L'ombre du passé - Chap 11- Sinistre farce - suite & fin

Voilà la suite - et la fin de l'épisode.

Un remerciement : j'ai fait un emprunt à Anne Rice dans "Les sortilèges de Babylone" - (non, pas de vampire dans son histoire, ni dans la mienne), juste pour trouver le mot hébreu: "altashhteth". Il convenait vraiment à ce que je voulais dire.

LEYA

**********************************************************************************************************************

Hâlant Severus derrière lui, James Potter sortit du tunnel.

Ils étaient tous les deux à bout de souffle.

-         Tu…tu as voulu me tuer, Black, bredouilla Severus, blanc comme un drap blanchi par la pleine lune.

-         Ne me dis pas que tu es allé voir ! ricana Sirius.

Replaçant ses lunettes sur son nez, James s'interposa :

-         Si, et j'ai failli y laisser ma peau aussi…

Sirius se tut brusquement. Il blêmit à son tour.

Peter émit un petit couinement. Severus explosa :

-         Bande de lâches ! Vous saviez ce qu'il y avait là-bas ! Et vous, vous…

James l'interrompit :

-         Je t'ai sauvé, c'est bon, non ?

Severus les regarda puis eut une sorte de rictus :

-         Moi ? Et tu penses que j'étais seul là-dedans ?

Il avait un air hautain et énigmatique en disant cela qui fit froncer les sourcils aux maraudeurs.

James déclara :

-         Tu inventes ! Je n'ai vu personne !

-         Peut-être as-tu mal regardé….Mais quelqu'un me suivait tout à l'heure…

-         Tu mens ! hurla Sirius.

Pris d'un doute, James inspecta les alentours puis capta le regard de Sirius. Silencieusement, il fit un geste de la main. La cape ? Il regarda par terre, à l'endroit où il l'avait déposée. Il n'y avait rien. Nulle part.

James saisit sa baguette magique dans sa poche et sans prévenir la planta sous le menton de Severus :

-         Qui, dis-nous, QUI te suivait, tu le sais ?

Le regard mauvais, mais incapable du moindre mouvement, il finit par dire :

-         Abby…Abigail…

-         Dégage, rentre dans ton dortoir et pas un mot de cette histoire, tu entends, lui souffla James, relâchant son étreinte.

Sirius ne vit pas la suite, il avait sauté par l'ouverture, entraînant Peter à sa suite, malgré ses protestations, et se précipitait vers la Cabane Hurlante.

 

 

Les yeux jaunes du loup-garou se fixèrent sur Abby. D'un bond gigantesque, il fut près d'elle, le souffle rauque, les crocs découverts, le museau pointé dans sa direction. Il était immense, imposant, et les griffes au bout de ses pattes étincelaient dans la semi-pénombre.

Abby sentit son cœur pulser fort et ses jambes se dérober sous elle.

C'était un monstre. Avec un seul but : mordre sa proie.

Elle osait à peine bouger.

« Remus », elle repassait son prénom dans sa tête, sachant que ce n'était plus lui, que sous cette forme il ne pouvait pas la reconnaître.

Elle percevait la chaleur de son haleine, la fureur meurtrière qui émanait de lui.

La bête gronda une fois encore, terrifiante.

Abby ne savait que faire. Elle pensait qu'aucun sort commun ne pouvait annihiler un loup-garou. Il aurait fallu se mettre à plusieurs pour le stupéfixer.

Mais elle était seule.

Elle sentait que le moindre mouvement allait déclencher une réaction de sa part.

Elle était paralysée.

Et le loup-garou était proche, si proche. Elle sentait son souffle chaud sur elle, létal.

Il la regardait intensément. Mauvais. Dangereux.

Un bruit s'éleva derrière elle. Elle espérait que rien  ne viendrait troubler cette sorte de transe dans laquelle ils semblaient être plongés.

Une pensée stupide, désespérée.

Le monstre la dévisageait, feulant et raclant le sol.

Dans ses yeux jaunes, une lueur d'ambre sembla vaciller.

 

Du plus profond d'elle-même, elle trouva un mot et le murmura à la bête :

«  Altashhteth »

Elle le dit si doucement qu'elle pensa que le loup-garou ne l'avait pas entendu mais les sens aiguisés de la créature étaient aux aguets.

Alors, elle le répéta une seule fois « Ne détruis pas ».

Le loup-garou frissonna sous son pelage et la couleur d'ambre se fit plus vivace.

 

Un gros rat fit irruption dans la pièce et détala. Comme sorti de son trou.

Le loup-garou tourna la tête, distrait puis paraissant amusé, le suivit, et bondit après lui, oubliant le reste. Il s'éloigna.

Tremblante, Abby recula vraiment.

 Deux mains se refermèrent sur ses épaules.

Sirius l'obligea à faire volte-face.

Sans un mot, il l'entoura de ses bras et la serra fort contre lui avant qu'elle n'ait eu le temps de réagir. Puis il la tira par la main et lui chuchota :

-         Suis-moi !

 

 

Elle ne sut comment ils débouchèrent entre les racines noueuses du grand saule, trébuchant sur l'herbe.

Abby s'écroula à terre. Vidée par les émotions.

-         C'était vrai, elle était là !

James s'approcha, l'air anxieux :

-         Tu n'as rien, c'est sûr ?

-         Non, mais ses dents s'entrechoquaient.

-         La cape, c'était toi ?

- Oui, et elle la lui tendit en tremblant compulsivement.

 Sirius s'agenouilla près d'elle et siffla entre ses dents :

-         Nom d'un dragon, qu'est-c'qui t'a pris ? Réponds-moi, Abigail !

Mais elle ne savait que dire. Elle voulait chasser l'image derrière ses yeux.

-         Tu es sûr qu'il ne l'a pas blessée ?

-         C'est incroyable, fit Sirius d'une voix blanche. Il était face à elle, presque à la toucher, à la mordre. Et…il la regardait. C'est tout.

James eut un froncement de sourcils :

-         Non, un loup-garou qui n'attaque pas à la pleine lune, c'est …impossible.

-         C'est ce qui est arrivé.

-         Alors que Rogue….

L'incompréhension envahissait leurs visages. Puis soudain, James demanda :

-         Et Peter ?

-         Oh…il…il…heu...se terre comme dans un trou à rats. Faudrait l'en déloger.

-         Ah. Très bien. Raccompagne-la au château, veux-tu ?

 

Sirius releva Abby et l'emmena loin des parages du Saule Cogneur. Près du lac Noir, il lui saisit la main, mais à son contact, elle réagit vivement comme si elle reprenait conscience de ce qui l'entourait. Elle avança de quelques pas et se tourna vivement vers lui :

-         TOI…ne me touche pas…Tu aurais pu le tuer, ce soir.

-         Qui, Snivell... ?

-         Ne l'appelle pas comme ça, cria-t'elle. Tu l'as fait exprès,  tu savais ce qui allait arriver ! Tu as voulu…

Secouant négativement la tête, Sirius la coupa net :

-         Non, non, pas du tout. Je pensais qu'il n'aurait jamais le courage …Je ne pensais pas...

-         Ton problème, c'est que tu ne penses pas, Black. Et surtout pas aux autres !

Elle lui tourna le dos et suivit la rive du lac. Il lui courut après.

-         Et toi, as-tu réfléchi quand tu t'es jetée sous les dents d'un loup-garou, idiote !

Abby leva la tête et serra les dents.

-         Je ne voulais pas que quelqu'un soit blessé, abruti !

Ils se firent face, se mesurant du regard.

-         Je te… déteste, Sirius Black.

-         Moi aussi quand tu fais des choses aussi stupides ! Tu aurais pu être tuée, tu t'en rends compte ! Il avait élevé la voix et frissonnait de rage.

-         Severus aussi ! reprit Abby sur le même ton.

-         Mais lui….Abby, dit Sirius beaucoup plus bas et doucement, je ne voulais pas que ça en arrive là. Je voulais que ça soit juste une farce. Il m'énerve, il nous espionne, il est toujours derrière notre dos...

Mais Abby ne voulait pas lui laisser le dernier mot :

-         Est-ce une raison ?

-         Ce n'est pas la seule, enchaîna Sirius de façon véhémente. Tu sais ce qu'il est ? Oui, tu sais ça ! Un partisan de Tu-Sais-Qui ! Un adepte de la magie Noire. Tu vois ce que ça veut dire ?

-         Tu ne m'apprends rien, Black. Mais aux dernières nouvelles, il ne s'est pas encore engagé chez les Mange-Morts, déclara Abby, glaciale.

Sirius soupira et laissa errer un instant son regard sur les eaux sombres.

-         Ouais mais tu verras que ça viendra.

-         Et alors ? Tu voulais le liquider avant qu'il rejoigne Tu-Sais-Qui ? Pourquoi tu ne vas pas t'en prendre à Tu-Sais-Qui lui-même, ça simplifierait le problème de beaucoup de monde, non ?

Abby savait bien qu'elle racontait n'importe quoi. Elle était encore sous le choc de ce qui venait de se passer,  de ce qu'elle ne s'expliquait pas. Ce n'était vraiment pas le moment pour tenir ce genre de propos. Elle haussa les épaules comme pour dire « laisse tomber » et repartit en direction du château.

Sirius la rattrapa :

-         Y a une chose que je ne comprends pas. Je suis arrivé et tu n'étais pas blessée, ni …rien. Qu'as-tu fait ?

-         Je…je crois qu'il m'a vue, Remus, je veux dire, le Remus qui est dans le loup-garou, il m'a reconnue.

Sirius secoua la tête, souriant un peu :

-         Abby, ça, c'est impossible.

-         Alors….je ne sais pas.

Elle repassait la scène dans sa tête et tout était tellement étrange, à commencer par ce mot inconnu qui lui était apparu comme une évidence. Mais elle ne pensait pas que cette seule parole ait suffi à calmer le loup-garou. Oui, il lui avait semblé avoir croisé le regard de Remus sous la menace du monstre. Une légère présence oscillante.

-         Je rentre, murmura-t'elle. Je suis crevée.

-         Laisse-moi t'accompagner, répondit Sirius et il passa son bras autour de ses épaules encore tremblantes de peur.

Elle faillit se retourner contre lui et lui jeter à la face ce mot terrible : « meurtrier ». Quelque chose dans son esprit l'en empêcha.

Jamais…Pas Sirius…Jamais un meurtrier.

Un inconscient. Un imbécile parfois. Un idiot  aussi. Mais meurtrier?

Mais elle ne pouvait pas être injuste à ce point.

Elle savait qu'il avait été trop loin, cette fois, qu'il avait été cruel avec Severus, mais que son intention n'était pas …non…pas ça…

Abby se reprit, écartant toutes les pensées entrechoquées de fureur, de frayeur, de haine et de peur, de ressentiment et de douleur qui se mêlaient sans suite logique dans sa tête, passé, présent, ou futur probables, peut-être. Elle était trop fatiguée pour essayer de comprendre.

Très bas, Sirius lui demanda :

-         Tu es sûre que ça va aller ?

-         Mais oui et je n'en parlerai à personne. Je serais toi, je ne m'en vanterais pas non plus. Ce n'est pas glorieux pour toi...

Elle l'entendit presque rire sans joie :

-         Tu vois, il y a des secrets difficiles à garder, ici. J'ai comme l'impression que je n'ai pas fini d'en entendre parler, de cette histoire.

Abby le considéra avec une stupeur mêlée d'amusement :

-         C'est toi qui as des visions du futur, à présent ? Bon, nous sommes presque arrivés, tu peux me lâcher, je ne vais pas tomber.

Ils étaient juste devant le portrait de la Grosse Dame.

-         Je te laisse à tes habitudes de conspirateurs…

-         Non, de maraudeurs. Mais pour cette nuit, j'avoue que je suis un peu rassasié, acheva-t'il d'une voix lasse.

-         Pratique, cette cape, ça me fait penser à une vieille chanson….ajouta-t'elle pensive. Une ballade.

-         Hein ?

-         Oh, rien. Mais je ne m'explique pas ce que vous fabriquez tous les trois si près du Saule cogneur puisque vous ne pouvez pas approcher Remus….Enfin, ce sont vos affaires, et elle se passa la main sur le front, écrasée de fatigue.

Sirius détourna la tête, très gêné.

-         Je…je t'expliquerai. Mais pas ce soir. Et puis, tu me détesterais encore plus, Abby.

Elle se contenta de hausser les sourcils avant de faire :

-         Est-ce possible ?

 

« Par Merlin, si tu savais….ce ne serait plus une gifle….. "

FIN -Chap.11

Illus :Abigail _Leya



Article ajouté le 2008-06-15 , consulté 98 fois

Commentaires


elvi44 le 15/06/2008 à 18:40:09
Un mot magique qu'a percu Remus du fond de son avatar.. que voilà une idée "magique"...
C'est Vrai Sirius ne peut pas être aussi mauvais ni un assassin, juste un grand cornichon qui veut se faire remarquer et joue les..."maraudeur" !! les pbs de l'adolescence ...
Très bien le dessin d'Abby effrayée... tout à fait ça, ce regard apeuré...
Tu te décarcasses à nous concocter de beaux chapitres qui se tiennent bien et nous on dévore (c'est la cas de le dire !!) en 2 mn - mais on revient relire -
BIZZZZZ - Elvi
Leya le 15/06/2008 à 19:33:11
ça fait longtemps que j'avais fait ce dessin d'Abby, en fait - elle était effrayée par autre chose - mais ça correspond plus à son âge. Et à ce passage - qui n'existait pas dans la 1ère version de l'histoire- OMG quel mélange...

Et le mot magique "pêché" chez Anne Rice m'est tombé dessus au bon momnent - je t'assure.
Tu sais que je n'arrivais pas à me sortir de ce passage - qque chose qui paraît tellemnt important pour les Severus, Sirius & Remus adultes. (Sev, surtout).
Mais de là à faire de Sirius "un meurtrier", ça ne passait pas.


Oh. Je sais très bien que ça se lit en 2 minutes, même si j'en écrivais des pages et des pages, ce serait toujours lu trop vite!
Faudra imprimer les pages sur ton imprimante, tu liras à tête reposée -comme La tentation de Sev...lol

BIZZZZ
Niéss


FëryKat le 15/06/2008 à 21:36:04
Et non, Sirius n'est pas un meurtrier, seulement ça concorde très bien avec sa haine pour Severus et surtout le fait qu'il penche (Severus) de plus en plus du côté obscure de la force... oups, je m'égare un peu :P Et oui, quand c'est plaisant à lire, ça se lit tout seul. Et de mon côté, je vais me forcer un peu pour continuer la visite du château ;)
bizou xxxxxxxxxxx
Trois en Un. le 15/06/2008 à 21:49:05
mouais, je n'irai pas jusqu'à dire que Siruis est un assassin, mais quand même c'est vraiment un crétin fini. et puis il l'a fait exprès, il l'a voulu...
ça tempère un peu son côté héroïque... je suis désolé mais personnellement, même adolescent je n'aurai pas envoyé sciemment quelqu'un dans un endroit aussi dangereux qu'une cabane abritant un loup-garou...

par contre cela confirme encore le statut d'Abigail...
un mot qui lui vient comme ça spontanément avec un tel pouvoir (calmer une créature aussi dangereuse qu'un loup-garou) ça s'appelle de l'intuition.
je l'adore cette Abigail, plus que Melinda...
Leya le 16/06/2008 à 13:59:21
C'est TOUT A FAIT voulu - tempérer le côté héros de Sirius - car même ado, on n'envoie pas qqun sachant qu'il court un tel danger , enfin, y en a qui l'ont fait, hélas, mais ce sont aussi des cornichons...lol
J'ai toujours dit qu'il y a une sorte de .."cruauté" en Sirius - que ça se calme et puis ça revient.
Tiens donc, comment ça se fait que tu t'attaches plus à Abby qu'à Mel? là, je suis éclatée de rire parce uqe j'ai un début de réponse.
Tu avais raison, Fë...elle a le truc avaec les animaux...et avec certaines personnes (elle a recueilli Mel..et son enfant)
LEYA/Niéss - une pensée pour Elvi et ses yeux aujourd'hui
Leya le 17/06/2008 à 11:41:46
Je savais bien que je souffrais d'une grosse fatigue, la semaine passée - si, si...
le titre du roman d'Anne Rice c'est exactement "Les sortilèges de Babylone", je viens de retomber dessu ce matin.
Et paf, un sortilège pour moi, tiens, ça me calmera un peu - j'ai trop de têtes ( pas 3, mais je ne sais pas combien elles font n'importe nawak...lol)......
Sorry, je corrige là-haut.
Leya/niéss_siriuzana_Lordgoran etc...

Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Contes de Harry Potter - fan fiction (Leya) "

Retour aux articles