NapalYsaLeya

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L'ombre du passé - Chap.26- Trahison de Sirius 1/2


J'ai un peu anticipé la mise en place de du sort de Fidelitas qui désigne Sirius comme Gardien du Secret de la maison de James et Lily. En fait, on dit que James voulait que ce soit Sirius...et que Sirius a échangé au dernier moment avec Peter. Tout cela se serait fait 1 semaine avant que Voldemort ne tue les Potter... (Peter trahissant l'Ordre depuis plus d'1 an). Tout étant un peu tiré par les cheveux, j'ai fait de Sirius le Gardien du Secret dès que James et Lily ont été obligés de se cacher (selon Rowling, avec la grossesse de Lily puis la naissance de Harry).
Nous voilà bien en 1981.
LEYA- Bonne lecture.

 

31 octobre 1981/1er novembre 1981

Il entra.

La maison semblait inoccupée. Elle résonnait. Comme vidée de ce qui faisait son animation, son centre, sa vie. Remus balaya le salon des yeux à toute vitesse. Personne. Une boule logée dans la gorge l'empêcha de lancer à voix haute les noms de ses amis.

Quelque chose comme un animal lové au creux de son estomac se mit à le mordre furieusement. Remus resta aux aguets, ses sens latents de loup prêts à détecter le moindre bruit. Il avait entendu quelque chose.
Son instinct ne le trahissait pas. Il serra le poing sur sa baguette magique. Verrouilla son regard sur l'escalier. Son cœur palpitait à grands coups. Il bondit soudainement et fut rapidement en haut des marches, sans éprouver le moindre essoufflement. Transcendé par la poussée d'adrénaline.
La porte de la chambre était ouverte. Sirius avait laissé le lit ouvert. Défait. Abby n'était pas là. Mais une malle était posée, des affaires entassées.
Remus eut du mal à avaler. Qui était parti ? Sirius ?
Lui et sa fichue manie des soupçons qu'il paraissait nourrir à l'égard de tout le monde depuis des mois, qu'avait-il fait ? Il les avait laissés seuls, Abby et lui.
Cette idée lui hérissa les poils sur les avant-bras.

Remus revint sur ses pas. Arpenta le couloir, chercha dans la petite chambre qui servait de bureau, osa même la salle de bains et les toilettes puis finit par sa propre chambre à l'autre bout du corridor.

 

Elle était là. Assise sur la courtepointe. Immobile. Les yeux tournés vers la petite fenêtre. Elle avait dû l'entendre entrer mais elle ne bougea pas.
Ses cheveux masquaient son visage. Remus ne sut jamais comment il se retrouva contre elle, les bras autour d'elle, lui communiquant sa chaleur, muet de questions inquiètes.

Il leur fallut plusieurs minutes avant de pouvoir se regarder :

-          Il est parti, Sirius, il est parti...

Remus hocha la tête. Il avait compris. Il posa sa paume contre la joue d'Abby.

-          Est-ce que tu sais …où ?

-          Il a dit que c'était secret…qu'il devait vérifier quelque chose. Il avait un drôle d'air, je veux dire, une mine bizarre. Et c'est tout. Ensuite…il m'a dit que c'était sûrement dangereux que je reste ici. Que je devrais mieux …aller chez Nemesia.

Remus haussa les sourcils :

-          Comment ? Il est devenu dingue ! la maison de ta tante est toujours plus ou moins surveillée par les Mangemorts, à quoi pense-t'il ?

-          Il m'a dit qu'il passerait chez elle pour vérifier. Qu'il me laisserait un message.

Fronçant les sourcils, Remus prit un air de doute :

-          Il y a quelque chose qui ne colle pas. As-tu eu ce fameux message ?

-          Non, soupira Abby. Pas encore. Je ne sais plus quoi faire. Et toi, Remus ?

-          Je suis désolé d'avoir été si longtemps absent. J'ai pensé qu'il valait mieux…Sirius semblait penser…

Abby finit pour lui :

-          …Qu'il y a un espion, oui. Dumbledore et lui parlent de ça depuis des mois, je crois. Tout le monde soupçonne tout le monde.

-          Pas toi, Abby, voyons. Tu n'as pas eu de réels contacts avec les membres de l'Ordre. Tu as soigné des gens.

Elle l'arrêta, soudain grave :

-          Il y a eu tellement de morts, Rem. Rappelle-toi : au début de l'année, la famille de ce sorcier que nous avions recueilli, Damian Lake. Son frère et sa belle-sœur, et enfin, lui-même, et je ne sais combien d'autres. Et puis, après la photo…elle s'arrêta en repensant à ce souvenir.

Remus ferma les yeux un instant. Tous les membres de l'Ordre du Phénix avaient pu se réunir ce jour-là. Il ne manquait qu'une personne pour prendre la photo et Dumbledore avait demandé à leur guérisseuse de déclencher l'appareil. Ainsi, si elle n'apparaissait pas dessus, au moins y avait-elle contribuée.

-          Rien ne sert de remuer tout ça. Tu n'y es pour rien. Je sais ce que craint Albus : il a peur pour James et Lily.

-          J'ai aidé Lily à accoucher, dit Abby d'une petite voix.

-          Et alors ? Quand aurais-tu livré des informations à Voldemort, dis-moi ? Voyons, Abby, c'est ridicule et impossible.

-          Parce que tu ne veux pas croire à cela.

Les yeux d'ambre clair plongèrent dans le siens :

-          Parce que je te fais confiance.

-          Et Sirius ? osa-t'elle.

-          Abby, Sirius tient à toi.

-          Comme il tient à toi. Mais regarde le résultat, Rem.

Ils se turent. Se contentèrent de se perdre dans le regard l'un de l'autre. Ils savaient. Ils avaient tous les deux un début de souffrance en écho, sans comprendre ce qui se passait.

Abby frémit.

-          Tu crois que cet endroit n'est plus très sûr, toi ?

-          Quelles preuves avait Sirius en partant ?

Elle haussa les épaules.

-          Aucune, en vérité.

-          Abby…Toi, qu'est-ce que tu crois ? Il lui parlait pour la première fois sur un ton un peu déférent. Comme s'il pensait qu'elle possédait une sorte d'intuition que lui n'avait pas.

-          Attends, que vas-tu t'imaginer ? Je ne suis pas une diseuse de bonne aventure moldue ! Je ne suis pas voyante non plus. Si tu crois ça….

-          Non, je sais bien. Je voudrais juste …ton avis, s'il te plaît.

-          Et si je dis n'importe quoi ?

Il sourit discrètement :

-          Nous verrons bien !

Elle secoua la tête. Il ne l'avait jamais vue si triste, mais si belle aussi.

-          Ecoute, il n'y aucune raison pour que nous soyons menacés. Toutes les protections magiques sont là. Mais…quelque chose me dit que nous ferions mieux de déguerpir, qu'une belle tuile va nous tomber dessus. Ici. Et très vite.

-          Alors on part ? dit Remus dans un souffle.

-          Maintenant. Tu connais des cachettes? Parce que je ne suis pas sûre pour Nemesia…

Remus rit sans joie :

-          Quand on  a la mauvaise manie de devenir loup-garou à chaque pleine lune, mieux vaut connaître des endroits sûrs et écartés des lieux fréquentés, oui.

-          Remus…

-          On y va ?

Abby regarda autour d'elle, le coeur en vrille.

-          Je crois, oui.

-          Par Merlin, elle va me manquer, cette maison, fit Remus à mi-voix.

-          A moi aussi…

 

Ils transplanèrent, chargés de la malle d'Abby.

L'abri était perdu, dans la campagne. A l'écart des routes et des habitations comme l'avait prévu Remus. Mais Abby fut surprise de constater que l'intérieur était sommairement meublé.

-          J'y réside aussi...pour les missions de l'Ordre, dit Remus prévenant sa question.

Le crépuscule s'immisçait déjà entre les arbres. Abby resta un instant sur le seuil, l'esprit ouvert, les mains refermées sur sa tasse de thé. Une légère brume effleurait le sol, l'embrassant de ses volutes douces et immatérielles.

-          Remus, appela-t'elle. Il s'encadra derrière elle.

-          Que fais-tu encore dehors ?

-          J'ai vu un drôle de truc dans le ciel…Des sortes d'étoiles filantes.

-          Le trente-et-un octobre ? Tu es sûre ?

Abby se leva, jeta un regard en arrière, murmura « la nuit de Samain », et frissonnante, prit Remus par le bras :

-          Rentrons, il y a quelque chose de bizarre et de terrible, ce soir.

-          Tu as peur ? demanda doucement Remus en barricadant la porte d'un sort.

Elle acquiesça. Une lueur perdue au fond des yeux.
Ils s'enlacèrent lentement et ne quittèrent plus la tiédeur l'un de l'autre jusqu'au matin.

Abby s'éveilla dans une clarté chiffonnée. La présence chaude à son côté et la respiration profonde la sortirent du sommeil total. Les mèches châtaines qui effleuraient son épaule ramenèrent la journée d'hier à sa mémoire. Elle bougea lentement pour se lever sans déranger Remus, encore endormi. Et tira la couverture sur lui. Comme une protection.

Un léger courant d'air apportait une humidité fraîche qui picota sa peau. Elle aurait voulu se recoucher, replonger longtemps dans le sommeil et l'oubli qu'il procure, se couler dans la douceur pour ne pas avoir à penser.

C'était impossible. Une pointe aigüe en elle l'incitait à agir. Aller dehors.
Elle était persuadée qu'il s'était passé quelque chose. Elle en tremblait par anticipation sans même savoir si c'était de joie ou de frayeur. Ses sens magiques l'alertaient aussi sûrement qu'une clochette tintinnabulant.

Remus la trouva vêtue de sa cape, debout dans la grisaille qui laissait filtrer à peine un rayon de soleil. Il pensa à l'une de ses anciennes magiciennes dont il voyait les tableaux à Poudlard. Un instant, il se remémora les livres narrant les mystères de Morgane. Il sourit. Abby ne ressemblait pas aux vieilles reproductions qui s'animaient sur les cartes de sorciers célèbres. Pourtant, c'était la première image qui venait de s'imposer ce matin. L'esprit de Morgane avait-il erré jusqu'ici durant la nuit pour lui brouiller les idées lors de la nuit d'Halloween ?

Remus eut un peu honte de se laisser aller à de telles divagations. Il se rapprocha d'Abby et ne sut que demander  platement :

-          Tu veux un peu de thé ?

Elle lui répondit par un regard chargé de tendresse complice qui le toucha plus qu'il ne voulut en laisser paraître. Mais il faillit en laisser tomber sa tasse.

Au même instant, la légère brume qui s'effilochait devant eux, s'éclaircit puis parut briller plus intensément. Une sorte de boule lumineuse se concentra avant de prendre une forme aux contours argentés qu'ils reconnurent aussitôt.

Un phénix se dessina et ouvrit le bec avec majesté.

-          Le Patronus de Dumbledore ! s'écrièrent-ils ensemble complètement ahuris.

Le ton du message avait une note d'urgence que ni Abby ni Remus n'associaient à leur ancien directeur.

«  - Remus, où que vous soyez, écoutez-moi bien. Voldemort a été détruit. La guerre est finie. Rejoignez-moi dès que vous le pouvez. Il s'agit de Sirius. »

Puis le phénix d'argent s'évapora dans l'air avec une grande élégance, laissant Remus et Abby frappés de stupeur.

-          Tu as entendu ?

-          Quoi ? sursauta Abby come tirée d'un mauvais rêve. Voldemort, détruit ! Et quoi, au sujet de Sirius ? Que s'est-il passé ? Oh, Remus, il faut y aller !

Elle savait à présent que la catastrophe pressentie s'était produite. Mais elle ignorait en quoi elle consistait. Elle se cramponna au bras de Remus.

-          Je…je dois voir Albus…

-          Bien sûr, mais…Remus, si Voldemort n'est plus, si c'est fini, allons en premier chez Nemesia ! Nous aurons sûrement des nouvelles…et je dois voir ma tante !

Il réfléchit un instant, perplexe, puis se décida :

-          Faisons ainsi. J'irais ensuite rejoindre Dumbledore. Il s'est passé quelque chose…de très grave.



 



22/03/2009
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