NapalYsaLeya

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Une année mouvementée - Chap : 4 - Mise en garde

 

Les hommes m'appellent  Völva quand je visite leurs maisons,
Une voyante, sage en talismans.
Jeteuse de sorts, adroite en magie.
Les femmes malines me souhaitent toujours bienvenue.

 


 Heidi men call me when their homes I visit, 

A far seeing  Völva, wise in talismans.
Caster of spells, cunning in magic.
To wicked women welcome always.

 

 W. H. Auden & Paul.b Taylor - Song of the Sybil 

(La Völuspá -  le poème le plus célèbre de l'Edda poétique)

 

 

 

 

Le soir était tombé sur le village de Pré-au-Lard. La luminosité oscillait entre cette obscurité franche et bleue de la nuit et l'incertitude brunâtre du crépuscule automnal . La température était un peu basse mais « Aux Trois Balais » , il faisait bon. Mme. Rosemerta avait rangé le bar et mis en ordre les chambres à louer. Elle savait que peu de visiteurs resteraient en cette saison mais elle aimait bien que tout soit prêt au cas où des parents d'élèves viendraient en avance, un peu inquiets de laisser leur progéniture à Poudlard. C'était devenu de plus en plus courant chez les familles moldues de prendre le train et de visiter les alentours. Depuis peu, la station de Pré-Au-Lard était accessible par le train pour les familles dont les enfants étaient scolarisés à Poudlard. La gare restait invisible aux yeux des voyageurs non concernés. Ils pouvaient même accéder à l’École de Sorcellerie et de Magie qui se tenait à côté, avec l'autorisation préalable de la directrice – et sous son contrôle bienveillant - depuis que les relations entre sorciers et Moldus s'étaient un peu assouplies. Pré-au-Lard restait la jonction entre les deux mondes. C'était la gare où le Poudlard Express menait les élèves à destination mais aussi l'endroit où demeurer quand on ne savait pas où loger et qu'on voulait visiter un parent ou un proche, professeur ou élève au château qui servait d'école depuis plus de mille ans .

 

Pourtant , ce soir, la propriétaire des Trois balais n'attendait personne en particulier.

 Aussi fut-elle surprise lorsque la porte s'ouvrit, laissant s'engouffrer une large bouffée d'air froid. Une silhouette haute et fine encapuchonnée fit son entrée. Rosemerta ne put réprimer un mouvement de frayeur incontrôlée. Des souvenirs d'années de peur qu'elle croyait enfouies la firent frissonner malgré elle.Elle porta la main à la poche de son tablier où était rangée sa baguette magique.

 Au même instant , le capuchon tomba et dévoila une chevelure brune et un visage connu. La voix chaude qui s'adressa à elle la réconforta. Rosemerta s'avança vers la nouvelle venue, soulagée et s'écria, un peu vexée de sa réaction :

- Eileen ! C'est bien toi ? Tu as failli me faire peur.... Tu n'as pas de pitié pour les vieilles comme moi, Eileen Lake !

- Désolée, Mme. Rosemerta, fit Eileen un peu piteuse. Elle se retrouva projetée dans ses années passées à Poudlard alors qu'elle y était élève. Il lui semblait que les choses n'avaient pas vraiment changé. Sauf les gens qui avaient vieilli, évidemment, à commencer par elle-même. Eileen savait que Mme. Rosemerta cherchait quelqu’un pour reprendre l’auberge. Elle songeait à la retraite.

   - Viens donc t'asseoir et te réchauffer, ma petite .

   - Petite ? Eileen sourit. Je boirais volontiers une tasse de thé. Et je sais que j'arrive tardivement mais je vais dormir ici ....

   - Ne t'inquiète pas, les chambres sont toujours prêtes. Donne-moi des nouvelles, à présent. Où étais-tu ? J'ai demandé à Melinda, mais elle ne m'a guère renseigné....Elle a dit que tu voyageais. As-tu vu Luna Lovegood et sa famille ? Dis-moi, comment vont-ils ?

 

Eileen se plia au rituel des potins à transmettre même si - elle devait bien l'admettre - elle aimait peu la fonction phatique du langage. Le bla-bla social, autrement dit ! Et puis, elle se sentait lasse, ce soir. Il lui tardait de rejoindre son lit et d'être au lendemain. Avec un semblant de bonne volonté, elle rapporta les informations qu'elle jugea bon de colporter. Elle n'eut pas à se forcer car, très vite, Mme. Rosemerta prit le contrôle de la conversation qui se changea en un long monologue Bercée par des propos sans conséquence, elle hochait la tête, n'ayant pas le temps de penser .
Elle savait qu'elle était de retour pour de bon.

 

 


 

 

 

Suivant le chemin, elle prit une grande inspiration. Les odeurs lui semblaient familières. La Forêt était si proche.

 

 L'air lui paraissait presque palpable . Elle se souvenait d'autres promenades, semblables à celle-ci. D’autres lieux, d’autres temps. D'autres images s'imposèrent à son esprit.

 Le sentier conduisait alors à une montagne au pied de laquelle se trouvait un amoncellement de rochers. Elle s'arrêtait et se laissait envahir par les senteurs .

 

Une main se glissait le long de son cou. Un rire moqueur retentissait près d'elle, puis une voix grave murmurait: «  Tu te sens cap' de grimper ? Hein, ‘tite Abby ? On monte pour être tranquille, toi et moi ? »

 

Puis, des pas précipités, son cœur qui battait la chamade, comme une course folle, « attends-moi ! » mais le grand chien noir gravissait le flanc escarpé plus vite qu'elle et elle était trop essoufflée pour continuer. Deux yeux gris en amande la fixaient. Une mèche noire retombait sur son front. Sirius...

  Elle sentait les mains douces qui la hissaient vers lui. « Seuls, tous les deux.... Abby, si on pouvait se cacher ici pendant des jours et ne faire que s'aimer. Le reste du monde peut aller se faire voir.»

 

Elle cligna des paupières et réalisa que ses cils étaient humides. Sirius Black.

 Tant d'années avaient passé pourtant mais sa présence était encore une réalité dans ses lieux. Il avait imprégné ces lieux. Ses pattes

 de chien quand il se transformait. Les pattes de loup de Remus, une fois par mois à la lune ronde.

 Sirius. Remus. Ses amours.

 


A chaque pas qu'elle faisait, à chaque détour du chemin, elle pensait le revoir, lui et Remus, et puis tous les autres.
Ceux qui n'étaient plus, ceux qui avaient peuplé sa jeunesse. Ceux qu'elle avait aimé ou pas. Ceux qui faisaient partie de sa vie. Ceux qui qui n'étaient plus là. Et elle qui demeurait...

La Cabane Hurlante était toujours dressée ici, inutile. Les gens disaient pourtant qu'on y entendait toujours des fantômes ; la légende était tenace.

 

Abigail y avait donné rendez-vous à Eileen.

 

Bravant la force des souvenirs, elle entra, poussant la porte grinçante. Eileen avait veillé à l'ouvrir selon ses conseils. Car Abigail ne pratiquait plus la Magie.

 C'était une longue histoire et une longue peine. Et un grand danger pour elle, à présent.

 

Mais elle n'était pas ici pour se plaindre. Elle avait d'autres raisons. Dans la pièce poussiéreuse, une jeune femme de haute taille l'attendait . Ses cheveux foncés lui rappelèrent son amie Melinda. Un sursaut envahit Abby.

 Elle reconnut la petite fille devenue femme.

 Et sourit.

 

 

 

 

 

Eileen attendait dans la pièce depuis si longtemps, ce matin. Il lui semblait qu'elle ne sentait plus ni le froid, ni rien. Puis la porte craqua sur ses gonds et enfin, elle aperçut une petite silhouette emmitouflée. Eileen plissa les yeux et bondit presque. Et s'arrêta net.
- Abby ?
La femme qui se tenait devant elle était petite. Eileen avait oublié qu’Abby, sa seconde mère, était si petite. Elle ne savait plus comment faire, comment se comporter envers celle qu'elle cherchait depuis si longtemps.
- Abby, c'est bien toi ?dit-elle sottement.

 

Dans la pénombre d'ocre grisâtre, la femme qui se tenait devant elle paraissait beaucoup plus âgée qu'elle n'aurait cru. Sa silhouette s'était épaissie avec l'âge. Ses cheveux d'un châtain miel largement striés de blanc et de gris étaient retenus par une barrette d'argent. Le visage était pâle et las. Seuls les grands yeux dorés paraissaient très vivaces dans cet ensemble terne. Si terne et fatigué.

    - Abby, ça va ?

    - Je suis heureuse de te revoir, ma belle enfant . Un sourire franc passa. Un sourirre chaleureux, réconfortant. Abigail...

 Eileen ne douta plus. C'était bien elle, celle qu'elle considérait comme son autre maman, Abigail Dittany. Elle ouvrit les bras et reconnut ce parfum d'herbes folles qui entourait Abby, la guérisseuse. En arrière-pensée, elle eut un peu honte de son jugement hâtif : comment avait-elle pu regarder la mise et la silhouette d'Abby avec tant de sévérité ? Qui était-elle pour juger les gens, particulièrement ceux qu'elle aimait ? Eileen se sentit rougir. Elle pensa un instant qu'elle avait peut-être comparé Abby à sa propre mère biologique, Melinda, qui se montrait toujours si impeccable, si droite. Elle se rendit compte qu’ elle avait réagi comme le faisait souvent Melinda, avec cette attitude inflexible, cette façon de jauger les personnes sur une sorte d'échelle de la perfection.
O Déesse, elle ressemblait parfois tant à sa mère, elle ne pouvait le nier, maintenant !
Quand elle était adolescente, Eileen avait tenté d’enfouir ce qui venait de Melinda Lake, cette tendance à la rigueur qu'elle avait retrouvée plus tard en Minerva McGonagall. Toutes les deux étaient des sorcières formidables qui traversaient les années et les épreuves sans paraître en souffrir extérieurement, gardant une apparence impeccable. Même si elles ne laissaient pas transparaître leurs faiblesses, cette manière de garder le contrôle et de juger autrui leur conférait à elles deux un abord un peu strict – le même genre de distance légèrement artificielle qui les faisaient paraître inflexibles.

 

Eileen se mordit les lèvres et s'en voulut un moment. Melinda n'était pas Abby .
C'était justement cette différence entre les deux femmes qui leur avait permis de tisser le lien de la complicité et de renforcer leur amitié. C'était cela qui avait fait qu'Eileen s'était attachée à Abigail Dittany, la guérisseuse.

Elle la cherchait depuis si longtemps de par le monde, depuis le jour où elle avait disparu du monde des sorciers et apparemment du monde moldu aussi. Car Eileen était une enfant des deux mondes. Elle n’en avait renié aucun. Et pourtant, elle n'avait trouvé aucune trace d'Abby jusqu'à ce que celle-ci la contacte. Finalement.

    - Et bien, ma petite, je crois que nous sommes émues toutes les deux, fit Abby au bout d'un instant. Par la déesse, laisse-moi te regarder ! Tu es une femme splendide !

   - Je...Je ne sais pas quoi dire. Sauf que depuis hier, tu es la deuxième personne à me dire « ma petite ». Mme. Rosmerta l'a déjà fait . Je me sens redevenir une gamine....

 Abby eut un air pensif :
- Les Trois Balais et Mme. Rosmerta, décidément, certaines choses ne changent pas .
- Tu l'as connue aussi ? Quand tu étais ici, à Poudlard ? Tu sais, elle pense prendre sa retraite très prochainement...
- Oui, c’est logique . Mme. Rosemerta vit ici depuis longtemps. Mais je ne l’ai pas connue tant que ça, ni même Pré-au-Lard. Je n'ai eu la permission d'aller à Pré-au-Lard qu'en dernière année...

Une sorte de voile invisible passa sur le visage d'Abby. Même avec la faible clarté, Eileen devinait la tristesse comme une ombre qui aurait soudainement effacé les contours du visage de sa seconde mère. Son cœur se serra de ne pas réussir à comprendre la raison de ce brusque changement. Elle pensa que les événements du passé avaient quelque chose à voir – quelque chose qu'elle ne connaissait pas chez Abby. Perplexe, elle ne pouvait qu'attendre et peut-être espérer. Un jour, elle saurait enfin...

 Finalement, Eileen se décida.

  - Ne pourrions-nous pas parler en marchant ? Ici, c'est tellement poussiéreux et puis, un peu oppressant aussi.

  - Ah, tu sens ça aussi ! Soupira Abby. Pas la poussière, je veux dire. Cette ambiance...Tu sais que c'est ici qu'il s'est passé tant d'événements tragiques...

 Le visage d'Eileen parut refléter la peine d'Abigail. Puis en sortant de la Cabane Hurlante, comme si elle ne pouvait pas prononcer ces mots dans ces lieux, la jeune femme dit à voix basse :
- J'ai su pour mon père… Elle renifla un peu puis finit : - Il a été assassiné ici, je ne préfère pas savoir où exactement...Il a été tué par le serpent de Voldemort, ce Nagini.
- Severus ! Oh, j’aurais dû y penser avant de te faire venir. C'était très indélicat de ma part. J'avais oublié cette horreur . Pardonne-moi mon enfant…
Les deux femmes marquèrent un court arrêt puis reprirent leur marche en direction des arbres. Elles ne souhaitaient pas aller vers le village pour l'instant.
- Je ne t'en veux pas . Je sais que tu as connu mon père quand tu étais élève. Je crois qu'il avait de l'estime pour toi, alors qu'il n'aimait pas beaucoup de monde...Il n'aurait pas envoyé ma mère chez quelqu'un qu'il n'appréciait pas. Et c'est ce qu'il a fait en lui fournissant ton adresse, non ?
- Oui. Severus avait gardé un bon souvenir de moi. Et il a pensé que ta mère serait plus en sûreté dans ma maison. Il a eu raison. Ton père et moi n'étions pas véritablement des amis mais nous aurions pu Bien sûr, nous étions très différents alors ... Et puis, il n'a jamais vraiment su ce que je faisais avec Sirius.
- Qui était au courant , alors ?

 Abby se tourna vers Eileen, surprise par la question . Le vent faisait tournoyer des mèches encore claires et dorées autour de son visage .

   - Pour Sirius et moi ? Remus Lupin. Sinon, personne n'était censé savoir... Même si je pense que certains soupçonnaient quelque chose. Ils attendaient juste que la guerre contre Voldemort se termine. Le seul problème c'est qu'il y a eu trop de morts parmi nous. Quand tout a été terminé, il n'y avait plus personne pour se préoccuper de ce genre de détails , et puis, Sirius a été pris dans ce traquenard, il a été emprisonné, tu connais le reste de l'histoire, bien sûr : les années à Azkaban.

 Hochant la tête pour acquiescer, Eileen embraya :
- James et Lily Potter ont donné leur vie. Ils ne pouvaient plus parler. La protection du petit Harry est devenue la priorité. La chasse aux Mange-Morts a commencé, pour ce que ça a donné...Mais Sirius était l'ennemi public numéro Un. Jusqu'au jour où il s'est enfui . Il est revenu ici. Étant le parrain de Harry, ils se sont forcément rencontrés, et c'était ici ...- C'est le passé, Eileen .

 Abby balaya le paysage d'un grand geste :
- Tout ici me le rappelle. Tout semble avoir un lien…
- Tu veux dire qu'il y a un lien avec aujourd'hui ? Que tu es revenue dans ce but ?
Soudain, Eileen sentait qu'Abby ne l'avait pas contactée pour le simple plaisir de la revoir. Elle avait cherché encore et encore la trace d'Abby au fil de ses voyages durant ces dernières années et n'avait rien trouvé. Parfois elle pensait qu'elle aurait dû abandonner et se dire qu'Abby avait disparu pour de bon ; qu'elle n'était plus de ce monde, plus d'aucun monde du tout. Et pourtant, elle ne pouvait pas s'arrêter. Eileen avait besoin de savoir ; ce qui était arrivé à Abby, l’endroit où elle était, ce qui s’était passé.
- Abby, explique-toi ! Où étais-tu à la fin ?
- Ce n'est pas si simple, mon enfant, crois-moi. Mais je savais où te trouver.
- Si tu savais ...pourquoi ne me faisais- tu pas signe ?
Cela devenait énervant. Eileen sentait une pointe de colère monter en elle. Il lui semblait qu’elles avaient perdu trop de temps. Et pour quoi ?
- Je te l'ai dit : ce n'était pas simple . J'ai pu te ...localiser quand tu étais avec la fille de Martha Lovegood, Luna, n'est-ce pas ? Son mari et elle travaillaient alors sur l'étude des dragons, en Roumanie.
Subitement, Eileen comprit de quel voyage elle parlait :
- Oui, je les ai accompagnés car nous avions des informations sur les agissements bizarres des dragons. Nous avons parlé à Charlie Weasley. Mais je ne vois pas ce qu'il y a de notable dans ce voyage ?
- Il n'y a rien, à première vue.
Abby se tourna brusquement vers Eileen, un éclair surprenant dans ses yeux dorés :
- Eileen, je suis très heureuse de te revoir . Mais à présent, il faut que je parle à ta mère, Melinda ! Toi seule peut me mener à elle sans qu'elle se fâche contre moi…
Eileen respira longuement. Était-ce cela, la raison de l’appel d’Abby ? Elle voulait se réconcilier avec Melinda et elle, Eileen servait de passerelle, de hibou, en quelque sorte. Malgré elle, elle réprima la colère qui montait sourdement en elle.

- Voyons, elle ne t'en voudra jamais. Ma mère sera trop heureuse de te voir enfin !
- Ne crois pas ça... Pas après ce qu'elle va entendre. Eileen, ta mère ne sait pas ce qui peut arriver et je ne sais pas si elle m'écoutera jusqu'au bout... Tu dois m'aider !
- Tu penses que c'est si grave que ça ? Abby ? Tu ne pouvais pas contacter ma mère directement ?
Abby ne répondait pas, les yeux fixés sur les alentours.
- Je suis désolée, Eileen. Crois-moi. Mais c’est toi que je voulais voir plus que tout autre, en premier.
Elle se tut. Eileen eut un long frisson. Autour d'elles, le froid semblait s'intensifier. Elle avait beau savoir que les Détraqueurs avaient tous été bannis et enchaînés au moyen d'une puissante Magie, elle eut l'impression qu'ils étaient de retour.

- Tu penses que l’heure est grave à nouveau ?
- Oui, Eileen. Il y a des forces en mouvement qui laissent présager de grands bouleversements. A savoir s’ils seront heureux ou pas, je ne puis le dire.

- Je te crois, Abby.

 

 

 

 

 

 

 

 

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18/10/2013
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