NapalYsaLeya

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L'ombre du passé - Chap 8 - La mauvaise conduite de Sirius

Pas de potion de télépathie. Il semblerait que Severus ait perdu le moyen d'en refaire.
Mais les vacances de Noël sont terminées depuis longtemps.
Cet épisode se situe vers la fin de leur quatrième année.

Dorcas Meadows est un personnage de J.K Rowling.
 On sait d'elle qu'elle était à Poudlard en même temps que les Maraudeurs mais peut-être pas de la même année qu'eux. (Je pense que Rowling y fait allusion dans "L'ordre du Phénix", mais je peux me tromper de volume ! )

******************************************************************************

La porte s'ouvrit.

 

-         Monsieur Black, entrez et asseyez-vous, je vous prie.

D'un mouvement net de sa manche ample, Albus Dumbledore désigna le siège installé face à son bureau personnel. Il s'effaça pour laisser entrer l'adolescent, remarquant au passage sa tenue négligée. Avec un sourire imperceptible, le directeur nota que son élève gardait la tête haute, ne baissant les yeux à aucun moment, le visage impassible lorsqu'il s'installa sur la chaise avec une sorte de grâce naturelle.

 

Dumbledore contourna son bureau et s'assit lui-même dans son lourd fauteuil. Il jeta un coup d'œil aux portraits des anciens directeurs et directrices de l'école qui lui rendaient son regard, depuis le mur. Tous les tableaux s'agitaient, intéressés et curieux. La figure d'un homme à la face austère et fine, entourée d'une barbiche brune, maugréa :

-         Par Merlin, c'est bien mon arrière-arrière-petit-fils ! Qu'a donc fait ce jeune écervelé pour être convoqué ainsi ? Sûrement l'une de ses facéties qui fera tourner les sangs de sa pauvre mère….

-         Un peu de calme, Phineas. L'affaire qui m'occupe ne concerne que Sirius et moi-même. Je vous prie de garder le silence….si vous en êtes capable.

La voix de Dumbledore n'avait pas tonné violemment mais elle contenait en filigrane un seul commandement : « Taisez-vous ! ».

 

« La classe, ne put s'empêcher d'admirer Sirius intérieurement. Il s'est fait obéir de ce vieux grigou comme s'il avait claqué des doigts. »

Mais il  se concentra immédiatement sur la situation actuelle. Elle n'était pas plaisante. Cette convocation dans le bureau de Dumbledore ne signifiait rien de bon. Malgré lui, Sirius savait qu'il était allé trop loin. Mais il ignorait tout de la sanction.

 

Le directeur le détaillait, de ses yeux bleus vifs. Il l'examinait des pieds à la tête, comme s'il l'eût percé au plus profond de son être. Son regard le fixait par-dessus ses lunettes en demi-lunes, le sondant impitoyablement.

Finalement, il prit la parole :

-         Bien. Commençons. Ce que j'ai à vous dire n'est pas un exercice agréable, croyez-moi, Mr.Black. Mais il m'a été rapporté de source sûre que vos derniers écarts de conduite ont largement dépassé toute mesure.

Dans la pièce, les intonations de Dumbledore tranchaient comme le fil d'un acier effilé. L'air semblait se nimber d'un bleu glacial autour des épaules de l'adolescent qui ne put réprimer un frisson intérieur. Mais il se força à ne pas abaisser les paupières et se tint coi.

Machinalement, Dumbledore allongea le bras pour caresser la tête du phénix perché près de lui.

 

-         Le professeur Slughorn, votre Maître des Potions, m'a raconté  par le menu votre comportement durant ce cours ….désastreux. Son récit a été étayé par les témoignages que j'ai exigés de Miss Evans et de Miss Dittany. Et je n'aurais qu'un mot : c'est INADMISSIBLE !

Saisi, Sirius ne put s'empêcher d'interrompre le directeur :

-         Mais, professeur, ce n'était pas si grave, elles ont exagéré, je n'ai pas…

-         Vous ai-je demandé de prendre la parole, jeune homme?, fit lentement Dumbledore en élevant une main.

 

Sirius lutta contre l'envie de s'expliquer. Mais le directeur lui intimait le silence. Et il ne pouvait lutter contre cette autorité. Pour la première fois depuis longtemps, il sentit qu'il devait se taire même si toute cette histoire paraissait ridicule. Il croisa les bras, se carra dans son siège et scruta Dumbledore sous ses cils noirs.

Celui-ci eut un léger plissement des lèvres :

  -Je vous ai vexé, n'est-ce pas ? Vous détestez qu'on vous impose de vous taire. Vous haïssez les règles que vous vous empressez d'enfreindre. Oh, je vous ai observé, Sirius. Mais vous êtes ici dans une école, l'école qui vous accueille et qui vous éduque. Il y a donc un règlement, et c'est à vous de vous y conformer. Hum….Du mieux que vous pouvez….J'admets que certaines petites farces sans gravité ne me choquent pas, même si je ne vais pas vous y pousser. Mais il y a des limites à ne pas dépasser. Nous devons tous nous en tenir à certaines limites, Sirius. – Dumbledore eut un léger soupir – Habituellement, l'éducation des parents y pourvoit mais parfois….Nous sommes vos professeurs. Respectez les règles. Imposez-vous une certaine discipline, oh, je vois que vous n'appréciez pas le mot. Et vous vous fichez de ce que je vous raconte comme de votre premier vol en balai.

 

Sirius esquissa un geste de dénégation. Dumbledore parcourut la pièce du regard.

 

-         Mais il y a des faits que je ne peux tolérer. Continuez sur cette voie et vous serez aussi incontrôlable que certains éléments qui mélangent l'art de la magie et les puissances obscures.

 

Blême, l'adolescent faillit bondir de sa chaise :

-         Ah, non, ça jamais !

-         Tiens, vous avez retrouvé la parole, dirait-on ? Comprenez-vous pourquoi il nous faut nous discipliner ?

-         Je…ne vois pas le rapport entre la magie noire et ma…petite plaisanterie, monsieur.

-         Ah, une petite farce ? Alors que votre camarade aurait pu s'ébouillanter avec le contenu de son chaudron et a failli brûler ses cheveux ?

-         S'il vous plaît, professeur, laissez-moi vous expliquer, insista Sirius.

 

Dumbledore le considéra un moment. Il n'y avait plus trace d'arrogance chez le jeune homme.

-         Je vais vous entendre, mais auparavant…

Le directeur se leva et prestement, se dirigea vers le portrait de Phineas Nigellus Black qu'il retourna contre le mur.

-         Pas d'espionnite intempestive. Il aura assez à raconter à vos parents, dit-il, presque malicieusement.

 

Sirius écarta ses mèches sombres et récapitula cette catastrophique leçon.

James et lui étaient assis côte à côte. Il se revoyait en train de prendre leurs ingrédients, écoutant à demi leur professeur. Remus, au bout de la rangée, leur répétait les indications, car dans leur chahut, ils s'emmêlaient, en pouffant de rire.

C'était l'un des rares cours qu'ils partageaient avec certains élèves d'autres Maisons. Il y avait même des Serpentard.

Mais, en l'occurrence, ce qui avait provoqué cette déconcentration était la fascination de James pour Lily Evans installée juste devant eux. Sérieuse, elle excellait dans cette matière et le professeur Slughorn l'appréciait beaucoup.

Sirius avait montré à James la présence de Lily, un rang devant le leur. Depuis lors, les deux adolescents ne cessaient de chuchoter.

-         J'ai remarqué une chose, elle n'attache ses cheveux qu'en cours de Potions…

Les yeux noisette de James étaient songeurs.

-         Ouaip. Logique, tu ferais de même si tu avais autre chose que des cheveux ébouriffés sur la tête. Avoue que tu aurais le cœur brisé si elle allait malencontreusement enflammer cette …flamboyante chevelure, lança-t'il, heureux de sa phrase.

-         C'est malin. N'empêche…elle est plus jolie…les cheveux sur le dos. J'aimerais bien  ôter ce qui lui attache…

-         Et tu prendrais une belle claque, mon vieux !

-         Vraiment ?  Du genre de celle que la petite Abigail t'a envoyé ?

Sirius s'ébroua, comme si ce souvenir lui cuisait encore.

-         Oh, ça….un malentendu.

Toujours touillant la mixture dans son chaudron, James évaluait la possibilité de réaliser son projet :

-         C'est sûr. N'empêche que….l'idée me tente…Une claque de Lily vaut mieux encore que, et bien, rien du tout, non ?

Sirius hasarda :

-         Je te vois hésiter. Je suis sûr que tu crains sa réaction…

-         Nan. Tiens, passe-moi les queues de salamandres séchées, j'ai écrabouillé les miennes.

-         Elle va être sympa, ta potion !

-         De toute façon, on sait QUI sont les meilleurs dans cette matière.

Ils stoppèrent leurs gestes et se regardèrent, complices :

-         Evans et Snivellus !

Et ils faillirent étouffer de rire.

Jetant au hasard les queues de salamandres, James reprit comme pour lui-même :

-         Cela me tente vraiment. Parce que c'est attirant. Une masse de cheveux roux foncés, devant moi, qui ondule….

-         Tu deviens poète, maintenant ? l'interrompit Sirius, moqueur.

-         Ca te pose un problème ?

-         Aucun. Disons….que je ne suis pas très sensible à tout ça, voilà.

-         Au moins, tu n'iras pas regarder les belles rousses. Mais rien ne te touche, alors ? Aucune beauté ? Ne me dis pas qu'il n'y a que des mochetés dans cette salle. Tu es insensible, mon vieux....C'est triste.

 

Plissant le front, Sirius leva les yeux de son chaudron qui bouillonnait doucement et parcourut du regard rapidement la salle de cours. Mais ses yeux revinrent aussitôt sur le dos de la voisine de Lily.

-         Tu as tout faux. Je préfère les chevelures folles. Dommage qu'elles soient emprisonnées dans des coiffures de grands-mères.

Et d'un léger signe, il attira l'attention de James sur le chignon tiré, retenu par une grosse barrette.

-         Ah, je vois. Cela ne lui va pas du tout, c'est certain. Qu'allons-nous faire, mon ami ?

Ils échangèrent un sourire de connivence.

-         Alors, es-tu prêt à me suivre dans cette entreprise ? Je m'occupe de détacher les cheveux de Lily Evans et toi…oh, tu vas te prendre une seconde gifle, mon vieux !

Sirius haussa les épaules :

-         Un peu d'aventure ne fait pas de mal. Je m'occupe de libérer les boucles d'Abby….

Ils attrapèrent chacun leur baguette magique et discrètement, se mirent à compter à mi-voix. Leurs chaudrons chauffaient à gros bouillons. Trois, deux, un.....

Tout s'enchaîna très vite. Sirius visa la barrette d'Abby et l'amena à lui grâce à un sort d'attraction. Il avait à peine prononcé « Accio…. » qu'il attrapait la barrette au vol et la mettait dans sa poche. Lily fit un mouvement pour se pencher et replacer son livre dans son sac. James manqua son sort et fit voler en éclats un récipient placé entre les deux jeunes filles. Abby se dépêcha de se débarrasser du pot qui éclaboussait la table, mais en s'inclinant, elle ne réalisa pas que ses longues mèches dévalaient le long de ses épaules et de son visage. Ses plus longues boucles menaçaient de toucher les flammes qui léchaient le chaudron. Le reste de sa chevelure dégringola à moitié dans sa potion. Vivement, elle se releva mais une atroce odeur de brulé la terrorisa. Trop tard...

Le bout de ses mèches prenait feu.

Lily se releva et avisant la situation, appela le professeur qui se déplaça, ahuri.

 

Dans le rang situé devant elles, un adolescent maigre, se retourna et pointa sa baguette magique droit sur Abby. Il éteignit les petites flammèches.

-         Oh, Severus, mon garçon, bravo pour votre rapidité. Vous allez bien Lily ?

-         Ce n'est pas moi, professeur, c'est Abigail.

-         Bien sûr, bien sûr. Vous autres, jeunes filles, devriez faire attention, et ne pas laisser flotter vos cheveux. C'est une mesure de précaution. Ce n'est pas le moment de jouer les coquettes, voyez-vous.

-         Mais…professeur…j'ai perdu ma barrette...je...

Ebouriffée, apeurée, Abby semblait au bord des larmes, cherchant des yeux l'objet qui retenait habituellement ses cheveux.

-         Et soyez plus soigneuses, regardez, vous avez cassé quelque chose, reprit Slughorn en désignant les fragments épars.

-         Ah, ça, professeur, ce pot ne s'est pas brisé par notre faute ! déclara Lily, foudroyant James et Lily de ses yeux verts. Le sort est venu de ces deux-là.

Le professeur de potions les examina :

-         Et bien jeunes gens, non seulement je sens l'odeur d'une potion calcinée, ce qui signifie que vous avez échoué, mais vous allez écoper d'une retenue….Sans compter que votre camarade aurait pu être blessée, ah, je vais être obligé d'en référer au directeur.

 

 

Sirius termina son récit. Dumbledore fixait le plafond.

-         Juste une sorte de pari stupide. Avez-vous conscience de ce qui aurait pu arriver ?

-         Oui, monsieur. Je vais m'en excuser auprès d'Abigail.

-         Parce que vous ne l'avez pas encore fait ? Désormais, je vous prierais de vous comporter correctement avec les jeunes filles.

Son ton était redevenu sévère.

-         J'entends : avec toutes les demoiselles de cette école, me comprenez-vous ou faites-vous semblant d'être stupide ?

Ne sachant que trop bien ce qui allait suivre, Sirius se mordit les lèvres.

-         Je vois que vous me suivez. Notre concierge vous a surpris hier soir, ou devrais-je dire, cette nuit, au sommet de la tour d'astronomie en compagnie de Dorcas Meadows, dans une attitude….plus qu'indécente. Intolérable. Nous sommes ici dans une école. Vous n'êtes pas là pour poursuivre vos expériences  charnelles, jeune homme. Je ne veux plus vous voir en compagnie de Miss Meadows. Que se passerait-il, jeune  homme, si j'apprenais que l'un de mes meilleurs élèves avait compromis les études d'une jeune fille de dix-sept ans ?

 

Voyant Sirius dubitatif, Dumbledore émit un soupir :

-         Que devrais-je dire aux parents de Dorcas si celle-ci attendait un enfant ? Est-ce clair, ainsi ?

 

Sirius se sentir rougir. Aborder ce genre de sujet avec le directeur, c'était un point atrocement embarrassant. Il marmonna :

-         Il n'arrivera rien…de tout ça….j'en suis sûr.

-         J'espère que vous avez de bonnes raisons de me dire cela. Vous n'avez pas encore quinze ans, Sirius, aussi ai-je du mal à vous croire…..Vous vous rendez compte que je devrais avertir vos parents de votre comportement ?

Détourant la tête, Sirius dit platement :

-         C'est votre devoir. Pour ma part, tout ce que je ferais, cela sera toujours mal jugé. Un peu plus, un peu moins…..Mes parents....

Dumbledore garda le silence un instant. Il connaissait la famille de Sirius et se doutait que le garçon n'était pas apprécié.

-         Je n'en dirais pas un mot. Votre ancêtre, qui est sur mon mur, ira certainement dans son autre portrait  répéter que vous avez été convoqué pour quelque bêtise mais vos parents ne sauront pas les détails. Bien sûr, c'est la dernière fois. A présent, Sirius, allez étudier. Apprenez, concentrez-vous. Disciplinez-vous. Tout ceci pourra vous être utile un jour.

 

Sirius eut l'impression que le directeur souhaitait lui en dire plus mais qu'il se réfrénait.

 

-         Allez, sortez, et dites au passage à Mr. Potter d'entrer.

 

« Profitez de votre jeunesse et de votre insouciance, Sirius, je crains qu'elle ne soit écourtée, ne peut s'empêcher de penser Dumbledore en regardant au dehors, par la fenêtre de son bureau »

 

Abigail cherchait et cherchait encore sa barrette. Lily lui avait donné des élastiques moldus pour attacher ses cheveux. Mais elle voulait retrouver ce qu'elle avait  perdu. Le seul souvenir de sa mère…..

 

 

 

Sirius sortit et sentit au fond de sa poche la forme de l'objet  dérobé.

 Il n'avait pas envie de le lui rendre. Il passa ses doigts dessus et sourit.

 

 Dessin par FRYTKA - j'adore! c'est Sirius, bien sûr!

 

 

 



28/02/2017
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