NapalYsaLeya

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L'ombre du passé - Chap.1 -1/2- Une découverte à Poudlard

Intro:

A la fin de "La tentation de Severus", j'ai fait allusion à un personnage - une jeune femme qui pourrait accueillir Melinda en cas de danger.
C'est la même jeune fille dont Severus se souvient lorsqu'il se trouve dans la hutte et qu'il est surpris par Melinda..(chapitre 9)
Toutes ces allusions ne sont pas dues au hasard.

Abigail  Dittany était née, comme personnage de fan-fiction, avant Melinda. J'avais commencé son histoire, lorsque "La tentation..." m'a ....tentée!
Abigail Dittany est donc ma création, comme l'était Melinda.
La famille d'Abby: sa tante Nemesia, sa mère Diomedia, son père Joshua et d'autres dont je parle plus tard- (c'est un véritable arbre généalogique que j'ai fait) - est entièrement fictive.
Bien entendu, tous les autres personnages sont les créations de JK.Rowling.

 

L' histoire débute à la période des Maraudeurs, c'est-à-dire lors de l'adolescence de James Potter, Sirius Black, Remus Lupin et Peter Pettigrew. Et bien sûr, de Severus.
Abby est de la même année qu'eux, ce qui signifie, si l'on suit la chronologie de JK.Rowling (voir "Les reliques de la mort") que son année de naissance est 1960.

Je me suis aperçue en écrivant que je reliais beaucoup de faits entre eux et que j'avais envie de combler des "blancs" comme il me plaisait.
Donc, un Retourneur de temps! Merci!

 

L'ombre du passé 


Poudlard -Septembre 1971 :James, Sirius, Remus, Lily, Peter...et Abby ont été placés à Gryffondor. Severus, comme on le sait, s'est retrouvé à Serpentard.
1972: Ils ont entamé leur seconde année.

L'histoire avance; les forces obscures de Voldemort se rassemblent
pour ce qui sera dans peu de temps la première confrontation.

Mais tout commence en douceur.....
Une dernière précision:"dittany" est le nom pour le dictame, une forme d'origan
qu'on utilisait surtout au Moyen-Age pour ses vertus médicinales (guérir les blessures, etc...).

 

 

                                    Il était encore très tôt et le ciel avait la transparence du cristal au fur et à mesure que l'aube s'avançait dans sa pureté. La pénombre étendait encore ses tentacules sur les esprits et sur les corps de toutes créatures alentour.

Pourtant, dans une immense pièce, à l'abri de son lit aux rideaux tirés, un très jeune homme s'agitait par mouvements saccadés. Il bougeait frénétiquement ainsi que le font les chats lorsqu'ils rêvent, remuant leurs membres et secouant leurs moustaches.

Tel un animal, ses jambes et ses bras couverts de bandages tressautaient à la vitesse des images qui défilaient dans son cerveau.

Il courait à perdre haleine, la senteur perdue de la forêt sauvage emplissant ses poumons. Sa course éperdue le mena sur les pistes du gibier traqué. Mille odeurs et mille traces nouvelles.

Une goutte de pluie s'accrocha à son pelage gris argenté et pris d'une impétueuse rage, il se retourna pour hurler à la lune. Ses pupilles jaunes tressaillirent à peine sous la pâleur évanescente de la nuit. Tout n'était que sensation. L'envie de chair et de sang remonta en lui. Irrépressible……Ses babines se retroussèrent sur des crocs acérés.

 

Remus se retourna brusquement. Le cœur battant, il constata avec soulagement qu'il était sorti de son délire. Son corps avait l'apparence de celui d'un adolescent de douze ans. Mais sa récente transformation le laissait sans force.

Il entrouvrit les paupières. Il avait cru entendre un bruit.

Dans la tranquillité de l'infirmerie, tout n'était pourtant que silence.

Un pas furtif l'alerta.

 

Abby écarta les rideaux qui entouraient le lit et s'avança sur la pointe des pieds vers le lit.

Elle était si menue qu'il avait du mal à bien l'apercevoir dans la semi-obscurité. Il lui fit signe de venir.

Timidement, elle s'assit sur le rebord du lit. Les draps impeccables et blancs avaient été froissés par le sommeil plus qu'agité. Elle les lissa du plat de la main machinalement puis, sans prévenir, plongea son regard dans ses yeux d'ambre clair.

 

Une cicatrice fraiche barrait le front de Remus. Les mèches de ses cheveux châtain clair retombaient en fouillis. Des cernes dévoraient son visage.

Il fixa son attention sur elle et chuchota, étonné :

-         Abby, qu'est-ce que tu fais ici ?

Pour toute explication, elle leva son poignet droit, enveloppé dans un pansement.

-         C'est une sale farce.Un maléfice!  Un Serpentard de dernière année a trouvé ça très amusant, pourtant….

Repoussant ses mèches folles de son autre main, elle haussa les épaules.

-         Comment vas-tu,toi ? Ça te fait très mal ? demanda-t'elle en désignant la blessure.

Il esquissa un pauvre sourire :

-         Oh, ça. C'est pas la pire. J'en ai d'autres. Il grimaça en se tortillant dans son lit.

Abby se mordit la lèvre inférieure. Elle regarda autour d'elle et avisa un pot en terre posé sur la table de chevet. Elle le prit entre ses mains et délicatement, l'ouvrit. Aussitôt, un mince sourire éclaira son visage :

-         C'est exactement ce qu'il te faut. Du dictame. Evidemment.

-         Tu connais ?

-         Sinon je ne m'appellerais pas Dittany. Bon, ce n'est pas amusant. Enfin, il paraît que dans ma famille…...Elle s'arrêta un instant. Enfin, on m'a dit que ma mère était une très bonne guérisseuse. Elle butait sur les mots, détestant parler du sujet qui lui tenait tant à cœoeur.

Remus ne lui posa pas de questions. Il était peut-être le seul à qui elle avait un peu parlé de son histoire familiale.

-         Je te laisse faire, Abby, j'ai confiance.

D'une main légèrement tremblante, elle appliqua l'onguent sur les bords de l'estafilade. En l'examinant, elle remarqua qu'il s'agissait bien d'une immense griffure.

-         Tu me dis si ça pique trop ?

Les yeux fermés, il lui fit signe que tout allait bien. Abby s'efforça de faire les gestes en douceur. Elle nota au passage que d'autres cicatrices plus anciennes couraient le long de son front, à la base de ses cheveux. Une autre se situait juste sous son œil et aurait pu lui coûter la vue.

 «  C'est dingue, si c'est bien ce que je crois…. Mais tout correspond. Oh, ça doit être atroce » pensa-t'elle. Elle arrêta ses soins et reposa le récipient avant de s'essuyer les mains sur les draps.

 

-         Tu sais, tu te débrouilles très bien. Tu es bien moins brutale que notre chère infirmière, fit-il remarquer.

Abby se sentit rougir. Elle remit de l'ordre dans ses longs cheveux emmêlés qu'elle n'avait pas eu le temps d'attacher.

-         Et toi, ton poignet, ça va ?

-         Oh, oui. Je pense que je vais pouvoir sortir d'ici aujourd'hui.

Elle baissa la tête. Elle n'était pas très fière d'elle. Se faire coincer par des imbéciles et bloquer par un sortilège qu'elle ne savait pas encore repousser, quelle idiote !

Réservée comme elle l'était, Abby n'avait pas su dire qui étaient les crétins qui l'avaient bousculée.

Et à présent, elle avait une question à poser à Remus. Quelque chose qu'elle n'osait pas lui demander et qui la taraudait depuis longtemps. En fait, Abby s'était déjà douté de cela l'an dernier, lorsqu'ils s'étaient retrouvés dans la même classe de la Maison de Gryffondor. Mais à présent, ses doutes se changeaient en certitudes.Elle murmura :

-         Remus…

-         Oui, Abby, qu'est-ce qui se passe ?

Elle releva la tête. Ils se regardèrent tous deux attentivement.

-         Heu, voilà. …Ces cicatrices …que tu as...Sans compter que  tu t'absentes tous les mois...

Avec effroi, elle réalisa qu'elle s'embrouillait complètement dans son discours. Elle détourna la tête. Ils étaient seuls.

Sentant les mots s'enfuir, elle chercha le courage en elle-même. Elle pouvait lui parler. Ils avaient toujours pu parler, tous les deux. Elle se rapprocha insensiblement de lui.

-         Ecoute, je me trompe peut-être. Mais j'ai remarqué tellement de coïncidences. Et cette nuit, j'ai dormi là, à l'infirmerie. Comme la nuit d'avant. J'étais là quand ils t'ont amené.…J'ai entendu.

Il la saisit par les épaules en luttant contre sa propre douleur et lui demanda avec insistance :

-         Dis-moi, qu'est-ce que tu as entendu ? Qu'est-ce que tu as deviné, Abby ? dis-moi !

Ses yeux d'ambre étaient largement ouverts, presque affolés. Abby reprit, très bas :

-         Tu t'absentes donc chaque mois, Remus. A chaque pleine lune. J'ai remarqué ça depuis longtemps. Je n'ai rien dit. Je ne parle pas vraiment avec grand monde, tu sais. Et puis, quand tu  reviens, tu es très fatigué, tu as parfois des cicatrices. Cette nuit, j'ai saisi des mots comme « transformation ». Remus, je crois que …tu es un loup-garou!

Abby lança les derniers mots dans un seul souffle, les yeux noyés dans les siens. Apeurée à l'idée de sa réaction. Elle le sentit frissonner, les mains crispées sur ses épaules.

Il ferma ses paupières, veinées de bleu.

Un air de grande tristesse l'envahit.

Puis il la dévisagea et finit par dire d'un ton lugubre :

-         Oui, tu as vu juste.

Il ne pouvait en dire plus.

Jamais personne n'aurait dû savoir.

Pourtant, c'était évident. Un jour ou l'autre….

Et à présent, qu'allait-elle penser de lui ? Allait-elle se mettre à l'éviter ? Il y avait en elle une grande douceur, quelque chose qui l'attirait, malgré lui. Ils étaient si jeunes. Mais elle faisait partie des personnes qui comptaient pour lui, ici, dans cette école. Il y en avait si peu.

Il sentit les larmes menacer de lui brûler les yeux. Surtout pas !

Sans comprendre, il eut un geste fataliste de la tête.

Dans le même élan, Abby se nicha dans ses bras et posa sa tête sur son épaule, ce qui lui arracha un cri étouffé de souffrance.

-         Excuse-moi. Je ne voulais surtout pas te faire mal. Elle voulut se dégager mais il la retint gentiment.

-         Je ne te fais pas peur ?

-         Pas comme ça, non. Rien ne change pour moi. Tu as été le premier à me parler et ça, je ne l'oublie pas. Quand beaucoup ici se fichaient de moi, la petite gamine sans parents, celle dont la famille a tellement honte, toi, tu es venu me voir. Je sais qui sont mes amis, Remus.

-         Tu ne diras rien à personne ?

-         Tu n'as pas à avoir peur. A personne. Mais toi, tu pourras me raconter ton histoire, si tu le souhaites. J'imagine que ça ne doit pas être très amusant.

-         Promis. Mais garde le secret. C'est entre nous.

-         Oui, mais je vais continuer à trembler à chaque pleine lune… pour toi.

Remus prit une expression indéchiffrable. Il était si proche d'elle. Les minutes s'écoulaient rapidement vers le matin. D'un mouvement commun, ils s'approchèrent l'un de l'autre. A se frôler. Il posa ses lèvres sur les siennes et elle répondit brièvement à son baiser.

En s'éloignant l'un de l'autre, ils avaient l'air un peu ahuris de leur soudaine audace.

-          Je crois que je ferais mieux de regagner mon lit.

Remus lâcha la main d'Abby. Comme à regret.

-         Je vais sortir dans quelques jours.

-         Je me doute. On t'attendra. Tu as des amis, ici, tu sais.

Il fut pris d'un doute :

-         Des amis qui ne savent pas, n'est-ce pas ?

Abby pencha la tête sur le côté :

-         Je ne pense pas mais pour combien de temps, Remus ? Ils sont loin d'être idiots.

Remus fronça les sourcils :

-         Et s'ils me rejettent ?

-         T'ai-je rejeté ? Un ami ne le fera pas. Tu verras bien…. Mais il viendra un jour où tu devras leur faire confiance. Ce sont tes amis,sans doute pour longtemps.»

 



28/02/2017
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