NapalYsaLeya

NapalYsaLeya

Une année mouvementée - chap.10 : Des imprévus

 L'année mouvementée.png

 

 

 

 

 

 

- J’étais encore un jeune sorcier, commença Rob McGonagall, oui, j’étais jeune quand les partisans de Voldemort commencèrent leurs exactions. Puis cela s’intensifia. Au cours des années 70, la peur s’installa. Les Mangemorts s’en prenaient autant aux sorciers nés de parents Moldus, qu’à ceux qu’ils considéraient comme des traîtres. Et, bien sûr, ils commençaient aussi à tuer des Moldus. Ma famille faisait évidemment partie de ceux appelés « traîtres à leur sang ». Vous voyez, ma mère, Isobel, une sorcière puissante d’Ecosse avait épousé mon moldu de père. Et toute la famille du côté maternel défendait des valeurs humanistes, voire pro-Moldus. Le seul élément qui retarda les représailles contre notre clan fut l’évidente distance. Oui, notre famille est étendue et particulièrement disséminée dans les Highlands. L’Ecosse peut se montrer fort hostile à ceux qui ne la connaissent guère, voyez un peu l’Histoire des Moldus anglais sur notre territoire ! Il aura fallu la terrible défaite de Culloden pour nous mettre à bas, nous autres écossais...Mais je m’égare, Melinda. «- il fit une pause en esquissant un sourire d’excuse. Puis reprit :

- J’avais donc décidé de me battre contre les Mangemorts.  Ma sœur, Minerva, sans avoir intégré l’Ordre du Phénix, était très proche de Dumbledore. Même si je n’en faisais pas partie, j’étais déterminé à lutter moi aussi. Je voulais faire quelque chose de bien, d’utile alors que… disons que jusqu’alors, j’avais mené une vie de patachon, comme dirait ma soeur. A cette époque, j’étais un jeune insouciant. J’étais aussi très imprudent. Minerva disait souvent que j’étais comme un jeune chien fou ! Aussi, quand je me suis engagée dans la lutte contre le mage noir, n’avais-je pas mesuré toute la réalité de la tâche. Jamais je n’aurais pensé que nous allions avoir à lutter contre des troupes qui nous dépassaient de loin en nombre. Nous n’étions pas préparés. Non, nous ne l’étions pas du tout. Et nous avons subi des pertes terribles...»

Melinda émit un soupir. Elle avait connu cette partie de l’histoire puisqu’elle était née durant ces années sombres. Ses parents avaient péri durant la première guerre des sorciers. Pendant longtemps, Melinda avait fait des cauchemars, revivant ces instants tragiques. Et, même si elle avait été élevée et chérie par ses grands-parents maternels, ses deux parents lui manquaient encore et toujours. Elle hocha la tête quand on toqua à la porte du bureau de façon frénétique. Excédée par cette interruption, elle se leva brutalement et ouvrit la porte . Drazzie, l’elfe de maison, apparut, visiblement troublée. Elle se recroquevilla un peu plus sur elle-même et fit :

- Madame Melinda, c’est comme important, Drazzie avertir ! Elle bredouillait des mots sans signification apparente, tremblant de tous ses membres.

Melinda comprit que quelque chose d ‘urgent, voire de grave, était arrivé. Elle fit entrer l’elfe, lui permit de se jucher sur un siège et finalement, une fois que celle-ci eut repris son souffle et son calme, lui demanda de répéter lentement :

- C’est comme un problème d’elfes, madame Melinda ! Monsieur Fletcher est comme venu vous raconter ! Il a comme vu !

Cette fois, Melinda fronça les sourcils. Rob, qui avait écouté patiemment, prit alors la parole :

- Fletcher ? Tu veux dire, Mondingus Fletcher ?

Drazzie secoua énergiquement la tête en guise d’acquiescement :

- C’est comme Monsieur Rob dire !

Melinda demanda, intriguée :

- Vous le connaissez, Mondingus Fletcher ?

Rob réprima une grimace mais Melinda l’avait perçue : le frère de Minerva n’appréciait pas l’escroc.

- Disons que je l’ai croisé il y a bien longtemps, dit Rob en restant neutre. Il a rejoint l'Ordre du Phénix quand je cherchais moi-même à en faire partie…je n'en ai pas eu le temps, bien sûr....

- Pendant la première guerre contre Voldemort, ajouta Melinda. Avec le premier Ordre…

- J’ai cru comprendre qu’il y en avait eu un autre, mais je n’en sais pas plus, fit remarquer Rob McGonagall.

- On vous racontera. Mais, en attendant, je vais devoir régler ce contretemps en premier. Je vais devoir vous faire attendre, Robert.

Le sorcier se leva et s’inclina en portant une main à son cœur tout en disant :

- Je le fais volontiers mais promettez-moi une chose, Melinda…

Il regardait la jeune directrice droit dans ses yeux de pur émeraude, comme s’il voulait lui ouvrir son esprit, ou mieux, son âme. Elle soutint son regard sans trembler :

- Et quoi donc ?

- A l’avenir, veillez sur le jeune Potter…

Elle haussa les sourcils :

- Albus ? Que se passe-t’il ?

- L’enfant souffre. Ses camarades ne sont pas bienveillants. Et j’ai tout lieu de croire que personne dans sa famille ne veut le croire.

- Classique de l’adolescence, fit Melinda un brin désinvolte.

- C’est autre chose… Il …. Le sorcier s’interrompit puis : - Il est différent. Je l’ai ...senti, finit-il en hésitant.

Melinda soupira. Décidément, rien ne se déroulait comme elle l’aurait souhaité, aujourd’hui ! D’abord la visite de Rob, ensuite cette interruption qui la privait d’un récit qu’elle attendait avec impatience – et maintenant, Mondingus Fletcher débarquait ici. Elle demanda quand même :

- Différent en quoi, je vous prie ? Tous les adolescents se sentent uniques. J’ai un fils de bientôt dix-sept ans, j’en sais quelque chose !

- J’ose espérer que votre fils n’est pas confronté aux mêmes moqueries et humiliations que le jeune Potter. J’ose aussi espérer que vous l’écoutez comme vous écouterez Albus, n’est-ce pas ?

- Rob, je ne sais pas ce que vous croyez savoir mais je n’ai pas vraiment le temps, en cette rentrée, Minerva en mauvais santé et ….le reste ! - Elle s’apprêtait à lui révéler des éléments qui relevaient encore du secret aussi embraya-t’elle : - Je ne peux pas prêter une oreille attentive à chaque élève de cette école, simplement parce qu’untel se sent différent et qu’unetelle a quelque souci avec de jeunes idiots …

A ces mots, le sorcier se rembrunit et un peu sèchement, dit :

- Ce ne sont pas seulement quelques mauvaises blagues de la part de jeunes crétins comme vous dites. Si un enfant sort de la norme et est harcelé pour cela, alors, il est de notre devoir d’adulte de l’écouter, de …

- Je sais ! Explosa brusquement Melinda en tapant sur la table, faisant bondir la pauvre Drazzie : - Je sais, reprit-elle plus doucement, consciente de perdre son sang-froid. - J’ai fait partie de ces jeunes : j’étais différente ! J’ai découvert ma Légilimancie quand j’avais dix-huit ans et vous pouvez me croire, j’ai eu bien du mal à ne pas perdre mes amis les plus chers, alors ! Ma meilleure amie m’a rejetée un temps et je n’avais nul adulte, nul parent pour m’écouter ...- « sauf Severus, peut-être » ajouta-t’elle mentalement. Et à ce souvenir, elle rosit légèrement.

Rob lui sourit à demi en retour. Elle ne sut ce qu’il avait compris, ce qu’il devinait aussi chez le jeune Albus. L’enfant était étrange et peu aimé, c’était vrai, mais comment pouvait-elle s’occuper de chacun ? Alors qu’elle avait dû prendre la responsabilité de l’Ecole entière sans compter le projet de cette année à mettre en place ? Soudain, elle se sentit plus démunie que jamais… Si seulement elle avait encore Minerva auprès d’elle ou une aide, ô Déesse, n’importe quelle aide ! Et alors qu’elle cherchait désespérément une réponse, alors qu’elle se heurtait comme un insecte qui se cogne sans fin en tentant de trouver l’issue, son regard se porta sur l’homme qui lui faisait face.

Il était là, debout, solide, les yeux francs. Il restait calme sans tenter de la contrarier ou de la réconforter. Et même si elle décelait une part de mystère en lui, elle sentait depuis le début de leur rencontre qu’elle pouvait lui faire confiance. N’avait-il pas dit qu’il avait connu Abby ? Qu’ils s’étaient enfuis ensemble, de cet endroit dont il hésitait à lui parler ? Si Rob avait reçu la confiance d’Abigail Dittany, alors elle pouvait en faire de même.

Cette pensée s’ancra dans son cerveau, claire, limpide, déterminée. Et cela suffisait pour l’instant pour la faire sortir de cette nuée de responsabilités et de désespoir. Elle respira longuement et releva la tête :

- Enfin, je vous crois au sujet d’Albus. Même si mon temps est limité, je crois voir une solution. Vous avez su gagner la confiance de l’enfant.

- J’ai été honnête avec lui.

- Bien. Elle se tut et se lança : - Rob, voulez-vous m’apporter de l’aide cette année ?

- Quoi, ici, à Poudlard ? Fit-il à la fois étonné et amusé. Je pensais que vous aviez toute l’école en main...une main ferme...osa-t’il.

Melinda reçut la pique mais ne se détourna pas. Elle rit un peu :

- Vous savez, mon mari dit souvent de moi que je dois apprendre à lâcher du lest, à savoir m’entourer des autres et à arrêter de penser que tout est forcément ma responsabilité…

- Un homme sage, votre mari…

- C’est le cousin d’Abigail, lança-t’elle brusquement. Le saviez-vous ?
Rob écarquilla les yeux puis :

- Je l’ignorais mais Abby et moi avons eu fort à faire. Elle n’a pas eu le temps de me détailler son arbre généalogique. Mais je sais une chose : elle tient à vous, elle vous soutient, Melinda.

La jeune directrice eut un pauvre sourire :

- Et elle n’a pas encore tenté de me joindre. Elle a préféré reprendre contact avec ma fille en premier.

- Abby m’a aussi parlé d’Eileen, sa fille de coeur.

Melinda hocha la tête :

- C’est vrai. Je n’aurais jamais su m’en sortir seule avec un enfant, sans Abby. Elle a été une seconde maman pour Linn.

- Alors, vous avez compris. Je suis certain qu’Abigail va reprendre très vite contact avec vous, maintenant. Et avec votre mari, son cousin, conclut-il.

- Que je devrais plus souvent écouter, plaisanta Melinda. M’aiderez-vous, alors ?

Un instant, le silence se répandit sur la pièce, à peine troublé par les frottements des pieds de la petite elfe de maison sur le tapis. Drazzie écoutait patiemment.

- Si Abby est aussi avec nous, je pense que nous formerons une équipe redoutable. Je vous soutiendrai, Melinda.

Melinda sentit la tension quitter ses épaules :

- Merci. Espérons qu’ Abby me contacte bientôt…

Un toussotement se fit alors entendre.

- Oui, Drazzie ?

- C’est comme vouloir dire aussi, Drazzie a un autre message à apporter à vous, Ma’ame Melinda. C’est comme votre fille être à Pré-au-Lard. C’est comme me dire, Drazzie, je veux voir ma mère. Avec ma’ame Dittany.

Melinda s’accrocha au rebord du bureau. Tout se bousculait aujourd’hui. Elle mit ses sentiments de côté, consciente que l’ascenseur émotionnel était trop fort. Elle s’efforça de garder la tête froide. Elle aurait le temps de réagir plus tard.

- Voilà bien du monde qui veut me voir ! Mondingus Fletcher ...

- C’est être bien en urgence, il faut comme vous dépêchez, ma’ame Melinda…

- Oui, nous le recevrons en premier . Puis Eileen et Abby….

- Nous ? Fit Rob, interrogateur.

Melinda le fixa :

- Vous avez bien entendu. Bienvenue à bord de l’équipe de direction de Poudlard, Robert McGongall Junior !

 

 

A SUIVRE

 

 



12/11/2018
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 18 autres membres