NapalYsaLeya

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L'ombre du passé - Chap.4 - La leçon de Mac Gonagall


Troisième année à Poudlard.
Nos Maraudeurs ont 13 ans - et Remus a  toujours "un petit problème de fourrure", comme dit James (je cite JK.Rowling).

J'ai fait un emprunt à une autre magicienne, Marion Zimmer Bradley (ce n'est pas la première fois), pour sa fameuse Loi de Cherilly (citée dans le cycle de Ténébreuse - "Le loup des Kilghard").Juste un clin d'oeil. Mais la magie est une grande famille (et la fantasy, donc!)

 

 

La salle de classe s'ouvrit pour laisser entrer les élèves en ce début d'année. Pouffant, virevoltant, les adolescents trouvèrent leurs places dans un concert de chamailleries et de murmures.

Abby s'assit, rajusta la  barrette qui maintenait ses cheveux fous et sortit ses affaires.

Elle posa à côté de sa baguette magique, son encrier et sa plume ainsi que son parchemin vierge.

Sa voisine de gauche en faisait autant sans s'occuper des autres.

Derrière elles, des bruits intempestifs et des bavardages assourdis dénotaient la présence d'un groupe de garçons turbulents.

 

Face à la classe, droite comme un piquet, ses cheveux sombres tirés en un chignon impeccable sous un chapeau pointu décoré d'une simple plume de faisan, le professeur Mac Gonagall, les lèvres pincées, éclaircit une seule fois la voix puis prit la parole sans hausser le ton pour obtenir un calme immédiat :

 

-         Jeunes gens, à présent que vous êtes en Troisième année, j'ose espérer de vous une attitude plus posée. Je ne m'attendais pas dès notre première semaine à un comportement tout juste digne de …farfadets farfelus !

 

Un gloussement communicatif fusa de table en table.

-         Jolie, l'allitération ! Vas-y, redis-le « farfadet farfelu »

-         Oh, tu ne crois pas que je ressemble plutôt à un …lutin loufoque, ou à une goule goulue ?

Un éclair de cheveux roux foncés tournoya à l'extrémité du champ de vision d'Abby. Sa voisine de gauche s'était retournée :

-         Vas-tu fermer ton clapet, Black, et le tien aussi, Potter ! Vous vous croyez toujours aussi malins ?

Elle avait parlé sur un ton cinglant mais à voix basse puis, souriante, fit un clin d'œil à Abby en reprenant un air très attentif.

-         C'est comme ça qu'il faut leur parler, si tu veux mon avis, lui chuchota-t'elle.

Abby ne put s'empêcher de lui sourire en retour. Elle entendait distinctement les commentaires  venant de la rangée derrière elle.

-         Elle est gonflée de vous parler comme ça, fit une petite voix geignarde.

-         Ah, que veux-tu, Peter…!Evans a parlé, je m'incline.

-         Toi, peut-être, James. Moi, ce n'est pas elle qui me fera taire…

-         Ah, et qui…

-         Silence à présent, jeunes gens où vous allez dès à présent commencez l'année avec une série de retenues ! J'en connais qui ont déjà une collection à leur actif et qui ne devraient pas en être fiers…..

Le silence retomba. L'autorité de Mac Gonagall n'était jamais contestée. Le professeur reprit certains éléments basiques de son cours.

-         Comme vous le savez, la Transfiguration est une matière que vous allez être amenés à approfondir. Je voudrais revoir avec vous certaines transformations élémentaires et certaines théories de base afin d'être sûre que vous compreniez ce que nous sommes en train d'étudier. Oh, rassurez-vous, je ne vais pas vous demander des sortilèges inconnus de vous…..Elle haussa imperceptiblement les sourcils….Mais vous savez tous, enfin, je le suppose, à votre niveau, effectuer ceci.

Elle se tourna vers son bureau, en tira un joli rat gris argent et pointant sa baguette sur lui, le transforma sans même prononcer la formule à haute voix, en une splendide théière en argent ouvragée. Le thé semblait prêt à être servi.

 

Beaucoup d'élèves ne purent retenir un « oh » admiratif. Mac Gonagall les foudroya du regard.

-         Ceci est un sort élémentaire, mes enfants. Nous le pratiquerons.

Car, voyez-vous, il est une chose que je veux que vous compreniez bien : cet ensorcèlement n'entrave pas la nature des choses. Elle la change. Mais elle ne va pas contre elle.

 

Voyant plus d'un élève perplexe, le professeur contempla sa classe puis se décida :

-         Voyons, je vais vous donner un exemple qui vous éclairera peut-être. Les sorciers et les sorcières les plus qualifiés peuvent prendre des formes autres qu'humaines….

Toute la classe semblait médusée.

-         Cet acte de magie est extrêmement difficile et dangereux. Mais il fait partie de la Transfiguration.

Une élève leva la main :

-         Voulez-vous dire qu'un sorcier pourrait se transformer …en rat, par exemple, Professeur ?

Un rire général secoua la classe. Mac Gonagall leva une main pour rétablir le calme.

-         Pas n'importe quel sorcier mais quelqu'un de très bien entraîné, oui. Bien entendu, on ne vous apprendra pas cela à l'école, car il s'agite de haute magie….

-         Mais ce n'est pas de la magie noire, professeur ?

-         Non, Potter, sinon, je n'en aurais certainement pas parlé.

-         Alors, pourquoi ne pas l'appren…dre?

-         Parce que, je viens de le dire, même en dernière année, ce type d'exercice dépasse les compétences de la plupart d'entre nous. Et ne me posez plus de questions inutiles. Voici un exemple pratique.

Abby qui écoutait se demanda quel était le sens de sa phrase. Elle n'en crut pas ses yeux quand elle vit son professeur se transformer sous ses yeux en un chat tigré, dont les marques autour des yeux semblaient dessiner le contour de ses lunettes.

-         Et ben, ça…!

-         C'est trop fort…!

-         Excellent !

En une fraction de secondes, Minerva McGonagall reprit forme humaine, très digne, son chapeau de sorcière à peine posé de travers sur sa tête.

Les compliments fusèrent.

-         Merci mais à présent, prenez note. Cette forme de transformation est sévèrement contrôlée par le Ministère de la Magie. Tous les animagi – de « animagus », sont répertoriés, et doivent se faire enregistrer.

Tous les élèves étaient penchés tandis que le professeur leur donnait des indications sur les premiers sorciers à être devenus des animagi.

Soudain, une main se leva :

-         Excusez-moi, professeur ?

-         Oui, Miss Evans ?

-         Qu'arriverait-il, si, par inadvertance ou, pire, par malveillance, un sorcier ou une sorcière devenait un animagus à l'insu du Ministère ? Quelle serait la sanction ?

-         Question pertinente. Mais c'est une probabilité fort incertaine. Comme je l'ai dit, il est ardu de parvenir à contrôler le genre d'énergie qui permet cette transformation. Puisqu'elle ne nécessite pas le recours à une baguette magique, il faut une concentration magique élevée. Mais, comme vous l'avez relevé, un  « animagus sauvage » s'il était pris, serait sévèrement puni. Je crains qu'un séjour à la prison d'Azkaban….

Un courant d'horreur passa entre les tables.

Mentionner le nom de la prison des sorciers provoquait toujours des réactions terribles.

-         Mais nous ne sommes pas ici pour parler de ces histoires, ajouta Mac Gonagall. Je voudrais en revenir à la Transfiguration et aux lois de la nature. A présent, je vous ai expliqué ce que, nous autres, sorciers et sorcières, étions capables de faire, j'aimerais savoir si vous pouvez me dire en quoi cette transformation ne va pas contre les forces de la nature, qui, comme vous le savez tous, ne doivent être ni bouleversées, ni détruites par notre magie. Qui pourrait me dire quelques mots à ce sujet ?

Mac Gonagall espérait que le sujet détournerait les esprits des mots « d'Azkaban » qui paraissait en faire frémir certains d'effroi. Elle regarda sa classe, parcourut les rangées de tables de ses yeux perspicaces derrière ses lunettes. Elle s'arrêta soudain. Deux yeux vifs aux reflets limpides l'avaient intriguée un moment puis s'étaient écartés très vite, intimidés.

 

-         Miss Dittany, auriez-vous une réponse ?,demanda-t'elle doucement.

La classe fit un grand silence. On entendai trarement Abby. Celle-ci leva la tête et se sentit rosir. Elle ne regarda que Mac Gonagall, sans se préoccuper du reste et commença d'une voix légère :

-          Professeur, se transformer en animal permet au sorcier qui le fait de conserver une part de son humanité. Dans ce type de sortilège, bien sûr, car il s'agit d'un choix conscient. Le sorcier  n'est pas victime d'un ensorcèlement ou d'une possession qui relèverait de la magie noire. Enfin, j'imagine qu'en tant qu'animagus, le sorcier, ou, pardon, la sorcière, n'a peut-être plus la même forme de pensée que lorsqu'il est sous sa forme humaine.

Personne ne parlait. Si elle avait regardé autour d'elle, Abby aurait vu des regards intrigués. Un rang derrière elle, le menton dans sa main, Sirius était curieusement concentré, ses yeux gris caché par un flot de mèches sombres.

Mac Gonagall sourit légèrement et debout devant la table de la jeune fille approuva :

-         En effet. Auriez-vous autre chose à ajouter à propos des lois de la nature ?

-         Comme vous le disiez, professeur, notre magie ne doit pas les affecter car en retour, nous en subirions de lourdes conséquences. C'est pourquoi nous ne créons pas de sorts pour changer la météo par exemple. De même qu'il faut respecter la Loi de Cherilly….

Minerva Mac Gonagall eut un hoquet de surprise tandis que les élèves se mettaient à chuchoter « la loi de quoi ? ». Reprenant le contrôle d'elle-même, le professeur demanda plus sèchement :

-         Même si votre raisonnement se tient, je ne pense pas que vous sachiez à votre âge énoncer cette théorie….

Abby se troubla. Elle aurait mieux fait de se taire. Au fond d'elle-même, elle savait très bien de quoi elle parlait. Elle rougit de plus belle. Un mouvement l'avertit que quelque chose se passait juste derrière elle.

-         Oui, Mr.Black ?

-         Ainsi qu'Abby l'a mentionnée, on peut définir la Loi de Cherilly ainsi : dans l'univers, toute chose possède une copie exacte. Animaux, végétaux, minéraux et même les êtres humains. Ce qui signifie que nous avons tous un double. Et s'il n'est pas dans ce monde, c'est qu'il existe d'autres mondes, ailleurs….Sirius se tut.

Abby, éberluée, lui lança un coup d'œil par-dessus l'épaule. Il avait parfaitement énoncé ce qui l'aurait fait bafouiller.

-         Bien, bien, mais je vous le répète, mes enfants, ceci n'est pas de votre niveau. Mais pour votre effort, je vous accorde à chacun dix points, ainsi que cinq points à Miss Evans pour sa question pertinente. Vous lirez le chapitre douze pour le cours prochain et m'en ferez un résumé de quinze centimètres de parchemin. La classe est terminée. Ah, Mr. Black, Miss. Dittany, un mot avant de partir, s'il vous plaît…..

 

Abby se tança intérieurement. Elle ne voulait jamais se faire remarquer.

Mais qu'est-ce qu'il lui arrivait ? Et que lui voulait Mac Gonagall, à présent ?

Elle se présenta la première devant le professeur. Sirius, qui paraissait encore avoir grandi pendant les deux mois d'été, arriva à sa suite.

-         Dites-moi, vous deux, je ne sais pas si vous vous êtes concertés pour me citer aujourd'hui des théories dont des élèves de dernière année n'ont jamais entendu parler ?

Ils ne se consultèrent pas pour faire de grands signes de dénégation.

-         Et où donc avez-vous appris l'existence de la Loi de Cherilly ? Miss Dittany ?

-         …Dans un livre que ma tante m'avait permis d'acheter avant mes vacances afin que je m'occupe… dans ma chambre, tout l'été.

-         Je vois. Mc Gonagall ne fit pas de commentaires sur les occupations que la tante d'Abby laissaient à sa nièce. Et vous, Mr.Black ?

Avec un mince sourire, Sirius répondit :

-         C'est étrange, professeur, mais c'est un peu le même cas. J'ai toujours plein de temps libre pendant les vacances d'été. Et tout ce que mes parents me donnent comme loisir, c'est la lecture, voyez-vous. Ils n'aiment pas trop mes autres hobbies. Alors ils me donnent un tas de Gallions à condition que j'achète des livres, de magie, bien entendu! afin que je reste tranquille dans ma chambre, sans gêner personne. Sirius passait sous silence le fait que James Potter lui achetait aussi des livres moldus au sujet des groupes de rock, des motos et des filles en petite tenue.

Mc Gonagall se sentit un peu gênée. Mais avec tact, elle se contenta de dire :

-         Et bien mettez vos lectures à profit de vos études, jeunes gens ! Allez, remplissez ces têtes de savoir.

Sirius et Abby sortirent de la classe.

Minerva Mac Gonagall soupira :

«  Deux mois avec des livres !  Seuls dans leurs chambres! Ces enfants reçoivent une éducation bien étrange, mais si j'en crois Albus, leurs familles sont assez semblables….…La Loi de Cherilly, vraiment, à treize ans ! Et puis quoi, encore ? Ils vont finir par m'inquiéter ! »

 

 

 

 

Illustration: Les maraudeurs imaginés par Manechan en groupe de rock (deviant art)

 

 

 

 



28/02/2017
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