L'ombre du passé - Chap. 17 - Révélations 1/2
A toi, à toi et à toi , vous 3, qui lisez et me laissez des commentaires, de loin, même de très loin. (oui, vous savez qui vous êtes, même si l'un de vous 3 dira qu'il est déjà 3; nous nous comprenons).
Je ne suis jamais loin.....
Leya
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Septième année - rentrée
- Dernière année pour nous !, claironna un jeune homme mince en repoussant ses lunettes sur son nez.
- Une année sans retenues, pour conclure en beauté, j'imagine, Mr. Potter ? l'interrompit d'une voix ferme teintée d'amusement Minerva Mc Gonagall, droite comme un piquet, son chapeau de sorcière coiffé de sa célèbre plume de faisan.
Dardant ses yeux perçants sur les élèves qui le suivaient, elle pinça les lèvres :
- Pour vous aussi, Mr.Black ?
Sirius lui adressa un salut courtois accompagné de son sourire le plus charmeur. Le professeur Mc Gonagall leva imperceptiblement les yeux au ciel. Elle ne pouvait réfréner une affection particulière pour ce groupe d'étudiants qui la quitterait en fin d'année. Sirius et James, comme deux frères, Remus, et même parfois ce petit lourdaud de Peter qu'elle malmenait souvent à cause de son incurable lenteur. Sans parler de la jeune Abigail qu'elle voyait avancer discrètement.
Par Merlin, pensa Mc Gonagall, cette jeune fille avait-elle pris des vacances ? Elle avait une mine épouvantable ! Plus chiffonnée qu'un parchemin oublié sur une étagère !
Abby leva les yeux et un éclair doré passa fugitivement dans son regard.
- Miss Dittany, heureuse de vous retrouver à Poudlard pour une année encore ?
- Plus que jamais, professeur.
- Très bien, enchaîna Mc Gonagall, nous fixerons votre emploi du temps demain matin. C'est une année décisive, comme vous le savez. Mais pour aujourd'hui, défaites vos affaires et…je vous suggère de prendre l'air…Cela vous serait tout à fait bénéfique.
Et lissant sa robe de sorcière du plat de la main, elle s'éloigna de quelques pas, l'air imperturbable.
Plus tard dans la journée, Abby alla flâner dans le parc de l'école. Les élèves se rassemblaient par petits groupes, profitant de cette douce journée de septembre.
Abby retrouva le chemin de la clairière…
Les tentacules de soleil, sensibles comme des vibrisses de chat, se tendaient au travers des feuilles jaunissantes puis à l'apoptose de celles-ci, chatoyaient entre les branches nues, puis brillaient de nouveau parmi les pousses écloses. Saison après saison, l'année avançant en âge, les pas d'Abigail la menaient machinalement vers le seul lieu de calme qu'elle connaissait. Son refuge de douceur et l'abri de ses souvenirs, déjà.
C'est ici qu'elle avait consolé Severus, ici aussi qu'elle avait trouvé l'amitié d'un grand chien noir et avant cela qu'elle avait longuement parlé avec Remus.
Aujourd'hui, assise dans l'herbe trop fraîche du printemps, elle restait immobile, le menton dans la main, soucieuse, une lettre posée à ses côtés. La missive était arrivée ce matin par hibou et était écrite de la main autoritaire de sa grand-mère.
Celle-ci souhaitait impérativement sa présence auprès d'elle lors des prochaines vacances de printemps.
Abby n'était pas réellement étonnée : elle avait déjà dû supporter des visites dans cette partie de sa famille qu'elle ne connaissait pas, durant les vacances de Noël. Elle s'était sentie très mal à l'aise. Etonnamment, seule la présence de sa tante Nemesia, impassible , l'avait soutenue, comme un pilier à ses côtés.
La pire épreuve avait été une invitation à prendre le thé chez Mrs.Black.
Abby s'en souvenait encore nettement.
Se rendre dans l'ancienne maison de Sirius lui avait paru particulièrement éprouvant, d'autant plus que la demeure était aussi étonnante que sinistre.
Sa grand-mère et Mrs.Black avaient toujours été ce qu'on appelle de « grandes amies » ; elles se complimentaient mutuellement, gloussaient de façon ridicule autour des tasses de thé tandis qu'un atroce petit elfe de maison tournait autour d'elles, un air de pure dévotion dans ses yeux grands comme des bols à soupe. Abby n'aurait jamais pu imaginer cela. Elle comprenait ce qui était passé par la tête de Sirius.
Elle-même avait du mal à garder son calme. Elle finit par demander poliment où était la salle de bains.
Malgré les explications détaillées, elle réussit à la trouver mais quand il s'agit de retrouver le chemin du salon, elle commença à emprunter l'escalier et comprit qu'elle s'égarait de plus en plus. Légèrement affolée, elle s'aperçut que dans un petit accès de panique, elle avait grimpé tout en haut, et qu'elle se trouvait devant deux portes. Avant de redescendre, elle jeta un coup d'œil et fut attirée malgré elle par une simple plaque où était écrit : Sirius.
La curiosité lui mordit le cœur. Elle s'approcha en silence et murmura : « Alohomora ! »
La porte s'ouvrit et Abby se coulissa avec fluidité.
C'était une chambre magnifique, qui n'avait rien à voir avec celle que la jeune fille occupait chez sa tante aux proportions plus modestes. Rien que le lit lui semblait immense.
Abby avait toujours du mal à se souvenir que Sirius venait d'une famille aisée. Il semblait toujours se contenter de peu de choses. Elle sourit en regardant les décorations sur les murs.
« C'est bien du Sirius, ça ! Des filles et des motos ! Ça a dû faire plaisir à ses parents, j'imagine ! ».
Elle effleura du bout des doigts la courtepointe. La présence de Sirius était à peine perceptible. Son empreinte magique avait déserté cette pièce. Il était loin.
Elle fit demi-tour rapidement, se sentant fautive ; en sortant, elle referma à temps la porte pour voir l'autre chambre s'ouvrir.
Ses nerfs se crispèrent.
Une voix au timbre familier, légèrement hautain, l'interpella :
- Peux-tu me dire ce que tu viens faire ici, fureter, faire ta…sournoise, peut-être ?
- Ma…sournoise ? Abby buta sur le mot, indignée. Je me suis perdue. Ta mère nous a invitées, ma grand-mère et moi.
Un éclair de compréhension passa sur le visage de Regulus :
- Ah oui.
Il n'ajouta rien. Il paraissait plus timide que Sirius, beaucoup moins sûr de lui.
- Heu…Ta maison est impressionnante. C'est ma faute, me perdre…
Une sorte de sourire apparut soudainement sur le visage tendu du garçon :
- C'est vrai, c'est une ancienne demeure. J'avais cru un instant…puisque tu es dans la classe de mon frère…Les mots se perdirent dans sa gorge. Elle vit son visage s'empourprer un peu avant qu'il ne se détourne vers l'obscurité du palier.
- Je comprends ta méprise.
Abby n'osa pas se justifier en proférant un mensonge, ne sachant pas si elle ne se trahirait pas.
- Abigail, la petite-fille d'Arnanda Korax, n'est-ce pas ?
- Heu…oui.
Comme tous les introvertis, il se lança brusquement :
- Est-ce que tu sais ce qu'elles complotent, en bas ?
Désarçonnée, Abby ne put que bredouiller un « non »stupéfait.
Regulus lui tendit la main :
- Viens, je vais te raconter.
Et il la fit entrer dans sa chambre.
D'un regard rapide, Abby se rendit compte pleinement des opinions du jeune homme.
Mais ce qu'elle vit au mur la figea de surprise et d'incompréhension : des articles de journaux tous consacrés à Celui-Dont-Il- Ne- Faut –Pas-Prononcer-Le-Nom. Ainsi, lui aussi était attiré par ce groupe qui pratiquait la magie noire mais semait aussi la terreur dans le monde des sorciers et à présent chez les Moldus. Lui, qui semblait si réservé, lui, le propre frère de Sirius !
Elle soupira intérieurement. Mais tant qu'elle était là, mieux valait écouter ce qu'il avait à lui dire. Elle se tourna vers lui, notant encore sa ressemblance avec Sirius mais aussi ses différences : sa finesse de corps, sa taille plus petite (elle devait toujours se tordre le cou pour regarder Sirius dans les yeux), son visage plus fermé, moins avenant, peut-être plus tourmenté. Ses cheveux sombres étaient mieux coupés mais il les chassait du même geste négligent que son frère.
- Ecoute, je ne sais pas comment te dire ça, je ne suis pas très bavard, commença-t'il.
- Moi non plus, tu sais.
Il osa enfin la regarder et réprima un sourire.
- Bon, voilà : je suis sûr que nos deux familles projettent une …alliance…
Et il se tut, embarrassé.
Abby plissa le front :
- Peux-tu préciser en quoi ça me concerne ? Et toi ?
Regulus marchait en cercle, plus gêné que jamais :
- Et bien ? toi et moi…plus tard…
Soudain, Abby comprit et s'exclama :
- Quoi ? Ils veulent qu'on se marie ? Toi et moi ?
La nouvelle lui coupa les jambes littéralement et elle s'assit sur le lit, révoltée :
- Mais ça va pas ! De plus, je suis majeure légalement dans le monde sorcier, j'ai eu dix-sept ans. Et personne ne décidera à ma place. Ni ne fera pression sur moi. C'est quoi, ces méthodes !
Presque aussi choqué qu'elle ou soulagé qu'elle prenne ainsi la nouvelle, Regulus s'assit à ses côtés.
- Je sais, et nous sommes trop jeunes. De toute façon, je n'envisage pas de me marier, j'ai d'autres projets. Ensuite…Bon, je veux dire, je ne veux pas insinuer que tu es une fille mal élevée ou dévergondée.
Il avait dit ça en baissant la tête, très maladroit.
- Ah, heu, merci. Le fait de me prévenir, c'était très bien de ta part. Même si nous ne partageons pas les mêmes... buts, je pense.
Son regard se ficha droit sur les articles dédiés à Vous-Savez-Qui.
Regulus eut une moue méprisante :
- Tu es bien une Gryffondor, toi ! Tu as trop écouté Potter et les autres !
- Non. En fait, tu me rappelles un autre ami.
- Qui ? ne put s'empêche de demander Regulus, intrigué.
- Quelqu'un avec qui je parlais. Severus.
Elle vit ses yeux gris s'agrandirent.
- Rogue ?
- Qui d'autre ? Il partage tes opinions, je crois.
Regulus opina :
- Mais je ne savais pas que vous vous connaissiez.
- Severus est quelqu'un d'intelligent, même si certains se moquent de lui. Nous avions des sujets de conversation en commun.
- La magie noire ? fit Regulus interloqué.
Abby se mit à rire :
- Oh, non ! Plutôt…les potions, je dirais.
- Tu m'impressionnes. Je ne te savais pas si…brillante.
Il tourna la tête. Abby sentait qu'il regrettait d'avoir dit ces derniers mots.
Avec un petit sourire en coin, elle répondit malgré elle :
- C'est bizarre, c'est souvent l'impression que je donne. Bon, je crois que je ferais mieux de redescendre avant de paraître impolie.
Elle se leva :
- Merci, Regulus. Si tu voulais bien m'indiquer le chemin…
Regulus l'imita mais avant d'ouvrir la porte, il la retint par la manche et lui demanda à mi-voix comme s'il craignait qu'on l'entendit :
- Abby...
- Oui ?
- Entre nous, comment va mon frère ?
- Sirius…Sirius va bien. Il a un toit. A présent, il habite chez l'un de vos oncles, ne me demande pas lequel, je n'ai pas tout compris. Et…heu, il a l'air plus posé, si on peut dire ça de Sirius. Oui, il va bien.
Quelque chose d'infime se détendit derrière le front obscurci de Regulus lorsqu'il chuchota :
- Merci. Ne lui dis pas. Ne dis rien.
- Non. Rien.
En arrivant à pas légers à proximité du salon ancestral de la famille Black, Abby eut le temps d'intercepter des bribes de dialogues entre Walburga Black et Arnanda Korax :
- Et les idées qu'ils mettent dans la tête de nos enfants, c'est une honte, ma chère !
- C'est ce Dumbledore…Une mauvaise influence. Je ne vois pas ce qu'Abigail apprendra de plus dans cette école.
- Oh, mes nièces Bellatrix et Narcissa y sont allées et ont fait de splendides mariages, à la hauteur de leurs rangs, vous savez !
- Je le sais, mais les temps changent. Enfin, Abigail est tout à fait digne de votre fils, chère amie. Bien qu'il soit un peu jeune. Si seulement votre aîné…
- Je n'ai qu'un seul fils, Arnanda, conclut Walburga Black d'un ton sec et définitif.
Le cœur d'Abby se rebella convulsivement.
illus deviant art - l'une des meilleures pour moi quand elle dessine Severus.

Commentaires
fërikat le 15/09/2008 à 20:52:10Un mariage arrangé... et bien! Pas drôle la vie de sorcier :P
Je n'ose dire: J'en veux encore!!! ;)
Leya - ah ah le 16/09/2008 à 09:37:40
A mon avis, les mariages dans les familles de type Malfoy et Black n'étaient sûrement pas des unions d'amour, tu sais... C'est une hypothèse, mais je le sens assez bien comme ça, sinon, quelle idée d'aller tous se marier entre cousins?? - gloups!
Heu..tu me laisses un peu de temps, je suis ...assez débordée, perturbée, etc, etc...donc, pour taper la suite...- sinon, je scanne les feuilles de brouillon, lol!! - mais c'est clair que tu ne vas rien pouvoir lire!
Bises qui ont besoin d'énergie
EmelPuck... le 16/09/2008 à 15:06:27
Coucou,
finalement je ne me suis pas noyé !!
ça fait penser aux "anciens temps" lorsque la noblesse (entre autre) se mariait plus par intêret que par amour.
et puis ça rejoint l'eugénisme pratiqué par les familles de Sang-pur du monde sorcier...
Bises énergétisées
Leya-tiens, un revenant? le 16/09/2008 à 16:05:55
Oh, c'est sûr que ce n'est pas ton fantôme qui met des commentaires de l'Eau-delà (quel humour qd je n'ai pas envie de rire...)?
Oui...de l'énergie, il en fallait mais...ça a tout juste suffi...et la journée n'est pas finie.:-(
Leyabises
elvi44 le 16/09/2008 à 18:30:23
Tiens un elfe qui est passé avant moi ...
Les familles en revenaient toujours aux mêmes choses : arranger un mariage avantageux ... à leurs yeux et qu'importent les sentiments des jeunes-gens - bon, je sais que tu n'as pas encore arrangé une union avec Louise pour les deux petits !! ahaha..;
Excellentes découvertes dans ce chapitre !! Bizzz - Elvi
FëryKat le 16/09/2008 à 19:53:03
Tu sais, moi non plus, ça va pas fort. Je commence à peine à me sentir un peu mieux et encore. Moi aussi j'aimerais bien écrire, mais je suis pas trop dans l'écriture... :(
Merci d'avoir mis cette partie.
bisous xxxxxxxx (peut-être pas avec de l'énergie puisque moins même j'en ai besoin, mais avec de l'amour... ça peut toujours aider ;)
Leya- pas- au-top le 17/09/2008 à 09:42:37
Merci ma belle. Quand je disais ailleurs (tu sais où ..) que cela tenait juste dans le mot AIMER ;-)
mais là, c'est double merci, j'ai l'impression de nager ds le brouillard et que tout le monde s'en contrefiche ou à peu près tout le monde. Désagréable et pénible impression. Et je sais pas pquoi les pèmes arrivent toujours avant ou autour de mon anniversaire; ça doit être pour ça que je déteste cette date. - d'ailleurs, pquoi j'écris ici, alors que je peux t'écrire? - je suis décalée ce matin...
La suite...bientôt, promis, elle est écrite depuis longtemps, il y a même le dessin qui va avec.
Bises pour toi.
LEYA
Leya le 17/09/2008 à 09:50:38
Et on ne peut pas parler véritablement "d'eugénisme " au sujet des familles de Sang -pur, le terme visant à soi-disant améliorer des caractéristiques chez les êtres humains par l'hérédité - comme les Comyn chez Ténébreuse - or, avec la consanguinité, on sait ce qui se passe...(chez les Comyn, même topo)
Et lorsqu'on voit l'instabilité chez les Black...s'il n'y pas de problèmes physiques, c'est mentalement que tout s'est dégradé. Donc, eugénisme, non. De la vanité humaine, la volonté de rester "entre gens de même sang"..Du snobisme, oui.
Est-ce Sirius qui dit à un moment que sa famille se considérait comme une sorte d'aristocratie - je me souviens qu'il dit qque chose de ce style à Harry ?
On voit ce que ça donne....
Leya
elvi44 le 21/09/2008 à 21:41:11
On a vu dans les familles princières où ils se sont tous mariés entre cousins (voire germains) ce que ça peut donner dans la progéniture ... Les familles se retrouvaient toujours à épouser quelqu'un du même sang, n'étant pas si nombreux finalement - un apport de sang... euh "roturier" c'est le terme, ne faisait pas de mal... même si ça choquait les vieille rombières type la mère Black !! (infâme sang de bourbe, honte de la famille etc...) ahah - je l'entends d'ici !!
Elvi
Leya le 21/09/2008 à 22:00:38
Ah ah!!! C'est le portrait de "la mère Black", comme tu dis, qui hurle ça!
"Honte de ma chair, etc...", oui. Et il faut vite fermer le rideau - en la traitant si possible de "vieille harpie" ( L'ordre du phénix)