L'ombre du passé - Chap 15 - La ballade des frères Peverell

Remerciements à:
Elvi
:pour ses infos sur les harpes celtiques et en particulier, les harpes médiévales et troubadours.(donc pour ses articles et son image). Elle m'a tirée d'un mauvais pas, avec ma fameuse ballade!
EmelPuck: pour sa magnifique idée d'Hagrid en Gardien du Secret. Je ne sais pas trop comment je vais la développer, mais l'idée est posée.

L'idée de la ballade est venue en relisant "Les reliques de la mort", bien sûr. Mais je ne pensais pas en faire un épisode aussi long.
Quant à cette soi-disant malédiction, j'ai repensé à la fameuse ballade des montagnes dans Le cycle de Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley - celle qu'il ne faut jamais chanter devant son frère ....(souvent citée - je me rappelle de "Reine des orages", par exemple).
LEYA

******************************************************************************

C'était l'hiver, peu avant les vacances de Noël.

Hagrid avait préparé une pleine théière pour Abby et lui-même.

Mais pour se réchauffer, il avait proposé d'entonner l'un de ses airs préférés, « Odo le héros », un chant qu'Abby savait être plutôt un prétexte à de larmoyantes fins de beuverie.

Craignant les épanchements hagridesques, la chanson n'étant pas à vrai dire la plus drôle qu'on puisse trouver pour une fin d'après-midi neigeuse, elle se permit de l'interrompre :

-         Vous permettez, Hagrid ?

-         Mouais.

Elle tira de sa poche une simple flûte à bec droite, en bois.

-         Qu'ess'tu-vas boutiquer avec c'te flutiau ?

-         Oh, juste un petit air, pas grand-chose.

Abby prit l'instrument et aussitôt les anciennes sensations de son enfance passée à l'orphelinat moldu lui revinrent en mémoire. C'était là-bas qu'elle avait appris à jouer modestement. Mais c'est avec un plaisir toujours indescriptible qu'elle ressentait la saveur du bois contre ses lèvres, qu'elle  plaçait ses doigts sur les trous de façon à produire les notes justes puis qu'elle dosait son souffle afin de ne pas en tirer des sons criards mais à les moduler. Une mélodie un brin mélancolique s'éleva telle une volute de fumée puis la douceur se fit vivacité.

Hagrid se carra dans son fauteuil : on aurait dit un gros ours gavé de miel.

Un brusque « toc toc » à la porte les interrompit.

 Ronchonnant, Hagrid se leva pesamment et alla entrouvrir avec circonspection. Sa mine s'illumina à la vue des intrus.

-         Ah ben dam, vous v'là vous z 'aut, entrez, dérange-toi pas, Abby, c'est juss que Remus et Sirius qui passent se rincer le gosier…au thé, por sur ! finit-il très fort en les menaçant du regard.

Abby devina que, si elle n'avait pas été là, Hagrid aurait été cherché quelque fût d'hydromel ou une bouteille de vin des elfes.

Jetant leurs capes couvertes de flocons, les deux jeunes gens parurent un instant surpris de se retrouver face à Abby.

Remus, le premier, parut comprendre :

-         Ah, oui, c'était toi, la musique ! J'ai entendu quelqu'un jouer de la flûte en arrivant.

-         Et on se disait bien que ça ne pouvait pas être Hagrid…

-         Du respect, vous deux !

-         Mais ça aurait pu tout aussi bien être Dumbledore, remarque !

-         Sirius ! On ne plaisante pas avec Dumbledore, c'est un grand homme !

Hagrid avait retrouvé une élocution tout à fait châtiée à l'évocation du directeur de l'école. Il est vrai qu'il lui devait beaucoup. Abby ne cessait de se demander quels secrets les deux hommes pouvaient avoir en commun. Hagrid bénéficiait d'une place privilégiée au sein de Poudlard. Il n'était pas un simple Gardien de Chasse. Il était le Gardien des Clés et des Lieux. Une étrange dénomination qui n'avait pas réellement de sens puisque tout le monde savait qu'Hagrid n'avait pas fini ses études magiques et avait été privé de sa baguette. Pourtant, c'était son rôle d'accueillir les élèves à leur arrivée, tel un initiateur, comme si lui seul avait le pouvoir de leur faire franchir la barrière protectrice de l'école. Etait-il non pas un Gardien des Clés mais le Gardien du secret de Poudlard ? Seul un homme comme Albus Dumbledore aurait pu avoir une idée aussi déconcertante.

 

Elle laissa cette pensée de côté, sachant qu'elle n'en saurait jamais sans doute le fin mot et revint à la conversation.

-         Et ben, où qu'y sont James et Peter ?

Sirius eut un geste déconfit en s'avançant vers le large canapé :

-         James a fait l'andouille à l'entraînement de Quidditch. Bref séjour à l'infirmerie, et il enrage. Quant à Peter, impossible de le traîner dehors par ce temps, il dit qu'il a trop froid. Il reste nous deux, si vous nous acceptez.

Hagrid lui claqua l'épaule, ce qui arracha un gémissement de la part de Sirius. Remus sourit mais s'écarta prudemment.

-         Allez, cizez-vous, damnés crétins ! Abby est après nous…

-         …Choser du flutiau, glissa malicieusement Sirius, en se massant l'épaule.

-         T'es rien qu'à bêtiser avec les gensses, toi ! Du thé ? Remus ?

-         Merci, je veux bien.

Lui flanquant entre les mains une chope immense, Hagrid eut un gros rire :

-         Ah, mon gars, t'as l'gosier sec !

-         Il fait surtout un froid…

-         De loup, acheva Sirius.

-         Amusant, fit Remus en lançant à son ami un coup d'œil assassin.

Abby se mordit les lèvres pour ne pas rire. Elle était installée dans l'angle du canapé et observait attentivement ce curieux manège.

-         Ben, vas-y, Abby, c'était ben beau !

-         Oui, on n'a pas vraiment bien entendu, nous, insistèrent ses deux camarades, en prenant leurs aises.

-         Ah. Heu…vraiment ?

-         Si on te le demande gentiment ?

-         S'il te plaît ?

Ils avaient tous les deux pris un air si candide qu'elle les soupçonnait d'en rajouter un peu. Mais elle n'allait pas se faire prier non plus. Elle reprit son morceau sans hésitation, oubliant où elle était, se remémorant peu à peu la ligne mélodique puis variant légèrement. Elle s'arrêta sur une note basse qu'elle fit vibrer. Elle se sentait le souffle court.

Des applaudissements sincères retentirent.

-         Tu te débrouilles !

-         Et sans magie, vous z'aut, les faignasses !

-         Dis-moi, ça s'appelle comment, ce morceau ? demanda Remus.

Abby saisit son regard toujours attentif et lui sourit en retour :

-         En fait, c'est une ballade qui devrait être chantée, et accompagnée avec un autre instrument, au moins. C'est tiré de cette histoire pour les enfants : « Le conte des trois frères. »

-         Ah oui ! approuvèrent-ils tous en chœur.

Mais Hagrid se rembrunit rapidement :

-         M'est avis qu'y vaut miû point s'frotter à c't histoère. Aujor d'aujord'hui, les gensses y z'ont plus l'gingin por savoèr qu'c'est plein d'maldition, c'te chanson.

-         Vous êtes superstitieux, Hagrid ! s'exclama Abby.

-         Mais c'est un conte pour les gosses. On la connait tous, l'histoire des frères Peverell, objecta Sirius.

-         Dam, vous dites que j'vous  fais des accroires, asteure ? C'est point l'conte, qui m'rend pigniou, c'est la chanson ! Des gensses qui s'accneutent, y z' ont dit qu'faut jamais chanter c'te ballade d'vant son frère, ou c'est l'malheur sur lui !

Ils se regardèrent tous les trois, l'air ébahi.

-         Mais, Hagrid, même si on respecte votre…heu...tradition, avança Abby, incertaine, aucun de nous n'a de frère ici, voyons.

-         Et puis, je suis fils unique, ajouta Remus.

-         Mon frère n'est pas présent, fit Sirius, lourdement.

Hagrid se tortilla la barbe en les examinant :

-         Acoutez, c'est juss que j'veux point qu'y arrive un malheur, c'est tot mon souhaitement à …

Il les regarda successivement :

-         Passque des fois, vous êtes un piû comme des frères, surtout vous quat'.

Et il écarta les bras comme s'il allait les embrasser mais faillit décapiter la théière.

Abby intervint vivement :

-         Peu importe, Hagrid, de toute façon, je ne comptais pas la chanter.

Mais aussitôt, trois paires d'yeux se braquèrent sur elle : gris, ambre et noir.

-         Quoi ? Qu'est-ce qui vous prend ? sursauta-t'elle, alarmée.

-         Oh mais que si ! Tu vas nous chanter ça !

-         J'aimerais t'entendre, Abby.

-         Nous aimerions.

-         Faut pas m'écouter bêtiser, Abby.

Elle agita frénétiquement les mains pour les dissuader :

-         Non, non ! Je ne suis pas ….une bonne chanteuse, et...

-         Pourquoi, tu chantes faux ? insinua Sirius, un sourire en coin, le coude sur le dossier du canapé.

-         Ce n'est pas ça, mais…

-         Timide, souffla Hagrid.

-         Mais lance-toi, par Merlin ! Ose pour une fois, aucun prof n'est là pour te donner une note !

-         Sirius a raison, reprit posément Remus.

Abby se sentit céder malgré elle.

-         Je n'ai personne pour m'accompagner, ça sera très moche.

-         Ah, faillié dire ça pûs tôt !

Et Hagrid, levé de son siège, se dirigea vers un recoin sombre de sa cabane où tout un fatras de tissus recouvrait un tas d'objets hétéroclites. Il finit par trouver ce qu'il cherchait et leva l'objet, ses yeux noirs brillants comme des dos de scarabées au soleil.

-         Ta-dam !

Il brandissait un instrument de musique sérieusement poussiéreux et patiné par les ans.

Abby ouvrit les yeux avec émerveillement.

-         Mais Hagrid…c'est une harpe ! Une harpe celtique, où avez-vous trouvé ça ?

Il la plaça devant elle :

-         Figure-toi qu'c'est un drôle qui m'voulait faire accroire qu'ça avait été l'instrument d' Merlin lui-même ! Y a des gensses qui z'ont pas de honte à clamer des choz pareilles asteure. Mais dam, j'avions téroué la chose si biscornue…épi avec la gorgeoire pleine d'hydromel, j'avions la pignosse trop réjouite.

Abby le vit rosir sous sa barbe en fouillis.

Elle entendit Sirius et Remus pouffer de rire sans se retenir.

-         Hagrid, elle est très ancienne, et très belle…

La harpe était de petite taille. En la regardant bien, Abby remarqua qu'elle était plus petite que les harpes celtiques ; plus semblables aux harpes médiévales. Elle vit qu'elle comportait moins de cordes, une vingtaine, certainement et en conclut que le son en serait plus aigu.

-         Je ne sais pas en jouer moi-même mais je peux faire ceci.

Elle sortit sa baguette magique de sa poche et commença à ensorceler l'instrument. Les cordes scintillèrent d'argent luminescent tandis que les notes s'égrenaient. Abby fronça les sourcils et refit un léger mouvement dans l'air : le son était toujours aigrelet mais plus juste.

-         Cette harpe n'a pas servi depuis longtemps mais elle a une sonorité extraordinaire. Vous êtes sûr qu'elle ne vient pas d'un sorcier du Moyen-âge ?

Hagrid haussa les épaules.

Il régnait un calme inhabituel quand la mélodie s'éleva, les notes claires et aigües s'envolant selon la magie du sort.

Abby ne prêta plus attention aux autres. Elle s'éclaircit la gorge, s'efforça d'oublier le tremblement de ses mains et se mit à chanter, d'une voix haute et sans fioritures, quasi enfantine, mais indéniablement juste.

 

A l'aube sur un chemin
Trois frères magiciens
Devisaient mais soudain
Virent un torrent malin.

« O frères, n'allons pas traverser
Au risque de nous noyer
Faisons un pont enchanté
Car nous sommes bons sorciers »    

Mais la Mort sur la berge opposée
Rageuse de se voir trompée
Ses victimes lui échapper
Tricheuse, se mit à parler.

« Messires, ce fut bien belle magie
Ma foi, elle mérite un prix
Parlez et vous obtiendrez
Le présent que vous désirez »

L'Aîné des frères dit « je vous crois, La Mort »
« Pour moi, vous parlez d'or »
« Je suis un homme vaillant
« Et je voudrais un Bâton puissant »

La Mort au bord du ruisseau
S'en fut quérir la branche d'un sureau
La transforma, l'enchanta
Et lui donna la baguette terrible
d'un sorcier invincible.

Le second frère avait le dessein
D'humilier la mort et obtint
D'elle, une pierre pour rappeler
A lui tous les trépassés.

Quant au dernier, le plus gentil,
Il se méfiait de la Mort et de sa perfidie
Il demanda l'objet qui le cacherait
Aux yeux de la Faucheuse à Jamais.

Réticente, elle était par pacte liée
Et lui tendit une Cape d'Invisibilité
Puis les trois frères laissa aller
Chacun d'eux leurs destinées.

Une semaine, voyagea le premier
Dans un hameau rencontra un sorcier
Il se querella, et avec la Baguette le tua
Puis à la taverne but et se vanta.

La nuit venue, il fut assassiné
Sa baguette puissante dérobée
Ainsi La Mort eut sa revanche
Et eut le premier frère en récompense.

Le second frère rentra chez lui
Seul, il appela vite à lui
Celle qu'il avait aimée
Et qui s'en était trop tôt allée.

Hélas, il était trop tard pour sa belle
Les séparait un voile éternel
Le second frère déchiré de douleur cruelle
Préféra le repos éternel.

Ainsi la Mort eut sa seconde revanche
et eut le second frère en récompense.

Puis la Mort chercha et fouilla
La terre entière et au-delà
Le troisième frère, point ne le trouva

Car caché à sa vue, il demeura.
Il vécut longue vie
Et à ses enfants la Cape transmit
Puis alla rejoindre la Mort
A
son heure et non avant
Et la Mort ne lui en voulut pas.

Ainsi finit l'histoire des frères Antioch, Cadmus et Ignotus
Qui ne furent point sages, sauf l'un des trois. »

 

Lorsqu'elle s'arrêta, les joues rosies, elle fit taire l'instrument enchanté et le doux son de la harpe mit fin au charme qui semblait s'être installé comme un chat ronronnant près d'un âtre.

Hagrid se mit à applaudir bruyamment, reniflant un peu, ému par les paroles. Le fracas que produisaient ses larges mains évoquait le tonnerre et Abby ne remarqua pas tout de suite que Remus l'avait imité, ses yeux d'ambre légèrement embués.

Quant à Sirius, il lui fallut un instant pour comprendre qu'il avait fermé les yeux tout du long. Il se reprit, avec une expression certainement pas très avantageuse quand il entendit :

-         Et ben, Sirius, mon gars, en v'là des zyeux de merlan frit ! C'est-y qu't'es qu'devenu muet, asteure ?

Aussitôt, le jeune homme afficha un air assuré, du moins l'espérait-il, et se joignit aux autres pour féliciter sa camarade.
Abby inclina légèrement la tête, une main sur le cœur, en guise de remerciement, gênée d'être l'objet de tant d'attention.
Chanter en public avait toujours constitué une véritable phobie pour elle et jamais elle n'aurait cru y parvenir un jour. Elle s'était levée pour se servir un peu de thé, ayant la gorge désespérément sèche quand elle se figea. Elle avait aperçut une ombre par la fenêtre de la cabane, comme si quelqu'un avait écouté juste là.  Elle ne put s'empêcher de tressaillir.
         -  C'est t'y qu't'aurais vu un d'nos fantômes jusqu'icitte ? L'Baron Sanglant, il aime ben les plaisanteries, mais il s'en vient point par chez moê.
         -  Non. J'ai cru voir…

Et en se penchant, elle vit distinctement dans une flaque de lumière un visage familier. Pour la simple raison qu'il lui rappelait celui de Sirius assis à côté d'elle : c'était Regulus, qui s'enfuyait sur le chemin enneigé, Regulus qui les avait espionnés !

           -  Abby, que se passe-t'il ? Tu as vu quelqu'un ? demanda Remus gentiment.
           -  Ah, ça, tu peux parier que c'est Rogue, une fois de plus, s'impatienta Sirius. Mais Abby lui lança un regard lourd de souvenirs. Et il se tut. Net.

            - Non, c'était un reflet ou une ombre. Je dois être fatiguée, c'est tout, je devrais rentrer.

            - Ouais et vou'z'aut, vou'z'y faites ben attention à not' Abby, qu'elle aille pas tomber dans les pommes après avoir choser une si belle musique….même, ajouta-t'il malgré lui, même si ct'e chanson, elle est maudite.

 

« Encore cette obsession, pensa Abby. Ce sont vraiment des stupidités. Mais …les frères Black ? Que faisait Regulus à espionner ainsi ? Que la déesse le protège, » reprit-elle instinctivement selon la formule préférée de sa mère qu'elle n'avait jamais oubliée.

 

Ils se vêtirent de leurs capes et remontèrent leurs capuchons, puis quittèrent la cabane du garde-chasse.
Dehors, le froid était lourd et chargé de neige. Le vent frappait de plein fouet en abattant son lot de flocons alourdis d'humidité gelée.
Abby entendit ses dents s'entrechoquer.

A sa droite, Remus se pencha vers elle, ses cheveux châtain bouclant légèrement sous son capuchon :

             -  Tu as si froid que ça ?

Elle lui renvoya un mince sourire. C'était toujours la prévenance et la gentillesse de Remus qui l'émouvait. Elle ne pouvait s'empêcher de se demander si, cette nuit-là, dans la Cabane Hurlante, il l'avait reconnue, rien qu'un instant, malgré sa transformation. Jamais elle n'oserait lui poser la question. C'était une frontière qu'elle ne pouvait  pas franchir.

Il passa amicalement son bras autour de ses épaules et elle lui en fut reconnaissante.

Sirius, qui marchait à grands pas, ralentit un peu :

-         Tu ne te sens pas bien, Abby ?

Le ton de sa voix était étonnamment aimable.

-         Fatiguée. Pas chaud.

-         Elle crève de froid, tu veux dire, ajouta Remus.

-         A nous deux, on va vite la ramener au chaud, tu ne crois pas ?

Il sortit la main de sa poche et enveloppa celle d'Abby de la sienne. La main de Sirius était d'une tiédeur incroyable. Leurs deux énergies redonna un semblant de vitalité à Abby qui se dit qu'elle pouvait compter sur ces deux-là. Oui, sur ces deux-là, finalement.

-         Pense au grand feu dans la cheminée de la salle commune, dit Remus pour l'encourager.

-         Et au bon dîner qui nous attend !

-         Patmol, je vais croire que tu ne penses qu'à ton estomac !

-         Pas du tout, s'insurgea Sirius. Mais si elle veut avoir des forces, cette petite demoiselle doit manger ! Sinon, le moindre coup de vent va nous l'emporter !

Tous les trois se mirent à rire.

Abby dit, songeuse :

-         C'est ça, moi, je pense à un bon lit bien chaud.

-         Pas avant d'avoir mangé, tu as entendu notre guérisseur Sirius Patmol ! objecta Remus.

Le chemin grimpait et le château se découpait sur le ciel sombre, toutes lumières allumées.

-         Une veillée au coin du feu, voilà qui sera bien, soupira Sirius.

-         Avec tous les élèves et du bruit, ah non ! s'écria Abby.

-         Mais non, rien que nous trois, glissa malicieusement Sirius.

Abby ne vit pas la réaction de Remus mais elle sentit son bras se contracter ; signe qu'il pensait que la plaisanterie devenait douteuse ou stupide.

-         Pour que tu nous racontes des ballades, voilà ce que je voulais dire, bande de parfaits imbéciles ! Je ne sais pas à quoi vous pensiez ! finit Sirius d'un ton faussement vexé.

-         Bien sûr, je n'aurais pas songé à autre chose, elle vit luire les yeux de Remus. Mais un conte de Noël serait plus approprié, vu la saison, non ? Bientôt les vacances ?

-         Ah, exact. Je m'en fais…une joie, mon cher Lunard !

-         Toi ? manqua de s'étrangler Abby. Sirius, tu es content d'être en vacances ?

Il la regarda en coin :

-         Ouaip. Pour une fois.

Abby se tourna vers Remus qui eut un signe d'incompréhension.

-         Et toi, Abby, tu restes ici ?

-         Oui, ma grand-mère n'a pas encore requis ma présence à Noël ! Heureusement !

-         On t'enverra des cadeaux, s'écria Sirius.

-         Vous oublierez, je veux dire, tu oublieras, Remus penses toujours à quelque chose !, fit –elle avec un sourire.

Remus se décoiffa en ôtant son capuchon, un rien embarrassé.

-         Ah, ouais ? Ai-je ta permission de faire de même, Abby ?

Elle le détailla et secoua la tête.

-         A ta guise, mais je parie que tu oublieras, cher Patmol.

-         J'adore les paris.

 

 

 

 



Article ajouté le 2008-06-30 , consulté 218 fois

Commentaires


ElviNa le 30/06/2008 à 17:42:32
Super moment avec cette vieille harpe oubliée et ensorcelée... j'imaginais bien la scène dans la cabane d'Hagrid, je croyais entendre les notes un peu aigrelettes de la petite harpe et la voix flutée d'Abby détaillant la ballade des frères Peverell - OUH la maligne qui a fait apparaitre Régulus à ce moment-là ... malédiction sur les frères...
Bien ficelé tout ça et plaisir et enchantement des situations comme toujours ...
Elvi
fërikat le 30/06/2008 à 18:57:11
Oui, très beau chapitre, comme dit Elvi, bien ficelé. Tous les éléments que tu apportes et qui permettent de faire des liens avec l'histoire des Harry... Bravo!!!! c'est trop excellent ;)
Leya - le -nez -dans -ses valises(prête) le 30/06/2008 à 19:56:17
ça, c'est grâce à Marion Zimmer Bradley, l'idée m'est revenue.
Ne jamais chanter la ballade en présnece de son frère ou alors s'abat un destin fatal. Je tapais mon épisode et c'est venu comme ça....Du coup, ça tombe exactement bien pour l'histoire de Regulus.
L'illumination à 23 h, hier....;-))) sur un épisode déjà écrit.
Merci pour tes harpes, Elvi.
Tricéphale Elfe. le 02/07/2008 à 15:38:01
D'accord avec Fërikat !!
le lien avec le malheur qui va frapper les Black et la malédiction de la chanson...

je sais que j'ai l'air obsédé dans mon idée -en même temps c'est ta faute Leya- mais le côté musique (surtout la harpe instrument rituel des ménestrels et des elfes) plus la référence à la Déesse, ça renforce une fois de plus le côté prêtresse d'Abby...
LeyaNIStik-à-l'ouest le 03/07/2008 à 12:26:17
Rien n'est laissé au hasard - pour ce côté de "vieille magie" (ou prêtresse). Je déroule mon fil...
;-)))
Bisous à vous tous
Leya
Leya/niéss-en-vacances le 10/07/2008 à 18:31:32
J'ai entendu des filles qui jouaient de la harpe-troubadour (non ensorcelée!lol) hier; c'est exactement ce que j'avais en tête.
;-)
Leya en vacances et qui a emmené ses cahiers de "brouillons".
FëryKat le 31/07/2008 à 18:42:41
Je croyais qu'en parlant de Harry, tu avais continué l'histoire. Mais la bande annonce, c'est tout aussi bien :)
Leya-on_holiday le 01/08/2008 à 09:49:25
Je suis en pause d'Abby & cie....du moins pas le temps de taper sur le clavier lol
Mais au brouillon, ne t'inquiète pas, ça avance...
Bizzzz de l'ouest
Leya
Leya-on_holiday; thanx le 02/08/2008 à 22:14:12
J'ai comme l'impression que je vais devoir me remettre à taper la suite vite fait.....étrange, non?
heureusement que c'est prêt au brouillon ;-)))
- je ne serai JAMAIS en vacances d'Abby, je pense...lol
A tous ceux qui lisent, MERCI!!!!

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