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Une année mouvementée - chap.11 : Mondingus Fletcher

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L’homme qui entra dans le bureau était petit et vêtu d’un assortiment de vêtements disparates, dans les tons gris et verdâtres. Il portait une sorte de cape de voyage garnie de grandes poches, qui avait connu des jours meilleurs. Ses cheveux roux et blancs laissaient entrevoir des parties de son cuir chevelu. Il avançait comme s’il clopinait un peu.

Melinda ne put s’empêcher de retenir son souffle : Mondingus Fletcher dégageait une odeur de vieux tabac froid mêlée de moisi. Cela sautait au nez et à la gorge et elle se sentit brusquement l’envie d’ouvrir l’une des fenêtres du bureau. Elle esquissa un sourire en lançant un sort qui déverrouilla l’une des fenêtres.

Ma’ame, fit l’homme .

Bonjour, Mondingus ! Asseyez-vous, mettez-vous à l’aise, répondit Melinda heureuse de faire entrer l’air pur dans la pièce soudain envahie par les remugles dégagés par le nouvel arrivant. Vous vous connaissez, je crois ? ajouta-t’elle en direction de Rob.

C’était il y a longtemps. Je suis Rob...

McGonagall ! s’exclama Fletcher en lui serrant la main, la mine ravie. C’est bien toi, vieille branche ? Y avait des rumeurs comme quoi t’étais revenu d’entre les morts, et ben, c’était vrai !

Melinda observa les deux sorciers se saluer en dissimulant un sourire face aux manières de Fletcher. Le vieil escroc avait toujours été très critiqué par le monde sorcier. Le ministère le tenait à l’oeil depuis des années. Car Mondingus ne reculait devant rien pour faire profiter son petit business qui était principalement illégal même si récemment, il s’était fait discret. On disait qu’il était parti à l’étrange r. Melinda avait appris de la bouche de John McGarrigle, qui travaillait au ministère, que Fletcher était employé secrètement pour espionner. Aussi était-elle surprise qu’il désire la voir de toute urgence. Il aurait été logique qu’il file en référer à ses employeurs et non à elle. Elle ne savait pas à quoi s’attendre de la part du vieil escroc.

Alors que les deux sorciers échangeaient des politesses, Melinda en profita pour jeter un coup d’œil discret en direction des tableaux des directeurs et directrices de Poudlard . Albus Dumbledore semblait absent de son cadre mais Severus était là, bien éveillé. Il semblait la regarder avec insistance et quand elle fronça les sourcils en sa direction, il fit un léger signe de la tête. C’était évident : le Severus du cadre désirait lui parler. Melinda hocha la tête vers lui seul puis s’apprêta à écouter Mondingus Fletcher. Elle se dit qu’elle avait tout intérêt à faire montre de patience car le lascar ne lui disait rien qui vaille – mais elle tâcherait de mettre ses a priori de côté.

Et bien, Mondingus, vous aviez quelque chose à me dire ?

Le sorcier fit un petit bond sur sa chaise en se tournant vers la jeune directrice :

Je veux, mon neveu ! s’écria-t’il. Puis conscient des regards surpris, il se reprit : - Mouais, enfin, je veux dire que, oui, plutôt deux fois qu’une ! Et ça urge, autant vous le dire Ma’ame…

Melinda suffira, abrégea la jeune directrice. Allez-y, Mondingus, venez en aux faits !

Le sorcier se carra sur sa chaise et prit un air important avant de lancer :

C’est la révolte, figurez-vous ! La grosse rébellion ! Bientôt le chambardement, un foutu bololo !

Melinda jeta un coup d’œil surpris à Rob McGonagall qui se retenait pour ne pas rire.

Pardon ? Un… bololo ?

Ouais, dans not’ langage, à nous les …. enfin, les anciens, hein ! Ahaha ! Le bololo, c’est le bazar, le boxon, le bord…

J’avais compris, cette fois, le coupa abruptement Melinda. Elle n’avait pas besoin de leçons d’argot, fut-il celui de la pègre sorcière, ni de déluge de jurons pour comprendre qu’il y avait bien des remous en cours. Et de cela, elle se doutait fortement. Mais la question était encore de savoir qui fomentait ces troubles.

Pouvons-nous savoir qui exactement se révolte ? Interrogea Rob, prévenant la question de Melinda.

Ahhhh, soupira le vieil escroc bruyamment. Ahhh, ça, j’parie que vous donnez vot’langue au dragon, hein ?

Ne nous faites pas attendre si urgence il y a, l’interrompit Melinda en prenant conscience qu’elle s’exprimait à la façon de son ancien directeur, Albus Dumbledore : – au fait, Mondingus !

Le petit homme fourragea un instant dans sa tignasse avant de se racler la gorge sans élégance.

C’est les gobelins, et pis, les elfes ! Tout un bord...un bololo !

Si la déclaration de Mondingus surprit Melinda et Rob, elle provoqua une réaction beaucoup plus vive chez Drazzie. La petite elfe était restée assise sur le grand tapis que Minerva avait fait placer dans le bureau des directeurs plusieurs années auparavant. Dès qu’elle entendit le mot « elfes », elle glapit et fit un bond qui fit se retourner les trois sorciers.

Drazzie, que se passe-t’il  ? Demanda aussitôt Melinda.

L’elfe changea presque de couleur, prenant des teintes d’un rosé vif, ses gros yeux plus écarquillés que jamais et commença à balbutier :

Les elfes… ma’ame, m’sieur, c’est comme dire Drazzie, c’est comme mauvais, vraiment mauvais…

La pauvre était plus incohérente que jamais. Mais visiblement, elle était secouée par l’émotion. Melinda chercha ce qui pourrait calmer la petite elfe et tourna la tête en vain. Une voix basse et froide s’éleva d’un des tableaux :

Melinda, un morceau de gingembre confit et une décoction de lavande, c’est ce qui convient à .. .leur espèce.

Bien dit, Severus, ajouta la voix d’Albus Dumbledore. Je n’aurais pas fait mieux moi-même.

Alors que la petite créature continuait à délirer, tellement énervée et secouée émotionnellement qu’elle en roulait sur le tapis, Melinda sortit sa baguette magique :

Accio tasse ! Accio lavande ! Fit-elle à mi-voix.

Un bouquet de lavande séchée vola dans les airs puis, sous les ordres de la jeune directrice, alla se poser au fond de la tasse posée sur la table.

Aguamenti, ordonna Melinda. Le mug se remplit d’eau et engloutit la lavande qui tourbillonna un instant dans la tasse.

Caloris, termina-t’elle. L’eau se mit à frémir puis à bouillonner. Melinda attendit un instant puis fit cesser l’enchantement.

Voulez-vous du sucre ? Demanda Rob McGonagall. Il farfouilla dans la sacoche qu’il avait emmenée avec lui et en sortit deux gros morceaux de sucre candy . - Gingembre, ajouta-t’il. Et sous le regard amusé de Melinda, il produisit une part de gingembre confit.

Et bien, vous emmenez vos provisions, Rob, s’amusa Melinda.

On ne sait jamais, en voyage, on risque de manquer de glucides, parfois !

Melinda se leva et alla porter le tout à Drazzie allongée sur le tapis.

Vous devrez la maintenir, Melinda, conseilla le tableau de Severus. Les elfes fortement touchés par une émotion ont tendance à se débattre voire même à entrer en convulsions.

Avec un bref regard au tableau, Melinda hocha la tête :

C’est la dernière chose que je souhaite aujourd’hui. Rob, pouvez-vous m’aider, s’il vous plaît ?

Le frère de Minerva se leva et s’empressa de venir s’agenouiller sur le tapis aux côtés de Melinda.

Placez votre main ici, tâchez de la contenir, oui, c’est cela, indiqua Melinda. Je vais lui faire avaler un peu d’infusion.

Le spectacle devint assez comique : on pouvait voir deux sorciers adultes, courbés au-dessus d’une petite elfe qui se tortillait en tous sens.

Je ne pense pas que ce bureau ait vu se dérouler un tel spectacle depuis longtemps, fit remarquer le portrait d’Albus Dumbledore. Il a été le témoin de bien des scènes étranges mais ceci est inédit !

Oh, Albus, vous ne savez pas tout ! De mon temps, un Niffleur s’était introduit ici et avait déniché tout ce qui brillait ! J’ai eu grand peine à lui faire lâcher ma montre-gousset ! C’était un beau désordre, croyez-moi ….

Des rires s’élevèrent des tableaux. Dumbledore reprit :

Bien sûr, il y a bien eu la tentative ridicule d’arrestation …

Et votre escapade grâce à Fumseck, le phénix, nous avons tous été les témoins de cette histoire, Dumbledore, remarqua Dilys Derwent.

Pendant ce temps, Melinda avait réussi à faire avaler quelques goulées de la décoction à la petite elfe qui avait cessé de se débattre et de prononcer des mots sans suite. Elle ouvrait de grands yeux pleins de larmes.

Le gingembre, Melinda, glissa Rob. Je pense que le sucre va l’aider.

Allons-y… Tiens, Drazzie, mange un peu…

La petite elfe de maison s’empressa de mordre dans carrés enrobés de sucre. Les larmes cessèrent et elle parvint à s’asseoir. Sa respiration jusqu’alors saccadée reprit un rythme plus lent. Finalement, elle fut capable de dire :

Merci, Ma’ame Melinda, c’est comme sauver Drazzie…. Drazzie c’est comme désolée… C’est réaction ancienne…

Tu peux remercier le professeur Rogue, je crois, fit Melinda avec un sourire en direction du tableau. Severus, j’ignorais que vous en saviez autant sur les elfes…

Des applaudissements discrets jaillirent des portraits. Celui de Rogue prit la parole comme si de rien n’était :

C’est une réaction qui s’est mise en place suite aux conditionnement des elfes vis à vis des sorciers. Rappelez-vous, longtemps les elfes ont été obligés de servir les familles de sorciers … Ils devaient se punir si jamais ils transgressaient l’une des règles de leur « famille ». Ils ne pouvaient en aucun cas dire du mal de leur famille, ou désobéir… Je ne parle pas de révolte !

Et donc, ce comportement s’est inscrit en eux ? C’est impressionnant : ils sont donc encore conditionnés...

Le Severus du tableau hocha la tête :

Lorsque les elfes furent libérés après la bataille Poudlard, nombre d’entre eux furent désemparés. Ils ne savaient pas, ne pouvaient pas être libres. Un enchantement aussi fort, un lien aussi puissant magiquement avait transformé leur espèce. La solution qui demeure pour un elfe prétendant à se rebeller est cette réaction émotionnelle très vive : certains sont décédés des suites de convulsions…

Drazzie hochait la tête de façon frénétique tout en mâchonnant le gingembre. Melinda se redressa. Elle était perplexe :

- Pourtant, vous venez de parler d’un mouvement de révolte, Mondingus ? Incluant des elfes ? Mais comment est-ce donc possible ?

Le petit homme se rengorgea, satisfait d’être à nouveau le centre de l’attention :

Ah, mais c’est là que les gobelins et les ogresses entrent en jeu !

Les ogresses ? Intervint Rob en se levant à son tour et en époussetant sa robe.

Oui, celles qu’on appelle les « hags » dans notre folklore. Les plus terribles telles que Babayaga, Leticia Somnolens ou Malodora Grymm sont même connues des Moldus, dans leurs histoires.

Et que viennent-elles faire avec les elfes et les gobelins ? Intervint Melinda. Elle commençait à trouver cette histoire de rébellion assez abracadabrante. Ou très menaçante.

Les ogresses connaissent des enchantements qui délivrent provisoirement les elfes du conditionnement envers les sorciers. J’les ai vues, ma’ame Melinda, dans la forêt de Dean. Les elfes écoutaient un de leur chef et croyez-moi, c’était du sérieux ! ajouta-t’il.Le gonze envoyait du lourd, parbleu ! Prendre les armes, marcher contre nous aut’. V’voyez l’tableau ?

Melinda sentit un frémissement parcourir sa peau. Elle n’était pas sujette aux pressentiments mais elle aurait presque cru à l’un d’entre eux.

M’sieur Fletcher est comme avoir raison, renchérit Drazzie, encore tremblante. C’ est comme avoir entendu des tas de rumeurs ! Jamais jamais Drazzie a comme voulu les rejoindre, les rebelles ! C’est mal, c’est dangereux, maîtresse Melinda. Y va avoir comme du grabuge, Drazzie est comme certaine...

Rob et Melinda se regardèrent, effarés par les nouvelles. Melinda la première reprit ses esprits :

Je vous crois, Mondingus. Mais pourquoi êtes-vous venu me voir en premier ? Pourquoi ne pas alerter le ministère ?

Le petit sorcier tortilla sa cape de voyages maculée de taches et fit :

Mais parce qu’ils menacent de s’en prendre à l’école ! Ils veulent frapper un grand coup ! Et quoi d’mieux que les jeunes sorciers et l’école de Poudlard ? Hein ?

Vous d’vez faire ultra-gaffe, ma’ame !

Les tableaux s’agitèrent à l’écoute des nouvelles. Melinda sentit sa gorge se serrer. Tout lui tombait dessus, décidément. Que devait-elle faire ? Avertir le ministère pour qu’il dépêche des Aurors à la défense de l’école ? Annuler tous les projets pour l’année à venir ? Elle soupira, accablée :

C’est le pompom, décidément…

Vous l’avez dit, vous avez besoin d’une équipe, fit Rob. Une équipe forte…Je suis là, Melinda, ajouta-t’il gentiment. Les tableaux ne furent pas en reste :

Nous en sommes ! Nous vous aiderons !
Ce fut une belle cacophonie au milieu de laquelle on put distinguer des :

Non au désordre ! Pas de grabuge ! Stoppons le bololo ! Halte aux belliqueux !

Au milieu du brouhaha, Melinda décela la voix grave de Severus :

Je serai là pour vous et Eileen et tous ceux qui se joindront à vous, Melinda. Je serai toujours là.

Elle se sentit soulagée. Finalement, elle ne serait pas si seule. Cela lui fit chaud au coeur. Une autre voix retint son attention :

Vous devriez recevoir Abigail, maintenant puis en parler à Minerva, intervint le ton docte d’Albus Dumbledore.

Abby ! Eileen ! Elle les avait presque oubliées avec ce déluge de mauvaises nouvelles.

Alors c’est parti, fit Melinda, à la fois anxieuse de voir sa tâche se compliquer et déterminée à la lutte.

 

 

A suivre

 

 

 



07/01/2019
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