L'ombre du passé - Chap 16 - Le songe enfoui 2/2
Noël passa dans un calme hors du temps. Il y avait si peu d'élèves présents pendant ces vacances. La neige vint en son heure recouvrir le château et les alentours, conférant au paysage un supplément d'irréalité.
Abby naviguait dans une sorte de d'état second, encore bouleversée par son rêve et par les paroles de Dumbledore qu'elle aurait voulu décrypter. Elle ne comprenait rien au sujet de sa tante. Elle aurait voulu savoir aussi ce qui se tramait dans le monde magique.
Sa sixième année filait comme les autres. Qu'allait donc t'elle espérer ? Un sorcier en lutin de Noël au fond d'un paquet magique ?
Pourtant, le repas de fête se déroula sans surprises.
Mais avant de se coucher, en se plantant devant son miroir pour dénatter ses cheveux, elle fut prise d'une tristesse étouffante.
Elle se détourna de son reflet comme un korrigan frénétique.
Elle s'assit sur son lit et s'en prit à elle-même :
« De pire en pire…Se mettre à pleurer devant la glace, et pourquoi pas en me brossant les dents ? Quelle sorcière je fais ! »
Un manque en elle grandissait sans qu'elle pût définir ce dont il s'agissait. Elle n'avait ressenti avec autant d'acuité cette impression de vide au creux de son âme.
Si seulement elle pouvait se souvenir…Où était –elle lorsque ses parents parlaient ?
Et que projetaient-ils de faire ?
Elle décida de laisser ces interrogations de côté car elle n'avait aucune réponse.
La seule surprise agréable d'Abby fut la découverte de deux paquets inattendus au matin de Noël.
Le premier, emballé dans un papier simple contenait un livre qui la fit sourire:des légendes sur les loups! Le mot qui l'accompagnait était signé de Remus. Quant au second, la magie qui se dégageait de lui était palpable : la douceur et la beauté du papier étaient époustouflantes. Abby faillit lâcher l'objet des mains en ouvrant la petite boîte. Un pendentif glissa à terre. Quant elle le ramassa, elle examina la pierre enchâssée dans les griffes d'argent : la couleur était indéfinissable, ni jaune, ni grise, ni mauve, mais changeante, un peu translucide, comme si on avait capturé les larmes d'un arc-en-ciel pour l'enfermer dans une gemme.
Abby fut émerveillée par cette simple pureté qui ne ressemblait pas aux pierres précieuses.
Elle chercha une carte. En vain.
Sa mine s'allongea lorsqu'elle vit que sa grand-mère lui avait fait parvenir un somptueux cadeau : des robes de sorcières élégantes qu'Abby relégua dans un coin de sa malle, décidée à ne jamais les porter.
Le retour des élèves à Poudlard fut très vite annoncé par un assourdissant charivari malgré les injonctions sévères des professeurs. La salle commune de Gryffondor se trouva envahie par des exclamations, des rires et des embrassades.
Abby repéra très vite Lily Evans éclatante avec ses cheveux auburn, entourée par Mary et d'autres amies. Plus loin, James Potter la couvait du regard, les cheveux en bataille. Il fut rejoint quelques minutes plus tard par un Sirius rayonnant.
Décidée à échapper à cette atmosphère surchauffée, Abby sortit subrepticement et se trouva face à Remus.
Sans comprendre ce qu'il lui arrivait, elle lui passa les deux bras autour du cou et le remercia en se serrant contre lui. Elle n'avait pas prémédité ce mouvement instinctif mais elle n'avait que trop rabâché sa solitude ces dernières semaines.
Gêné, Remus ne sut que faire, se contentant de la garder un instant dans ses bras.
Finalement, conscients des élèves qui passaient en riant sous cape, ils se détachèrent l'un de l'autre et firent quelques pas, échangeant les dernières nouvelles du monde sorcier.
- Ah, et tu peux t'attendre à une nouveauté, Abby !
- Laquelle ?
- Sirius…Sirius a profité des vacances de Noël pour s'enfuir de chez lui. Il s'est réfugié chez les Potter qui l'ont hébergé, bien sûr.
Abby comprit aussitôt la raison de la mine réjouie de Sirius. En général, il revenait de vacances avec un air maussade et prêt aux pires farces comme s'il allait enfin se défouler de cette exaspération et de cette contrainte.
En se disant à plus tard, Remus la mit en garde contre les mauvais farceurs qui traînaient dans l'école en ce jour de retour.
- Merci, mais j'ai un livre à rendre à la bibliothèque et si je suis en retard….je vais avoir droit à un Sort de Pissoiement-nuageux !
- Oh, je connais, elle a essayé sur Sirius et moi, un jour !
Son gros livre sous le bras, Abby se glissa dans les couloirs, croisant les silhouettes fantomatiques qui la saluèrent, évitant de justesse un Peeves plus caquetant et coloré que jamais avant de trouver le chemin de la bibliothèque.
Elle croisa sur son passage le regard de Severus qui détourna la tête, comme gêné. Abby soupira intérieurement : elle ne pouvait pas tendre éternellement la main à quelqu'un qui s'obstinait à présent à la considérer comme une ennemie potentielle. C'était complètement ridicule, mais elle ne pouvait pas le faire comprendre à Severus, même si son attitude la peinait.
Au détour d'un corridor, Abby fut arrêtée net par une violente invective :
- Hé, la bâtarde !
Elle chercha du regard qui avait parlé. Un groupe de Serpentard de triste réputation se trouvait là. L'un d'eux, probablement celui qui avait lancé l'insulte, avança droit sur elle, grand et imposant, le regard mauvais. Ses yeux vrillèrent les siens.
- Oui, toi. Je t'ai parlé.
- De quoi m'as-tu traitée ?
- De ce que tu es. Une fille de rien, illégitime.
Abby comprit qu'ils cherchaient la provocation. Elle laissa filer et ne répondit pas. Réagir, c'était entrer dans leur jeu.
- Comment ? insista le garçon en tournant autour d'elle. T'es pas au courant ? Ta traîtresse de mère sang-pur a couché avec ton Moldu de père, ce qui est déjà une infamie, mais ils ne se sont jamais mariés. Donc tu es complètement illégitime. Une rien du tout.
Fronçant les sourcils, Abby se demanda où il avait appris l'histoire de ses parents et ce qu'il avait imaginé.
- Oh, à la voir, on pourrait imaginer pire, remarqua un garçon narquois, vu sa taille, elle est peut-être née d'un croisement avec un Gnome de jardin !
Ils s'esclaffèrent tous en se tenant les côtes. Abby en profita pour se faufiler.
- Personne t'a dit de bouger ! T'aimes pas qu'on te rappelle tes origines, hein ? A mon avis, tu ne devrais même pas être dans cette école, mais chez les Moldus! t'aurais dû rester avec ceux de ta race, les sang-mêlés et les hybrides !
Abby sortit précipitamment sa baguette magique et laissa tomber son livre sur le sol.
- Tais-toi !
Elle savait qu'ils n'attendaient que ce prétexte pour lui jeter un sort. A présent, elle était seule et autour d'elle, les sourires méchants se dessinaient.
- Voyons, qu'allons-nous infliger à cette Rien du tout ?
- On pourrait tester...
- Oui….Pour une bâtarde…
- Vous avez dit quoi ?
La voix sonna clairement au milieu des ricanements et le cercle se brisa.
- Tiens, en parlant de traître…
Sirius se tenait droit, ses yeux gris devenus implacables, passant d'un garçon à l'autre. A deux pas derrière lui se tenait Remus, un peu intimidé, mais la baguette magique dans la main, sans trembler.
- Alors ? demanda calmement Sirius, vous lui voulez quoi ? Je vous ai posé une question !
- Tu viens sauver ta traîtresse de copine, hein ? Pas étonnant, Black.
- Retire tes paroles.
Sirius pointa sa baguette magique sur celui qui avait parlé. Instinctivement, Remus avait fait de même.
- Cinq contre une seule personne ? Bande de lâches, lança Sirius avec mépris.
- Tu peux parler, toi et tes copains, vous…
- Par Merlin, voilà Slughorn, les gars, c'est pas le moment de se faire prendre dès la rentrée des vacances.
Les Serpentard s'éparpillèrent à toute vitesse avant l'arrivée du directeur de leur Maison. Abby, Sirius et Remus rangèrent prestement leurs baguettes.
Quand le Maître des potions arriva en soufflant un peu trop fort, il leur adressa un large sourire :
- Et bien, jeunes gens, vous avez passé de bonnes fêtes ? Prêts à reprendre le collier, hein ?
Tous les trois acquiescèrent sans ajouter un mot.
- Et vous, Sirius, vos parents vont-ils bien ?
- Aucune idée, j'étais chez un ami, répondit celui-ci d'un ton détaché.
Abby le dévisagea. Ainsi, Remus avait dit vrai.
- Ah, oui, très bien mon garçon. Bon, je crois que je vais aller dans mon bureau, profiter de ce dernier jour de congé….Ces agapes, à Noël….
Machinalement, il passa la main sur sa robe de sorcier de plus en plus distendue par un ventre proéminent.
- Les bonnes choses, que voulez-vous, je ne sais pas y résister.
Et il s'éloigna d'un pas encore plus alourdi.
- En voilà un qui va faire une bonne sieste, se moqua Sirius.
- Et toi, Abby ? Tu vas bien ? Sûre ? s'inquiéta Remus.
- Je n'ai rien. Juste échappé à un maléfice, sûrement. Merci à vous deux.
- J'avais aussi des livres en retard….Enfin, je suis assez doué pour tomber sur les jeunes filles en détresse, fit Sirius malicieusement.
Abby leva les yeux au ciel.
- Ceci dit, Abby, ils n'avaient pas à t'insulter. D'ailleurs, ça me démange d'aller les trouver et de…
- Sirius ! On s'en fiche, ils n'en avaient pas après toi.
Mais une lueur de défi brillait encore dans son regard.
- Ils m'ont aussi dit certaines choses…Et on ne me traite pas comme ça ! C'est ma fierté qui....
- Bon, je vais y aller, dit Abby qui commençait à s'impatienter devant les airs arrogants de Sirius.
Celui-ci se reprit et lui dit plus doucement :
- Mais si ça te touche, Abby, heu…ça me touche aussi…
Elle le regarda stupéfaite. Encore des réflexions enflammées ou des imbécilités ! Elle avait vu trop souvent Sirius faire son numéro pour le prendre au sérieux, justement.
- Tiens, c'est nouveau !
- C'est… comment disais-tu, Lunard ?
- Empathie, souffla Remus un peu amusé.
- Empathie ? Abby resta un instant devant Sirius puis haussa les épaules : Oui, et bien à mon avis, ton empathie, tu la ressens surtout quand tu te regardes devant le miroir !
Et sur ces mots, elle tourna les talons, fatiguée de tous ces événements, énervée par ce qu'elle avait entendu et un peu fâchée d'avoir dit une telle bêtise, ne serait-ce qu'à Sirius. Elle se trouvait bien ingrate. Et affreusement maladroite.
Sirius repartit avec Remus.
- Et là, qu'est-ce qu'elle a voulu dire ?
- Sans vouloir te vexer, je dirais qu'elle pense que tu es un brin centré sur ta petite personne, un peu égocentrique, si tu préfères.
Le jeune homme brun tira sur l'une de ses mèches sombres :
- Elle me voit comme ça ? Mais j'ai fait un pas vers elle.
Remus sourit légèrement :
- Alors sois plus toi-même. Et n'en rajoute pas. Abby en saura toujours plus sur l'empathie que toi. Elle est plus altruiste de nature.
- Tu sais ça, toi ?
- J'observe, j'écoute.
- Rien à voir avec un sort quelconque ?
A l'entendre, Remus éclata de rire :
- Patmol ! Tout ne se règle pas avec la magie ! Ecoute ce que dit Dumbledore sur les relations humaines.
Sirius maugréa :
- Elle va encore me faire la tête.
- Abby ? Mais non…Je suis sûr qu'elle n'a rien contre toi. N'en fais pas trop, c'est tout.
Un silence plana sur les deux adolescents.
- Lunard ?
- Ouais ?
- Mine de rien, t'es le chef de la meute !
Abby se sentit mal à l'aise toute la journée. Les interrogations qui entrechoquaient en elle se mêlaient à présent à cette insulte : « bâtarde ». Elle avait beau se dire que ces imbéciles avaient inventé n'importe quoi pour chercher les ennuis, elle restait touchée par la violence de l'invective. Tous ces jeunes gens qui se donnaient le nom de Mange-Morts à présent….Cette atmosphère devenait de plus en plus pesante.
Et sa tante ? Elle devait savoir. Elle devait connaître l'histoire de ses parents. Et elle ne lui avait jamais raconté. Ni parlé de rien.
La rancœur et la tristesse d'Abby s'accrurent, comme une sorte de poison lent à monter dans ses veines. Cette tension qui couvait, ce vide insatisfaisant, tous ces éléments déstabilisants bouillonnaient comme une potion ratée dans un chaudron trop longtemps resté sur le feu.
Après le repas du soir pendant lequel elle esquiva toute tentative de conversation, elle monta droit à la salle commune de Gryffondor, s'occupant à de menus rangements, révisant faussement des leçons déjà vues, avant de se mettre en pyjama. Les filles de son dortoir paraissaient toute de bonne humeur. Quelle petite mine chiffonnée elle devait arborer ce soir, pensa-t'elle.
Pourtant, quand ses camarades allèrent au lit les unes après les autres, elle décida de retourner dans la salle commune. Quelque chose la motivait et l'attirait : la grande cheminée où flambait un splendide feu rougeoyant. Une fois de plus enveloppée dans sa robe de chambre pourpre, elle jeta un coup d'œil discret avant de s'aventurer près de l'âtre.
Le grand canapé était tiré juste devant, comme souvent.
Tout son être tendait à cela : s'étendre près de cette source de chaleur, se blottir aux pieds du divan, rêver devant les flammes, laisser son esprit s'évader.
Abby commença de savourer l'instant. Très vite, elle s'aperçut qu'elle étouffait sous l'effet de la chaleur. Elle dénoua sa robe de chambre et dégagea ses bras des manches pour la laisser tomber autour d'elle.
Elle posa sa tête sur le coussin du canapé, ferma les paupières. Tout était presque calme…
Mais les sensations de mal-être persistaient...Si seulement….
- Abby ?
La jeune fille sursauta légèrement. Remus s'accroupit auprès d'elle :
- Tu ne dors pas ? Je peux te…tenir compagnie un moment ?
- Oui…
Tandis qu'il s'asseyait auprès d'elle, elle se surprit à le dévisager plus longuement qu'à l'accoutumée. Remus aurait dix-sept ans en mars prochain. De taille moyenne, il avait gardé les traits encore doux de son enfance si on faisait abstraction des cicatrices dues à ses transformations douloureuses qui le marquaient déjà. Ses cheveux châtain clairs retombaient, bien coupés, en ondulant légèrement. Sous la balafre de son sourcil gauche qu'il garderait sans doute à vie, ses yeux d'ambre contenaient une expression vive et parfois inquiète.
« Des yeux de loup » s'était souvent dit Abby.
- Tu es bien sûre que ça va, toi ?
Poussant un gros soupir malgré elle, Abby fit signe que ce n'était pas vraiment le cas.
- C'est à cause de ce qui s'est passé, n'est ce pas ?
Tu ne dois pas prendre leurs méchancetés au sérieux. Ils aiment provoquer, dire et faire du mal. A quiconque n'est pas…
- Digne d'eux, c'est ça ? Je sais. Mais, je me pose trop de questions en ce moment. Sur mes parents justement, alors, c'est très mal tombé.
Remus haussa les sourcils :
- Quelqu'un t'a parlé de tes parents ?
Abby s'étira en souplesse. Elle entendait diverses voix derrière elle ; des élèves qui regagnaient le dortoir.
- Oui. Dumbledore, en partie.
- Ah, vous êtes là, vous deux !
Sirius fit irruption, les mains invariablement dans les poches.
Aussitôt, Abby se rembrunit. Elle ne savait pas trop quoi lui dire et eut une brusque envie de partir. Mais Sirius ne lui en laissa pas le temps. Il s'assit à sa droite, étendant nonchalamment ses longues jambes, goûtant lui aussi la chaleur du feu.
Remus continua la conversation :
- Dumbledore t'a expliqué quelque chose au sujet de...quoi, si tu permets ?
- Oh, il m'a juste parlé de ma mère, quand elle était élève ici. Et il m'a dit un truc très troublant au sujet de ma tante. On aurait dit que ma mère et elle étaient proches. C'était comme s'il parlait d'une autre personne. Ou alors ma tante a changé à ce point ?
Ce fut Sirius qui lui répondit :
-Tu sais, il y a des gens qui ne se montrent pas sous leur véritable jour. C'est peut-être le cas de tante. On l'a certainement forcée et modelée dans un certain cadre d'éducation. Famille sang-pur, Abby, n'oublie pas. Et elle s'y est conformée.
Il parlait avec une sorte de détachement mais Remus et Abby sentait que le sujet lui tenait à cœur.
Abby ne put s'empêcher de l'interpeller :
- Mais pourquoi ? Ma mère, elle, n'a pas fait ça ! Elle est partie ! Elle a suivi sa voie. Et ma tante est l'aînée, elle aurait pu faire de même, choisir la vie qu'elle voulait !
Dans la lumière vacillante, les yeux gris de Sirius brillèrent un instant :
- Et s'envoler sur une moto volante ?
- Ne me dis pas que tu l'as fait réellement ? manqua de s'étouffer Abby.
- Si, parfaitement. Je l'ai ensorcelée…Mais, bon, le plus dur, c'était de m'esquiver hors de la prison familiale. Finalement, j'ai pris mes affaires et hop !envolé. Libre.
L'intonation qu'il mit dans ce seul mot traduisait toute la frustration contenue ces dernières années, ce poids qui, soudain, s'était évanoui parmi les nuages lors de son vol.
- Tu vois que c'est possible.
- Ouais, tu savais où aller. Chez James, c'est ça ?
- Exact. Et tes parents, sais-tu où ils sont allés ? Hors du monde sorcier, non ?s'enquit Sirius.
Abby secoua la tête, ses boucles ravivées dans leur reflet doré par les flammes proches.
- Sans doute. Je n'en sais rien. Et à présent, je ne sais pas s'ils se sont mariés un jour.
Remus lui posa une main apaisante sur l'épaule :
- Allons, tu dois bien te douter que oui…
Se penchant sur eux, Sirius intervint :
- Et alors, ça change quoi ? Tu sais qui sont tes parents, non ?
- Sirius, voyons, objecta Remus, légèrement choqué.
- Oh, ne sois pas si formaliste. Mariage ou pas, tes parents étaient ensemble, ils t'ont élevée, Abby, un point c'est tout. Le reste…
Il esquissa un geste évasif de la main.
Abby finit par sourire en coin.
- Quel fichu rebelle, murmura Remus.
- En fait…il a raison. Je me tords la cervelle pour rien, là.
- Ah, ça ! conclut Sirius. Enfin une parole de bon sens. Et le reste, ce qui t'empêche de dormir ?
- Je ne te savais pas si perspicace.
- Ah, ouais. Un peu trop…heu…égocentrique, c'est ça ?
Se sentant rougir, Abby baissa la tête.
- T'as pas tort, remarque, fit Sirius à mi-voix.
- Je ne voulais pas…
- Laisse, c'est rien. Alors ?
- C'est cette impression bizarre. Dumbledore qui revient dans la nuit pour des affaires urgentes. Un sentiment de malaise. Vous n'avez rien ressenti pendant les vacances ?
Les deux jeunes gens se regardèrent, perplexes, puis enfin, Remus dit :
- Pendant ma dernière…transformation, j'ai été pris d'un malaise inconnu, le sentiment que je me vidais de mon énergie, non, de mon envie de vivre, de la gaieté…C'est dur à expliquer.
Sirius, le visage fermé, le regarda longuement :
- T'en avais pas parlé ! J'ai vaguement senti …ce truc, en volant un peu trop haut, quand je suis allé chez les parents de James, très froid, très pénible, je suis aussitôt redescendu…C'est passé, j'étais trop content d'être parti..
- Un sentiment heureux pour combattre cet effet, dit Abby machinalement à mi-voix, les yeux dans le vide.
Ils tressautèrent :
- Tu penses…aux Détraqueurs, Abby ?
Elle hocha la tête.
- Vous avez eu des nouvelles ? Qu'est-ce qui se passe, dehors ?
- Les parents de James m'ont appris certaines choses, oui. Au sujet des Mange-Morts et de…Vous-Savez-Qui. Il semble que ça devienne plus sérieux qu'on pense.
- Alors….Abby, tu voudrais dire, que les Détraqueurs pourraient être de Son côté ?
La jeune fille acquiesça, frissonnante, cherchant la chaleur près de Remus. Il l'entoura de ses bras tandis que Sirius demeura plongé dans un silence empli de réflexions.
Fin épisode 16

Commentaires
elvi44 le 04/09/2008 à 17:26:46J'ai tout lu, lentement ... il y a bcp de petites choses à décrypter (et quelques références amusantes... tu sais quoi !)
Mariés ou pas, est-ce important ? pour Abby peut-être et Remus qui semble assez conformiste - Sirius, toujours libre penseur... deux amis très chers, différents...
la suite risque d'être de devenir plus tragique avec la montée en puissance de Vous-savez-Qui ...
Superbe travail en tous les cas ... chapeau !!
Leya le 04/09/2008 à 19:47:34
Je ne sais pas si c'est Si important pour Abby...c'est surtout l'insulte qui lui a fait mal...le doute de ses origines, sûrement.
Remus, on le verra.....bon, on verra, quoi.
Et la suite...est écrite, juste le temps de souffler, merci!!!!
Vyzalie-FëryKat le 05/09/2008 à 08:09:45
Les gens qui blessent et à qui on donne tout le pouvoir de nous faire du mal. Mais le doute, les réponses manquantes, chère petite Abby. Et puis, elle a deux "amis" maintenant.
Et pour la suite, prend ton temps, on peut attendre (on a pas eu le choix pour la suite ;)
bisous xxxxxxxx
Leya le 05/09/2008 à 11:17:40
Merci. Oui, toi, tu dis "prends ton temps" mais j'en connais - suivez mon regard....- sourire - qui demande "et à quand la suite?" ....
Dès que j'aurais moins la crève et que mon épaule me fera moins mal - j'ai un bureau très mal fichu pour taper, je sais. ;-)))
Bisous magiques
Leya le 05/09/2008 à 11:21:20
Oh, références?
un...korrigan quelque chose, non?
Il y en a une autre aussi, pour qui a lu Robin Hobb, "L'assassin royal" et cie , car son héros est surnommé le Bâtard(Fitz Chevalerie). Et voilà comment cela s'est greffé tout naturellement à la logique de l'histoire d'Abby....