscrite ici depuis ta naissance car tu es une sorcière et tu en as tous les pouvoirs. Tu peux parler sans crainte.
Elle regarda la fillette brune dont les traits ressemblaient tant à ceux de sa mère. Pourtant, elle distinguait une gravité dans l’expression quand l’enfant réfléchissait, un air plus réservé. Sa peau n’avait pas la teinte dorée de celle de Melinda et ses cheveux lisses étaient déjà beaucoup plus sombres, promettant sans doute d’être presque noirs à l’âge adulte. Quant à ses yeux, ils n’avaient pas pris la teinte verte qui illuminait le visage de sa mère, mais un brun très profond éclairé par des nuances presque dorées au centre. McGonagall sourit en son for intérieur. Elle avait connu les deux parents d’Eileen adolescents.
Tous les portraits se remirent à murmurer. Albus Dumbledore prit la parole clairement :
- Bienvenue à vous deux ! Melinda, c’est une grande joie de vous revoir enfin. Nous avons cru au pire, je vous le confie.
Celle-ci esquissa un faible sourire et balbutia :
- C’est…un …réel plaisir de me retrouver ici….
Elle se tut, prise par l’émotion.
Dumbledore s’adressa particulièrement à la fillette :
- Nul doute que tu doives trouver tout cet environnement étrange, mon enfant ! Parler avec de vieux bonshommes et de vieilles commères comme nous, certains morts depuis des années, et être capable de converser avec eux !
Un brouhaha s’éleva : « Par Merlin, Albus, soignez votre langage ! », « C’est inadmissible », « Moi, une vieille commère ! », « Ah, je l’avais bien dit, quand j’étais directeur, moi, un Serpentard, on ne s’exprimait pas ainsi, on…. »
- Très bien, Phineas, nous savons. Dumbledore baissa la voix et fixa Eileen de ses yeux perçants avec un air malicieux et pointant du doigt le cadre où maugréait Phineas Nigellus, il souffla : Celui-ci est sûrement le pire de tous….Le supporter de mon vivant était déjà un fardeau, si je devais te raconter tout ce qu’il dit depuis que je suis dans ce portrait….heureusement, nous pouvons nous promener dans nos autres cadres !
- C’est vrai ? C’est bien tel que maman me l’avait dit, ne put s’empêcher de demander la fillette.
Pour la première fois, Dumbledore glissa un regard vers le portrait de Severus qui semblait figé de stupeur.
- Bien sûr ! Je suppose qu’elle t’a tout raconté ? C’est pourquoi….nous avons souhaité te rencontrer avant ta véritable rentrée.
Il regarda franchement le cadre de Severus.
La fillette suivit son regard, largement intimidée. Ses yeux furent très vite captés par le portrait de l’homme aux cheveux noirs, si proches des siens, au teint pâle et aux yeux immensément noirs qui lui retournait son regard – profondément. Comme un échange d’âme à âme.
Elle ne sut pas à qui elle s’adressait ni comment elle trouvait l’audace de prendre la parole ainsi :
- Puis-je vous demander pourquoi, monsieur ?
Dumbledore répondit de façon bienveillante :
- Car il nous a semblé naturel et humain que tu puisses enfin faire connaissance avec ton père, Eileen, et il fit un geste vers sa gauche. Vers le portrait de Severus.
Melinda réprima un hoquet. Les larmes lui vinrent aux yeux sans couler. Elle se demandait comment allait réagir sa fille. Elle ne lui avait jamais rien caché. Dès que son enfant avait été en âge de comprendre, elle lui avait expliqué son histoire.
Et, de leur refuge, elle avait suivi les événements qui se déroulaient loin d’elles. Mais se retrouver face à un tableau si incroyablement vivant d’un père disparu trois auparavant constituait une autre sorte d’épreuve. Un réel choc.
Pourtant, Eileen se révélait souvent être une enfant surprenante. Beaucoup moins spontanée et sociable que Melinda au même âge, elle avait un esprit vif et perçant. Sérieuse, elle étonnait par son calme même si elle savait être aussi exubérante que les autres enfants de son âge. Elle était très certainement plus introvertie que Melinda. (« Severus…sans doute, » pensait-elle parfois).
Hésitant sur les termes à choisir, Eileen commença d’une toute petite voix :
- Alors…j’ai le droit….de …vous parler, vous…. elle ne put aller au bout de sa phrase, complètement embrouillée en fixant Severus.
Toute l’émotion contenue brilla dans les yeux noirs et la voix grave s’éleva :
- Oui. Eileen. Il prononça son prénom avec une intonation lente. Tu sais sûrement que les tableaux de sorciers, de même que les photos peuvent bouger ?
- Oui, maman m’a tout expliqué à ce sujet, répondit –elle très vite puis baissant la voix, elle ajouta faiblement : Mais nous n’avons aucune photo…de…de…vous.
- Aurais-tu aimé ?
La fillette captivée par la conversation ne faisait plus attention au monde alentour.
- Oui, admit-elle, bien sûr ! Elle battit les paupières très vite, de ses longs cils noirs comme pour chasser la peine qui soudain l’étreignait.
Melinda se mordit les lèvres. Elle aussi, elle aurait aimé.
Combien de fois n’avait-elle pas désiré obtenir un seul cliché ? Ou juste apercevoir sa silhouette ? Et, à la fois, cela aurait constitué un cruel rappel à sa mémoire. Les souvenirs d’un être cher se greffent souvent à l’intérieur de soi. Plus que le souvenir de son regard, de ses intonations, de la vibration d’une caresse et même de sa voix – la voix de Severus l’avait bercée pendant ses heures sans sommeil mieux qu’une potion relaxante, plus tendre que la plus soyeuse des étoffes- plus que cet ensemble ancré en elle, elle avait enfoui au cœur d’elle-même son empreinte magique qui ne la quitterait jamais. Elle l’habitait, prégnante image en son âme.
Et ceci resterait à jamais inexplicable.
- Dis-moi, tu sais tout, Eileen ? s’enquit Severus.
- De…vous ? demanda la toute jeune fille, hésitant toujours sur la façon de s’adresser à lui. Oui, maman ne m’a jamais rien caché. Elle a toujours été…elle est très fière de …de toi !
La dernière phrase avait jailli comme un éclair d’amour brut.
Severus le reçut comme un hommage. Ses yeux se tournèrent vers Melinda.
Si longtemps.
Tant d’épreuves. De malentendus.
Elle aurait pu se méprendre mille fois sur son compte.
Elle avait eu confiance.
Il aurait dû le savoir. Melinda avait toujours été d’une loyauté exemplaire.
Très bas, mais sur un ton suffisamment perceptible pour que Melinda et Eileen le comprennent, il susurra :
- Je suis fier de toi aussi, Eileen. Tu es une sorcière et tu vas commencer tes études dans quelques semaines. Et puis, tu as…une mère admirable.
Les yeux d’Eileen scintillèrent de plaisir.
- Mais, je me demandais….où serais-je placée lors de
Elle avait un air dubitatif, légèrement inquiet.
Severus esquissa un mince sourire.
- Toujours cette question. Peu importe. Je pense qu’à l’heure actuelle, les Maisons ne connaissent plus les mêmes vieilles querelles et les mêmes préjugés….comme ceux que j’ai vécus lorsque j’y étais élève, fort heureusement !
Dumbledore soupira :
- Severus, je persiste à vous le répéter : votre place a été très hâtivement choisie. Je ne sais pas ce que faisait le Choixpeau Magique ce jour-là, mais il n’avait pas mesuré votre courage à sa juste valeur !
Melinda en eut le souffle coupé. Apparemment, il s’agissait d’une ancienne conversation longuement entretenue entre les deux anciens directeurs. Mais elle n’en avait jamais entendu parler. Minerva McGonagall intervint tranquillement :
- Je ne voudrais pas vous paraître impolie mais Melinda est restée loin de nous pendant des années. En exil, si l’on peut dire. Elle est revenue depuis peu et tient un commerce de potions. Je voudrais à présent parler du sujet dont nous avons parlé plus tôt, messieurs….
Les deux anciens directeurs opinèrent, laissant la directrice exposer le projet.
- Melinda, sachant vos préoccupations et vos difficultés – non, ne m’interrompez pas – revenir dans son pays après tant d’années, ne me dites que vous étiez partie gagner des tonnes de Gallions à l’étranger ? Soyons pratique, vous avez un enfant à élever et même si l’école est gratuite, les fournitures ne le sont pas. De même vous devez bien vivre ! Votre commerce débute à peine ! J’ai une proposition très simple à vous soumettre : nous avons à présent un poste vacant à l’école – elle sourit – Celui de Maître des Potions, bien sûr. Nous avons cherché ces dernières années celui ou celle qui aurait pu remplacer Severus. En vain. Des incapables. Mais heureusement, Albus et Severus m’ont rappelé vos précieuses compétences en ce domaine. L’enseignement vous tenterait-il ? Oh, il s’agirait d’un essai. Personne ne vous oblige à vous engager pour trente ans, rassurez-vous. Mais si cela vous convient……J’aimerais seulement que vous me donniez votre réponse très vite. Nous sommes presque à la veille de la rentrée et je désespère de trouver un BON professeur de potions, voyez-vous.
Melinda ouvrit de grands yeux, interdite.
Elle, professeur ?
C’était la dernière idée à laquelle elle aurait pensé. Aurait-elle l’autorité nécessaire ?
Elle s’imagina faisant les cent pas dans les allées de la salle de cours, sa cape immense et noire voltigeant derrière elle tandis qu’elle traiterait ses élèves de « têtes vides et de ramassis de courges sans cervelles ». Elle plissa les lèvres, leva les yeux vers le portrait de Severus et très vite déclara :
- Ce serait un grand honneur. J’essaierais d’être à la hauteur. Alors, avec joie, j’accepte.
De discrets applaudissements semblèrent jaillir du mur.
McGonagall lui serra la main avec vigueur :
- Excellent choix.
La voix de Dumbledore s’éleva :
- Bienvenue parmi nous….professeur Lake.
Une pointe d’humour éclairait ses propos solennels. Melinda se sentit rosir. Eileen lui sourit avec grâce, puis se tournant une nouvelle fois et se rapprochant le plus possible du tableau de Severus, elle chuchota :
- Est-ce que je pourrais….revenir ici ? Je veux dire, pour parler ?
Le visage de Severus prit une expression surprise puis il fit sur le même ton :
- Tu ne pourras pas y passer tout ton temps libre car il te faudra étudier. Tu devras donc arranger cela avec le professeur McGonagall. Mais….cela serait mon souhait que tu viennes ici quand tu en éprouves le besoin….ma fille. Sa voix coupa net.
McGonagall qui avait eu le tact de faire semblant de ne pas écouter, hocha la tête et dit, détachée :
- Nous fixerons cela à la rentrée, Severus. Je n’y vois pas d’inconvénients.
Puis, se tournant vers Melinda, elle prit une mine énigmatique en disant :
- Et bien, Melinda, je vais avoir besoin de votre jeune énergie, je ne rajeunis pas.
- Pardon ?
- Vous avez bien entendu, mes bras me trahiraient ; porter un tableau, ce n’est plus de mon âge, voyons.
Melinda fronça les sourcils. Elle voyait Dumbledore qui se tournait les pouces en rayonnant.
McGonagall désigna le portrait de Severus :
- Je suppose qu’un entretien privé est le moins que l’on puisse faire, n’est-ce pas ?
Et avec l’aide d’une Melinda tétanisée par l’émotion, la directrice décrocha le tableau du mur. Toutes deux l’emmenèrent dans une pièce attenante au bureau. Avant de laisser sa mère seule, Eileen chuchota, le visage contre la peinture :
- A bientôt….papa.
- Prends soin de toi, ma fille.
La pièce était petite et claire. Intime.
Melinda s’assit sur le sol, tout près du portrait posé à la verticale contre un meuble, à terre.
Son visage se trouvait au même niveau que celui peint de Severus.
Troublant.
Que dire, à présent ?
Elle avait amassé durant des années ce qu’elle aurait voulu lui déclarer un jour.
Et maintenant.
Etait-ce trop tard ?
- Severus…Quelqu’un m’a dit un jour que tu étais l’homme le plus brave qu’elle avait rencontré.
- Abigail, n’est-ce pas ? Je me souviens de ses paroles…..C’était il y a longtemps. Elle t’en a parlé ? Même des circonstances ? il hésitait à en dire plus.
- Oui. Abby m’a tout dit. Chère Abby. Qu’aurais-je fait sans elle ? Je lui dois tout…Mais elle aurait dû…Melinda s’interrompit, un peu amère.
- Me prévenir pour Eileen ? Non. Il est vrai qu’Abby et moi sommes restés en contact le plus longtemps possible par lettres. C’était dangereux. Mais je voulais qu’elle sache la vérité, à mon sujet.
- Mais elle ne me l’a pas dit, pas tout de suite !!! J’ai dû lui arracher les mots de la bouche, je crois que je l’ai même menacée de verser du Veritaserum dans son thé si elle ne me disait rien, avoua piteusement Melinda.
Severus sourit.
- Cela ne m’étonne guère. Mais elle ne pouvait rien me dire à ton sujet. Imagine, Melly, ce qui aurait pu arriver à Eileen, à …notre fille, si le Seigneur des Ténèbres avait eu vent de quelque chose. Non, jamais….Il fallait que cela soit ainsi….
- Severus, tu as espionné pour Dumbledore, tu as protégé le fils de Lily….et tu m’as offert une cachette, sans savoir que tu offrais une protection pour ton propre enfant. Mais comment as-tu fait, pour jouer tous ces rôles sans devenir dingue ?
Un soupir s’échappa du tableau :
- En me détestant un peu plus chaque jour. En me réfugiant dans mes obsessions et dans mon passé. En me montrant sous mon aspect le plus désagréable, et tu sais comme je peux l’être, n’est-ce pas ?
Melinda eut un faible sourire et hocha la tête.
- Tu as fait tout ça….
- Pire. La beauté et la joie m’avaient déserté définitivement. Il restait le devoir. Et il n’était pas plaisant. Je te l’avais dit, j’avais une tâche à accomplir.
- Un serment fait à Dumbledore ?
- Tu as toujours été très perspicace.
- Et ….en mémoire de Lily, ajouta Melinda en baissant la tête, incapable de regarder ses yeux noirs.
- Melly, je te mentirais si je te disais que je n’ai jamais aimé Lily. Tu le sais. Elle a été mon premier amour. Mais elle ne m’a jamais rendu son amour. Et puis, je ne voyais pas Lily en toi. Peut-être au début, certes. Dès que je t’ai vue….
Avec un geste de surprise, Melinda faillit tomber en arrière :
- Comment ça, dès que tu m’as vue ?
- Tu étais très jeune. Et je n’étais pas un tel crétin ou un affreux pervers pour m’intéresser aux jeunes filles. Mais il me semblait revenir des années en arrière ; j’avais connu Lily étant enfant. Et tu avais les yeux….Tu sais de quoi je veux parler. Puis tu es devenue une jeune femme. Tu étais ma tentation sous mes yeux. Comment aurais-je pu résister, dis-moi ? Mais c’était toi, Melinda, toi que je voyais. Mais je n’ai jamais su dire ce qu’il fallait, quel maladroit…
Ils se s’échangèrent un intense regard.
- La preuve, cette bague….
- Ce n’est pas grave. Je l’ai gardée. Elle ira à Eileen un jour.
La voix de Severus se fit plus rauque :
- Je suis très honoré que tu aies choisi ce prénom. Et puis…très fier…Elle te ressemble, je crois. Elle sera aussi belle que toi. T’ai-je jamais dit cela ?
- Tu m’as dit d’autres mots…..Melinda laissa dériver ses pensées un instant puis reprit : Oh, je me dis très souvent qu’elle tient beaucoup de toi. Je te retrouve en elle, Severus. Mais, dis-moi, tu lui as dit…qu’elle pourrait venir dans le bureau ?
Melinda enchaînait les phrases. Elle avait tant à dire.
- Oui. J’espère qu’elle le fera.
- Tu ne seras pas trop…intimidant ?
- Ah. Tu veux parler du temps où je terrorisais mes élèves ? Par ailleurs, j’espère que tu n’en feras pas autant, ajouta-t’il avec un pincement de lèvres ironique. Voyons, Melly, Eileen est ma fille. C’est différent. Je ne l’ai pas connue. C’est un de mes regrets même s’il n’y avait pas d’alternative : ne l’avoir jamais serrée dans mes bras.
Sentant sa gorge se nouer, Melinda prononça difficilement :
- Je me doute. J’aurais voulu ….
- Mais tu as fait ce qui était le plus sûr. Déjà, la voir, même comme ça….. Melly ?
Le ton était subitement inquiet.
- Oui ?
- Tu m’as manqué. Tu sais, Melinda, je…Quand te l’ai-je dit ?
- Ma mémoire est meilleure que la tienne. Mais peut-être est-ce parce que tu n’étais pas dans ton état normal : dans la cabane pendant la tempête de neige. J’ai cru un instant que tu délirais pour me chuchoter des mots d’amour, Severus.
- Ils étaient sincères. Ils le sont toujours.
Elle posa ses doigts sur le portrait qui bougeait et souligna doucement les traits de son visage. Les larmes tombaient lentement sur le tableau. Roulant sur les joues pâles fixées à jamais dans la peinture magique, l’eau des yeux de Melinda semblait redonner vie au visage de Severus. Unis dans la même émotion. Pour un instant.
- Ne sois pas triste, Melinda.
- J’aurais tant voulu…que ça se passe autrement.
- Mais c’est ainsi. Il ne faut pas regretter. Et l’histoire en retiendra ce qu’il en apparaît. Mon amour pour Lily Evans.
Melinda ajouta doucement :
- Et je resterai à jamais dans l’ombre.
Severus sourit :
- Toujours. Cela te paraît-il injuste ?
- Non. Je ne tiens pas à entrer dans une quelconque légende. Celle-ci est faite pour les héros. Elle est pour le fils de Lily.
- Et non pour l’enfant de Severus.
Ils se regardèrent longuement, comme si l’empreinte magique perdurait au-delà de la mort. Eternellement.
FIN

Commentaires
FëryKat le 14/03/2008 à 16:13:13Des mots d'amour?!?!?!?!
Je viens de relire la tempête et j'ai pas lu de mots d'amours (à moins qu'il faut lire entre les lignes?)
J'y crois, à ton histoire, j'ai l'impression que c'est arrivé pour de vrai (pas pour de vrai, puisque Harry Potter est une histoire, mais comme une autre histoire, dans l'ombre du héro, Harry Potter). Je me demandais si ça aurait pu être possible que Severus ait un autre amour dans sa vie, j'avais un doute. Mais maintenant, à la fin de ton histoire, je me dis que c'est possible!
En plus, quand je me suis mise à lire, j'étais encore dans l'histoire d'Elvi et je me suis reprise en me disant: "c'est vrai, c'est pas l'histoire d'Elvi, mais celle de Leya". Et la bonne idée, Eileen... Comme ça doit être émouvant de voir pour la première fois son père en image dans un cadre, comme s'il était toujours vivant... pour l'éternité... comme une empreinte dans le coeur... comme maintenant, avec cette histoire... tu fais revivre Severus! Comme je te l'ai déjà dit (et à plusieurs reprises!) Severus était mon personnage préféré. Tellement ambigu... Lorsque je lisais les livres, ça me passionnait tellement, mais j'avais personne avec qui en parler, mais maintenant... tu m'écrivais à propos des hasards... mais je pense comme toi, il n'y a pas d'hasard, mais simplement que la vie fait bien les choses ;) Je suis très contente de te connaître, même si c'est par internet. Cet outil est souvent contesté qu'en aux relations qu'on peut y retrouver, mais j'ai pu constater que je peux y rencontrer de véritables perles d'amitié et je crois que c'est dû au fait qu'avec les blogs, on se livre plus personnellement et qu'en personne, souvent, on a de la difficulté à parler de soi. Et moi, j'adore connaître quelqu'un du fond du coeur, au plus profond de son être. Mais encore, il reste toujours quelques secrets :)
Leya le 14/03/2008 à 16:30:43
En fait, les mots d'amour, il faut les deviner...parce que JAMAIS je n'allais placer cela dans la bouche de Severus. En fait, c'est au moment où tout est calme, le feu crépite plus fort, qque chose comme ça, je n'ai plus les phrases en tête....comme une image de qque chose d'ardent qui se passe.
Bizarre, moi, en écrivant ça, j'avais l'impression qu'il était mort une 2nde fois, severus et je me disais:"ça y est, je l'ai tué!". Mais tout se tenait bien, je voulais coller pile poil à l'histoire de Rowling dans les moindres détails pour que ça soit plausible.....voilà!Pourquoi on n'aurait jamais entendu parler de Melinda...d'Eileen...et Abby? qui c'est??? y a qqun qui a envie de savoir? c'est une histoire dans l'histoire...
elvi44 le 14/03/2008 à 16:33:02
Oh trop émouvant ... et voilà j'ai les larmes aux yeux... et trop proche aussi de ce que j'ai imaginé.. une fille... comme dit Ferykat nos histoires se recoupent peut-être toute simplement parce que c'est une évidence dans la vie de Severus d'avoir un autre amour que Lily, qui ne lui a rien apporté au juste !!
Severus, bcp de gens le voient comme mal-embouché, détestable mais il faut chercher derrière cette apparence toute sa souffrance - un homme courageux qui ne s'est pas plaint d'avoir été envoyé comme espion pour Dumbledore qui sait bien exploiter les gens !! une très belle fin, et dommage que ce soit la fin justement - Melinda devenant le maître des potions c'est le plus beau cadeau - On peut dire bravo pour ce récit si bien construit !!! ELVI
Leya le 14/03/2008 à 17:41:09
je ne me lancerais pas à écrire "Melinda prof de potions", ensuite!!!!
Mais je vais peut-être remonter le temps, au contraire et faire en sorte qu'on puisse retrouver certains personnages au temps de leur adolescence...et un peu plus....quand tout a commencé...;-)
FëryKat le 14/03/2008 à 20:03:24
Non, mais là, tu me laisses sur des questions, encore! Si y'a une histoire dans l'histoire (est-ce que tu parles de ton histoire ou de celle de Rowling?). Je sais aussi qu'elle a écrit ou imaginé des histoires pour tous les personnages, y'aurait-il eu réellement quelqu'un d'autre dans la vie de Severus? Et oui, qui est cette Abby? Lorsque tu l'as mentionné dans l'histoire, j'avais l'impression qu'elle faisait vraiment partie de l'histoire de Harry Potter... Je veux savoir, bon!!!!! Trop curieuse, la fille! C'est insoutenable :P
Et je vais retourner lire la "tempête" pour voir les "mots d'amour". C'est sûr que venant de lui, dire ce genre de choses aurait été impossible. Et c'est quand que tu cru le tuer une 2e fois, à l'épilogue? Ou pendant la tempête? Trop de question dans ma tête...
Leya le 15/03/2008 à 09:38:17
J'ai laissé des indices partout...exprès....pour relier cette histoire à une autre de mes histoires.
Parce que j'ai envie d'expliquer autre chose que JK Rowling a laissé dans l'ombre. Et que je suis une petite curieuse,aussi. Soudain, je lisais un bouquin et comme d'hab, quelques heures après, en voiture(toujours!!! ou en faisant mes courses!!!!mdr), j'ai eu l'IDEE....Donc, j'avais cette histoire, celle d'Abby qui se déroule bien avant celle de Melinda et j'ai trouvé le lien.
Bon, toujours pas de mots d'amour pendant le tempête, s'il les a dit, c'était en délirant....et à mi-voix..donc, on ne les a pas entendus...Pas Severus, voyons!
Non, j'ai cru que je faisais comme Rowling:"J'ai tué Severus!!!!"(je me plante de personnage, elle a crié à son mari :"J'ai tué Sirius!" en fait) quand j'ai écrit le passage avec les tableaux sur les murs à la fin. Je me suis dit "ah, mince, c'est vrai....".
Ce qui ne me fait pas tellement avancer mon histoire à MOI, tout ça.....;-)
Leya
FëryKat le 15/03/2008 à 14:34:04
Bon, si j'ai bien compris, il y aura une autre histoire par rapport à celle-ci. Donc, je vais être patiente. Des indices... humm, ça me donne le goût de relire cette histoire... en attendant!
FëryKat le 15/03/2008 à 14:40:31
Pour l'autre chapitre, ça va venir... mais je sais pas quand :D
Leya/niéss le 10/07/2008 à 16:43:31
Oui, ce qui vient explique un peu ....les origines, donc, à lire!!!!Bisous
Leya/niéss