NapalYsaLeya

NapalYsaLeya

La tentation de Severus - Part.3 - La Tempête de neige 1/2

La 3ème partie  se passe principalement dans la forêt.Je trouve toujours que la traduction française ne rend pas bien le langage de Hagrid - excellent en anglais - donc, je lui ai donné un parler un peu différent.

 

Part.3 -La tempête de neige

 

La neige tombait dru. Janvier avait amené dans ses bagages un tourbillon hivernal qui se déchaînait autour du château, sur les cimes des arbres de la Forêt Interdite. La couche blanche ensevelissait le village de Pré-au-Lard, le faisant ressembler à une reproduction miniature destinée aux enfants.Les rues enneigées contrastaient avec les vitrines trop colorées de la boutique de sucreries Honeydukes et du magasin de farces et attrapes de Zonko. Blanc, orange, rose.Les élèves se groupaient pour regagner l'école au plus vite, de plus en plus découragés par le mauvais temps. Certains n'avaient même pas voulu profiter de la sortie du week-end et étaient restés confinés dans la tiédeur du château.

A la lisière des bois noirs, une silhouette sombre se découpait sur la blancheur glaciale. Cachée de tous les regards, l'ombre se déplaçait d'une démarche saccadée et s'enfonçait de plus en plus en loin dans les profondeurs des bois.

«  Je n'ai causé que des ennuis. Je ne fais que des erreurs. A quoi bon continuer ? La solitude à présent. Ce n'était pas la peine. Plus la peine. Je ne vaux rien. »

Traînant ses bottes dans les flaques de neige, Melinda leva la tête sous son capuchon. Elle s'arrêta brusquement, une flamme dans les yeux.

 -         Melly, avance s'il te plaît ! On ne va pas rester là, on gèle !

La jeune fille ne répondait pas. Les sens en alerte, les yeux ouverts en grand, elle semblait chercher quelque chose autour d'elle.

Julia la tira vivement par le bras :
-         Mais bouge, ma vieille, tu veux qu'on se transforme en statues de glace ? Allez, en route, ou je te jette un sort ! Je te jure que je le ferais même si c'est ton anniversaire aujourd'hui !
Sa voix aigüe alerta le grand jeune homme qui les précédait :
-         Qu'est-ce qui vous prend, toutes les deux ? Dépêchez-vous !
-         Pour une fois, ce n'est pas de ma faute, Al. Mel ne bouge plus!
Alvin les dévisagea un peu stupéfait.
 Melinda, longue et fine, enveloppée dans sa cape, semblait absente, figée sur le chemin. Julia, à ses côtés, plus petite, la tirait en vain par le bras et s'énervait. Il agita les mains devant les yeux vagues de Melinda :
-         Oh, Melly, t'es là ? T'as oublié qu'on fêtait tes dix-huit ans en rentrant ?
Elle ne réagit pas. Al se tourna vers la petite brune :
-         Tu lui as jeté quel sort, Julie ?
Tapant du pied, Julia s'exclama :
-         Aucun, je l'ai simplement menacée!
D'une voix blanche, Melinda leur dit :
-         C'est bon, arrêtez, on y va !
Elle se remit en marche. Les deux autres se regardèrent sans comprendre puis haussèrent les épaules et reprirent le chemin.

 «  Misérable. Pauvre misérable. Je ne rentrerai pas...» Une douleur vrilla sa cheville qui se tordit, prise dans un trou dissimulé sous la neige. La silhouette encapuchonnée s'écroula à terre en gémissant. Ses traces étaient à peine visibles entre les buissons.

 Melinda fit un bond. Le flot d'émotions la heurta de plein fouet. Elle ressentit la cheville qui s'enfonçait dans la terre, la torsion, la chute. Son cerveau vira au rouge. Elle se retint de crier.
-         Mel, qu'est-ce qui t'arrive ?
-         Rien, c'est rien, allez devant, je vous rejoins, ordonna-t'elle.
-         Non, ça va pas, t'es toute bizarre, s'inquiéta Julia.
-         ALLEZ-Y, ne discutez pas, je vais très bien, j'arrive tout de suite, elle hurlait, brandissant instinctivement sa baguette.

Ses amis la regardèrent avec effarement. Elle avait l'air différent. Mais quand Al voulut parler, Julia l'entraîna avec elle, laissant Melinda derrière eux.
-         Laisse tomber, elle a besoin d'être seule. Elle cache quelque chose, Mel?
-         Mais elle a failli nous menacer?.
-         Non, elle n'a pas fait ça exprès. Je pense qu'elle est perturbée et ça fait déjà un bout de temps. Je me demande si c'est pas à cause d'un mec?.-         Oh, toi, tu vois des histoires d'amour partout !, Al s'esclaffa puis redevint sérieux, Non, là, je pense que tu te trompes, Julie, ça n?a rien à voir avec un type. Essaie de te souvenir. A la date de son anniversaire, Melinda est toujours triste, tu sais pourquoi ? Elle nous en a parlé, c'est ?exactement ce jour-là que ses parents ont été retrouvés mort; tués par des partisans de Tu-Sais-Qui.
Julia se rembrunit tandis qu'Alvin parlait.

-         Mince,t'as raison. J'avais oublié. On essaie toujours de la faire rire pour pas qu'elle y pense trop,parce que c'est une sale coïncidence. Julia fronça les sourcils.
-         Ouais. Tu crois qu'on devrait vraiment la laisser seule ?
-         Mel va nous rejoindre, j'en suis sûre. Elle veut cacher sa tristesse. Elle est forte.
-         C'est évident. Alors tes histoires d'amour?.Il esquissa un sourire.
-          D'accord, c'est toi qui n'es pas bête du tout. Ce n'est pas du tout ce que je pensais.
Ils s'éloignèrent bras dessus bras dessous.

 

 Haletante, Melinda rassembla ses idées. Elle connaissait cette sensation. Elle savait d'où cela provenait. Mais cette fois, c'était plus fort que jamais. Elle avait l'impression d'être entrée dans l'esprit de quelqu'un. Encore, pensa-t?elle.La sensation était affreuse. Elle se mordit les lèvres en pensant que, jusqu'à présent, personne ne lui avait appris à fermer son esprit malgré sa demande.

 

Rogue.

C'était sa faute. Elle lui en voulait. Cela lui aurait évité ce genre de désagréments. Oui, elle était en colère contre lui. Melinda se secoua pour se réchauffer. Ses mains et ses pieds lui donnaient l'impression de geler sur place. Ce qui était certain, c'est que quelqu'un, dans les bois, près d'ici, était tombé.
Quelqu'un allait mal.Très mal. Les pensées que Melinda avaient senties l'emplissaient de malaise. De la pure détresse.
Un élève perdu ? Et blessé ? Pire....Un Moldu égaré? Ici? Non, impossible.
Melinda pensa qu'elle était stupide. Elle aurait dû continuer et alerter rapidement un professeur.Qu'allait-elle faire ? Se lancer seule à l'aveuglette ?Pensait-elle avoir l'étoffe d'une héroïne ?C'était ridicule. Elle n'était qu'une sorcière ordinaire de dix-huit ans.Pourtant, elle dévia ses pas du chemin et se dirigea droit vers les sous-bois. Son instinct la menait vers d'épais taillis. Elle savait qu'elle pouvait trouver cette personne.
La pénombre commençait à gêner sa progression. Les flocons se mettaient à tomber à nouveau. Ils entraient dans ses yeux.

«  Lumos » chuchota-t'elle. Le cercle de lumière émanant du bout de sa baguette éclaira ses pas.Les branches tombées à terre et les minces buissons dénudés formaient un enchevêtrement si dense qu'elle avait du mal à garder son  équilibre.

Elle jura entre ses dents. Son capuchon s'accrocha, laissant ses cheveux foncés à la merci du vent qui soufflait de plus en plus fort. Inlassablement, Melinda cherchait. Elle ressentait encore la pulsation de douleur, comme une couleur qui s'allumait en rythme au fond de sa tête. Mais un phénomène étrange se passait. Melinda suivait cette lueur mentale pour se guider. Pourtant, la sensation s'éloignait peu à peu.

Qui pouvait marcher avec une jambe blessée ?

Il fallait avoir un moral d'acier ou une bonne dose d'inconscience. Elle avait l'impression de se diriger droit vers la source de cette douleur.

La neige mouillait ses bottes, ses mains étaient gelées. Mais obstinée, Melinda marchait. La source des émotions qu'elle percevait semblait de plus en faible. Elle s'était approché, et voici qu'elle ne sentait presque plus rien.

Que se passait-il ?

Où était la personne blessée ? Evanouie ? Ou pire?.Elle chassa cette idée.

Melinda fit un effort. Dans son champ de vision, une sorte de cabane apparut, isolée, masquée par les ramures des arbres.

Sur le seuil, une forme allongée était recouverte par une longue cape sombre.

En quelques enjambées, la jeune fille atteignit le corps inerte, craignant le pire. Le vent sifflait une

mélodie répétitive et menaçante autour d'elle. L'ambiance était sinistre, baignée de tons marine et ocre. Elle se sentit entourée de ténèbres.

Frémissant de tous ses membres, elle s'agenouilla dans la neige fraîche.

D'un mouvement vif, elle rabattit le pan de la cape et découvrit le visage. Elle sursauta.

 

Severus Rogue !

 

 

Les yeux fermés, le teint plus pâle et jaunâtre qu'à l'ordinaire, les cheveux noirs en bataille. Inconscient.

« Evidemment, se dit Melinda, qui d'autre ? Je ne pouvais pas tomber sur un prince charmant ! Il faut encore que ce soit lui….Qu'est-ce qu'il fait là ? Il s'est mis dans un drôle d'état. »

Elle se mit à le secouer doucement puis plus rudement. Sa cape était trempée par la neige.

-         Hey, faut vous réveiller, professeur, faut pas rester dehors par ce temps !

 

Il n'eut aucune réaction. Melinda songea à trouver un sortilège pour le faire réagir mais bizarrement, rien ne lui venait à l'esprit.

Elle l'agrippa par les épaules :

-         Allez, réveillez-vous, bougez-vous ! Elle criait mais le vent hurlait mille fois plus fort.

Rogue eut un léger frémissement mais pas de signe de réel réveil.

 

 « Alors, là, ça va mal. Je suis déjà frigorifiée, et la situation empire, c'est vraiment la tempête….Je dois trouver une solution et vite !De l’aide, mais où ? Les autres sont loin derrière moi et le vent va couvrir la voix… Ils ne verront pas la lumière de ma baguette, non plus. Je dois agir vite »

 

 

Melinda lança un coup d'œil en direction de la cabane. La porte était entr'ouverte. Elle se leva souplement et regarda à l'intérieur : c'était une sorte de hutte en terre, sans un meuble, mais tout était relativement propre. Une cheminée rudimentaire était aménagée au fond. Des réserves de bois étaient entassées dans un coin. Le sol en terre battue semblait net. Une jonchée d'herbes séchées parsemait une partie du sol.

Le vent gagnait en puissance et ramenait des brassées de flocons sur les arbres et sur les infortunés qui n'auraient pas dû se trouver là.

Il n'y avait plus d'autre choix.

Melinda prit sa baguette et la pointa sur Rogue:

« Mobilicorpus ! »

Rogue inanimé s'éleva dans l'air saturé de flocons, secoué par les rafales de vent. Du bout de sa baguette, elle le dirigea, évanoui, vers la porte, ballotté violemment par la tempête.

« Je n'aurais jamais pu l'amener ainsi jusqu'au château. Ici, on sera au sec et à l'abri. Je pourrais réfléchir ….Mais quelle idiote je fais ! Me retrouver dans une telle galère ! »

 

En refermant la porte derrière eux, elle grimaça à cette pensée. Elle avait déplacé Rogue jusqu'à l'intérieur de la cabane près de l'âtre vide. Il bougeait faiblement. Ce moyen de  transport inhabituel avait dû le tirer de son évanouissement.

Rapidement, Melinda se hâta d'empiler et d'enflammer les bûches à l'aide de sortilèges. Elle en profita pour ôter sa cape dégoulinante de pluie et de neige mêlées. Ses cheveux s'échappaient de sa longue natte et elle les défit rapidement pour les étaler sur son dos.

 

Rogue tressaillit.

Il ne savait pas où il se trouvait. Il apercevait une ombre qui se déplaçait devant un feu. Il fit un mouvement pour se relever. La douleur fusa  de sa cheville droite. Il étouffa un cri. Melinda se retourna aussitôt.

-         Vous êtes réveillé ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



19/01/2017
3 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 18 autres membres