L'ombre du passé - Chap.6 - Destin de loup-garou
Poudlard - 4ème année
L'année scolaire était entamée d'environ un mois et chacun avait pris ou repris ses habitudes.
L'automne s'annonçait en douceur. Mais le brouillard montait à présent tôt dans l'après-midi sur le lac noir empêchant d'en distinguer complètement les contours.
Malgré cette atmosphère rafraîchissante, deux adolescents déambulaient sur ses bords, lentement. Les cours étaient terminés.
A première vue, l'un et l'autre ne semblaient pas très à l'aise et plutôt abîmés dans leurs pensées. La fille était de petite taille et sa grande cape empêchait de lui donner un âge précis. Le garçon, de taille moyenne, paraissait soucieux. Ils étaient tous deux âgés de quatorze ans.
Finalement, l'adolescent s'arrêta puis prit une grande goulée d'air frais avant de déclarer, peu sûr de lui :
- Ecoute, Abby, je ne savais pas comment te dire ça. Je voulais t'envoyer une lettre par hibou, cet été, mais, non, je préfère te parler, te le dire en face.
- Me dire quoi, Remus ? demanda Abby en écarquillant les yeux dans la brume.
Un instant, il hésita, passa une main dans ses cheveux châtains :
- C'est….toi et moi. Même s'il n'y a jamais rien eu d'officiel. Enfin, tu sais de quoi je veux parler…..
- Oui, fit-elle d'une petite voix. Personne ne sait vraiment….mais nous, nous le savons. Et….qu'est-ce qui se passe ?
- On doit s'arrêter.
Le ton était définitif. Il eut un peu honte de la sécheresse de ses mots. Jamais il n'avait été aussi proche de quelqu'un, pensa-t'il. Mais étant ce qu'il était…..
- Ah. Tu as une raison particulière….
- Etre un loup-garou, ce n'est pas suffisant pour toi, Abby ? lança-t'il à mi-voix, une colère contenue dans ses paroles.
Abby n'avait pas besoin de le regarder pour savoir qu'il était profondément malheureux. Elle aurait pu lui dire que ça lui était égal, qu'ils ne s'étaient jamais fait de promesses, mais elle ne dit rien. Elle avait conscience que tout ce qu'elle aurait pu ajouter aurait été inutile.
Elle se contenta de lui prendre la main.
- Tu as peur ? Que ça me fasse du mal ?
Remus hocha la tête. Il aurait voulu lui exprimer toute la tendresse qu'il éprouvait pour elle mais cela aurait aggravé la situation.
- On a tellement parlé, toi et moi, Abby. Tu m'as fait confiance. Tu m'as raconté ton histoire, celle de tes parents et leur disparition quand tu n'étais qu'une enfant….Tu as dit ça à combien de personnes, dis-moi ? Tu es si proche de moi….Je sais que tu souffres pour moi. Tu ressens...tes rêves, Abby...
- Je n'aurais pas dû te raconter ces rêves, objecta Abby.
- Mais c'est fait. Et puis, je pense à ce qui pourrait arriver, à …l'avenir…
Abby resta un instant sans parler.
- L'avenir ? Mais….on ne sait pas de quoi il est fait, Remus. Nul ne peut présager…
Et elle se tut, les joues enflammées. Remus se pencha vers elle :
- Tu es sûre ? Et les visions, les prophéties, ça n'existe pas ? N'as-tu pas toi-même une sorte de …..perception…
- Je t'arrête. Ce sont des rêves. On peut interpréter ça comme on veut.
Mais il était visible que le sujet la perturbait.
- Tu n'en es pas persuadée, je le lis sur ton visage, je te connais, fit-il avec un demi-sourire.
Elle leva les yeux et soupira.
- Je ne sais pas. J'ai parfois comme ce souvenir de ma petite enfance. J'avais plus de quatre ans quand mes parents sont morts, tu sais. Et je revois mon père se lever durant la nuit, perturbé. Je vois ma mère le rejoindre et le rassurer. Je me demande si…s'il ne faisait pas des rêves prémonitoires. Mais il était né Moldu….Personne ne lui avait trouvé une quelconque aptitude à la magie, tu sais.
- Parfois, c'est plus compliqué.
L'air autour d'eux se chargeait d'une humidité presque palpable.
- Enfin, ça revient à la même chose, reprit Abby. Tu parles de ce qui pourrait arriver. Mais l'avenir est insaisissable, c'est une fumée, une illusion….
- Tu es bien sombre, je trouve.
- Juste réaliste. Tu parles comme si tu allais forcément déclencher une catastrophe. Cela veut dire que tu ne te laisseras jamais la possibilité d'aimer, Remus ?
Il ne répondit rien mais elle voyait dans ses yeux d'ambre si familiers que le combat était perdu d'avance. La lutte que Remus devait livrer chaque mois contre la bête qui l'habitait laissait des traces non seulement physiques mais aussi mentales. Il était profondément affecté. Déjà. Si jeune.
Il doutait. Aurait-il un jour confiance en lui?
Avec une fulgurance née de nulle part, Abby le vit maintes années plus tard, vieilli et usé, pensif, assis dans ce même parc. Elle en resta interdite et ne put réfréner un frisson.
Son imagination lui jouait des tours.
- Tu as froid, on devrait rentrer, tu sais…
- Oui. Mais avant, veux-tu me promettre quelque chose ?
- Vas-y !
- Restons amis, d'accord ?
- Mais….bien sûr ! Je n'avais pas imaginé autre chose, s'exclama-t'il, visiblement soulagé.
- Alors, tout va bien, déclara-t'elle, se forçant à sourire, tu permets, je pars devant….
Et Abby courut le plus vite qu'elle pouvait afin de cacher les larmes qui lui montaient du cœur.
Elle ne fit attention à personne en regagnant la salle commune de Gryffondor, prononça le mot de passe comme dans un coma et fut happée dans la tiédeur environnante.
« Ma maison…ma vraie maison…la seule… »
Les larmes roulaient sur ses joues et elle n'avait qu'une envie : monter dans son dortoir.
Aussi, lorsqu'elle sentit une main l'arrêter et une haute silhouette se pencher vers elle en lui demandant si quelqu'un avait brisé son petit cœur, ne chercha-t'elle pas
à tergiverser : elle frappa, la paume ouverte, et sa main claqua sur une joue qu'elle n'identifia pas. Mais elle était déjà loin, elle avait grimpé les escaliers du dortoir des filles et s'était jetée sur son lit.
Dans la salle commune, Sirius porta la main à sa joue. Rouge.
- Mais…qu'est-ce c'que je lui ai dit ?
- T'as pas été à la hauteur, mec…..
Une voix féminine s'éleva :
- Non, mais écoute-toi, Potter ! Ce n'est pas étonnant qu'il vous arrive des choses comme ça, à vous deux ! Bande de cornichons arrogants !
- Hé, j'ai rien fait, Evans !
- Heureusement, sinon, la prochaine gifle pourrait être pour toi !
Et Lily se leva, dédaigneuse, en les plantant là, abasourdis.

Commentaires
fërikat le 09/05/2008 à 22:15:24Enfin on revoit Rémus, mais il ne veut plus être "l'amoureux" de Abby... En fait, on le voyait pas très souvent, non?
Et puis, j'ai voté pour ton blog de HP. OUI! OUI! OUI! Tu le savais, de toute façon, que je voterais OUI.
Et j'ai fait quelques corrections sur mon chapitre 60. J'ai fait un com pour expliquer (sur Fë).
Et merci pour les coms à chaque chapitre (tout comme Elvi). Ça fait chaud au coeur...
Et puis, Elvi m'a parlé de délire de texte au titre "Ma mère Jezabel" Elle m'a dit que tu avais peut-être encore le texte...
Et passe une belle nuit pour toi (puisque chez moi je suis fin d'après-midi)
a+
xxxxxxx
Leya le 10/05/2008 à 10:03:37
Mais on le reverra peut-être plus tard?????Remus, je veux dire...... ;-)))))
Ben, tu vois quand tu as mis ton com, j'étais en pleine insomnie!!!! et ouiiiii!
elvi44 le 10/05/2008 à 17:33:46
Pas évident de vivre avec cette menace.. loup garou - mais des individus ne doivent-ils pas se battre avec la "bête" qui sommeillent en eux ? - doit-on s'empêcher d'aimer pour ça ??
Sirius se prend des claques pour trois fois rien ... on le croyait plus sûr de lui ... pauvre Sirius ça rabat sa suffisance c'est ça ??, mais il n'est pas méchant ... sauf trop beau gosse !!
Tout ça est vraiment scotchant... bon, pour changer je vais chez Ferÿcat !!! aahha - bizzz
Leya le 10/05/2008 à 18:24:19
Tu sais ce qu'il en sera avec Tonks plus tard.....il a la trouille, Remus.
Sirius n'a jamais été méchant...jeune, un peu trop arrogant, c'est clair; une claque ou 2 , ça ne lui fera pas trop de mal, va. Il était au mauvais endoit au mauvais moment.Ce sont les mauvais choix de Sirius, ça, non?
Ok, si ce chapitre te scothe, le suivant va te faire décoller, je crois....;-)))