NapalYsaLeya

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Une année mouvementée - chap.15 : L' équipe de résistance

 

 

 

 

La vieille dame les attendait dans son salon, un plaid recouvrant ses genoux. Ses joues avaient repris des couleurs et ses traits étaient plus détendus ; doucement, Minerva McGonagall se remettait de son attaque cardiaque. Lorsqu’elle aperçut Abby, elle se leva, un franc sourire sur son visage austère :

Mon enfant, je suis tellement heureuse de te revoir, je n’ai pas de mots pour exprimer ma joie …

Les paroles de Minerva paraissaient presque incongrues dans sa bouche. Minerva, émue ! Presque au bord des larmes ! Melinda avait du mal à le croire. Et pourtant, cela se passait là, sous ses yeux. Revoir Abigail, retrouver la guérisseuse après tant d’années avait provoqué l’émotion chez tous et toutes. D’abord Eileen, puis elle, Melinda, enfin, Minerva. La jeune directrice de Poudlard pensa que le coup serait encore plus rude pour Rufus, son mari et le propre cousin d’Abigail.

Ah, Rufus ! Elle ne pouvaitt s’empêcher de gamberger. Dans quoi Rufus était-il allé se fourrer ? Devait-elle douter de lui, remettre en cause leur relation de confiance ? Melinda tenta d’évacuer ces sombres pensées et de se focaliser sur l’instant présent mais elle était perturbée.

Je crois que j’ai mon lot d’émotions fortes, en ce moment, avoua McGonagall en se rasseyant et en se tapotant les yeux avec un grand mouchoir à carreaux de tartan. Ce « malaise », puis la réapparition de mon frère, et enfin, toi, Abigail. Je me prends à me demander qui je vais voir revenir d’entre les morts, à présent – non que je te croyais morte, Abigail. Je te pensais disparue, perdue à tout jamais…

Et j’étais vraiment égarée, Minerva. J’aurais tant aimé vous revoir plus tôt...

La vieille dame hocha la tête :

Mon frère Rob m’a plus ou moins parlé de là où vous étiez tous les deux… C’est effrayant ! J’ai peine à croire que les sorciers qui ont fondé ce...cet endroit soient vraiment emplis de bonnes intentions.

Abby jeta un coup d’œil entendu à Melinda qui lui fit un signe en retour. La jeune directrice avait écouté le récit de son amie durant ces dernières heures mais elle se doutait qu’il y avait bien plus à découvrir sur ces Majs, comme ils se nommaient eux-mêmes. Elle avait entendu et deviné le reste, ce qu’Abby n’évoquait que brièvement : les privations, les règles, la discipline, le manque de vie privée, les abus, les punitions, le manque de libertés. Il fallait peu d’imagination pour se représenter le tableau : ces gens agissaient comme certains Mange-Morts en leur temps – ou comme les fondateurs des sectes moldues. Melinda en avait souvent entendu parler et cela lui flanquait le frisson de savoir que son amie avait vécu ces horreurs. Elle se doutait que celle-ci n’aurait pas survécu si elle n’avait pas réussi à trouver le chemin du retour. La rencontre entre Abby et Rob McGonagall avait été leur planche de salut : les deux sorciers s’étaient soutenus mutuellement, jusqu’à se redonner la force d’espérer et d’enfin, envisager la fuite. Melinda trouvait que le frère de Minerva était un être complexe, qui cachait sûrement encore une partie de sa vie, là-bas. Mais elle voulait croire Abby qui avait confiance en lui. Ensemble, elles avaient traversé bien des difficultés, elles avaient appris de mauvaises nouvelles, elles avaient pleuré, ri, ensemble et avaient tenté de se consoler quand le monde semblait s’écrouler autour d’elles. Elles pouvaient compter sur la loyauté de l’une comme de l’autre.

Minerva continuait à s’adresser à Abigail :

Quelle chance que vous vous soyez trouvés, Rob et toi !

C’est certain, Minerva. Pendant longtemps, nous ne savions quoi faire… Nous ne comprenions pas ce qui nous arrivait. Et puis, nous n’avions aucune notion du temps qui s’écoulait dehors – c’est-à-dire, ici, dans notre monde. C’était déroutant…

La vieille dame eut un air songeur :

J’avais entendu des rumeurs, sur la présence de mondes en parallèle avec le nôtre et qui suivent d’autres lignes temporelles. C’est un très haut niveau de magie, quelque chose de fort complexe. On dit parfois que les fondateurs de Poudlard ne sont pas tous morts, par exemple.

Comment ? C’est la première fois que j’entends ça ! s’exclama Melinda. Abby lui sourit :

C’est une ancienne légende, Mel. On raconte ces histoires comme on chante la ballade des Trois Frères…

Cependant, Minerva corrigea :

Même la ballade des Frères n’est pas qu’un mythe ni même un conte pour les enfants, Abby ! Elle est basée sur une véritable histoire !

Comme toutes les mythologies, non ? Fit Melinda. Par contre, je n’avais pas connaissance de ces rumeurs autour des fondateurs de Poudlard ! On en entend de belles, pourtant, au château, entre les fantômes et les inventions des élèves … Ils ne seraient pas morts ? Mais qu’ont-ils fait ? Avalé une potion d’immortalité ?

Minerva pinça les lèvres, un air légèrement désapprobateur sur le visage :

Voyons, Melinda , ne soyez pas absurde ! Vous êtes bien placée en la matière pour savoir qu’une chose comme la potion d’immortalité n’existe pas ! Certains ont cherché des moyens pour tromper la mort mais, à part la retarder, ils ne sont pas parvenus à accéder à l’éternité ! Voyez Voldemort…

A ce nom, les trois femmes réprimèrent à peine un grand frisson.

Il y avait longtemps que je n’avais entendu ce nom…. Il me rappelle des souvenirs douloureux, fit Abby, la voix altérée.

Heureusement, c’est derrière nous ! s’exclama Melinda, en croquant dans un biscuit chocolaté comme si le sucre allait combattre seul l’impression de froid et de peur qui venait de s’abattre dans la pièce en un seul mot. Abigail fit de même : Remus Lupin conseillait souvent de croquer un carré de chocolat après avoir été exposée aux forces obscures. Melinda échangea un regard lourd de sens avec Abby. Oui, ces jours étaient loin mais ils contenaient ce qui avait été la jeunesse. Ils étaient emplis de sentiments divers, dont l’amitié. Et l’amour.

Minerva brisa le silence qui s’était instauré :

Au vu des derniers événements, je me demande parfois si nous n’entrons pas une nouvelle fois dans une nouvelle époque troublée…

Abby et Melinda se regardèrent. Toutes deux pensèrent que la vieille dame avait vu juste.

Je le crains, avança Melinda. Mais qui est l’ennemi que nous allons devoir vraiment affronter, voilà qui est encore confus !

Comme vous y allez, Melinda ! Un ennemi ! s’écria Minerva. Et qui menacerait-il ?

Après un nouveau regard à Abby, la jeune directrice se jeta à l’eau :

Nous savons que les créatures magiques comme les elfes de maison, les gobelins, des ogresses et même les créatures aquatiques se rassemblent et fomentent des troubles. Et beaucoup se liguent contre les porteurs de baguettes.

En êtes-vous certaine ? McGonagall avait pâli.

Alors, Melinda rapporta les faits collectés sur place par Mondingus Fletcher. Elle passa sous silence le rôle probable de son mari Rufus. Avant toute chose, elle désirait écouter ce qu’il avait à lui dire. Elle lança un coup d’œil à la pendule murale : Rufus était en retard d’une bonne heure. Cela ne la tranquillisa pas.

Je trouve cela inquiétant, déclara Minerva, la voix tremblante. Je n’ai aucune envie, à mon âge, de devoir affronter une nouvelle guerre. Ni de vous voir, vous, les plus jeunes lutter une fois de plus.

Melinda fut émue par les propos de la vieille professeure. Elle capta l’attention d’Abby discrètement et vit que son amie était elle aussi touchée. Non, personne ne souhaitait s’engager dans un nouveau combat mais si la lutte était inéluctable, alors elle se tiendrait prête, elle ne se déroberait pas. Du coin de l’œil, elle vit Abby se redresser sur sa chaise. Ses cheveux gris et dorés lui donnaient un air de sagesse et de bravoure qu’on trouvait sur les peintures anciennes. «  Une guerrière, une prêtresse », pensa Melinda. Toutes deux étaient déterminées, quoiqu’il arrivât.

Soyez assurée de notre engagement, Minerva, commença Melinda.

Oui, nous serons là, nous ne laisserons pas le chaos s’installer, renchérit sur le même ton Abby.

Mes enfants, on a l’impression que vous partez en guerre ! s’écria McGonagall . Mais loin d’être effrayée par cette perspective, elle semblait revigorée. Je suis fière de vous deux !

Et de moi, tu ne l’es pas ? Fit une voix sur le seuil du salon.

Rob McGonagall était arrivé. Il arborait un sourire malicieux.

 

Ah, c’est toi, Robert ! s’exclama Minerva. Je crains que tu ne sois en retard, non ? Fit-elle en s’adressant à Abby et Melinda.

Les deux femmes se levèrent en même temps pour saluer le nouvel arrivant et installer une nouvelle chaise près de Minerva. Rob s’y assit après avoir accroché sa cape au porte-manteau du corridor. Il accepta la tasse de thé que Melinda lui tendit puis :

Je vous prie de m’excuser. Melinda, j’ai bien eu votre message à temps ! J’ai pris bien soin de suivre vos instructions…

Minerva fronça les sourcils : que complotait son frère avec la jeune Melinda ? Mais elle n’eut pas le temps de demander des explications que son frère se tournait vers Abigail :

Abby, je suis heureux de te revoir en bonne forme !

Et moi de même, Rob, répondit la guérisseuse avec douceur.

Visiblement, ces deux-là partageaient une certaine complicité. Melinda écourta leur échange :

Nous en étions à élaborer une sorte de plan, Rob !

Pour contrer les elfes révolutionnaires et les gobelins rebelles ? Demanda Rob, un sourire en coin.

Ne prends pas ça à la légère, mon frère ! La menace devient sérieuse ! Melinda a entendu que des groupes voulaient menacer Poudlard !

L’interruption de McGonagall assombrit brutalement l’ambiance. Ils n’étaient pas là pour faire la causette autour d’un thé ; ils étaient là pour constituer une équipe.

Soudain sérieux, Rob se pencha en avant et demanda :

Comment nous y prenons-nous ?

Melinda inspira un grand coup et commença :

En premier lieu, je vais devoir faire plusieurs arrangements dans le programme de cette année à Poudlard…

Le programme ? Objecta Abby, surprise. Elle se tourna vers Rob qui fit « non » de la tête. Tous deux ignoraient de quoi il s’agissait.

Après avoir consulté la vieille directrice du regard, Melinda se lança :

Vous devez savoir que nous avions prévu d’organiser une nouvelle version du Tournoi des Trois sorciers cette année.

Abby et Rob poussèrent des exclamations d’étonnement. Depuis le fameux Tournoi des Trois Sorciers auquel avait participé Harry Potter plus de vingt ans plus tôt, Poudlard n’avait jamais osé mettre en place un nouvel événement de ce type. Celui dont tout le monde se souvenait s’était conclu de façon tragique et par le retour du mage noir, Voldemort. D’autres compétitions avaient eu lieu entre les écoles de sorciers d’Afrique, d’Amérique et d’Asie mais le continent européen n’en avait plus abrité une.

Évidemment, tout cela était censé être une surprise, bien sûr, mais par les temps qui courent, je préfère vous en informer et prendre les devants.

Tu ne vas pas tout annuler ? Fit Minerva.

Non, cela paraîtrait suspect… Il y a de fortes chances que nos opposants nous surveillent… Ils sont bien renseignés, c’est la conclusion que j’en ai tirée avec Mandingues Fletcher. Non, je vais simplement changer les modalités… Les délégations des autres écoles sont déjà prévenues : nous accueillerons des groupes restreints. Et les épreuves seront reportées. En échange du désagrément, nous proposons aux participants de partager notre quotidien à Poudlard. Puis nos élèves partiront s’instruire pour la même durée dans les écoles participantes.

Bien vu, Melinda,s’exclama Rob.

Comme une sorte d’échange scolaire ! Remarqua Abby.

C’est le principe. Nous n’envisageons aucune épreuve avant que la menace ne se soit dissipée.

C’est plus sage, fit McGonagall, soulagée que les élèves soient à l’abri d’éventuels troubles.

Ce n’est plus le tournoi des trois sorciers, c’est l’échange des trois écoles, alors ! s’écria Rob.

La formule plut aussitôt aux autres. Elle fut adoptée. Un instant, la menace diffuse leur parut s’éloigner. Mais ils revinrent bientôt dans le vif du sujet.

Et pour les rebelles ? Quoi de neuf de leur côté ? En sait-on plus ?

Melinda annonça ce qu’elle savait. Elle avait conscience depuis plusieurs minutes de se poser en leader d’un groupe :

Mondingus est sur l’affaire. Drazzie, l’elfe qui a sauvé Minerva, infiltre en ce moment le groupe des elfes de maison. Je n’ai personne pour parlementer avec les gobelins et les ogresses, pour l’instant... Je veux en découvrir plus sur le chef des elfes, un certain Nabry, avant de l’approcher. Et nous allons surveiller les sorciers qui s’opposent au port de la baguette.

Je veux bien m’y coller, fit Rob.

Non, Rob. Je vous ai gardé un autre rôle mais je tiens à ce vous fassiez attention: Mondingus vient de m’envoyer un message me signalant que des intervenants extérieurs à notre monde seraient impliqués.

A ces mots, Abby pâlit :

Non ! Je…

Melinda regarda son amie. Ce qu’elle avait à lui dire à cet instant lui coûtait : elle savait qu’elle allait troubler sa tranquillité retrouvée. Le cœur lui serrait rien qu’à prononcer les paroles fatales :

Ce sont les Majs...

Nom d’un foutu sang de dragon ! Jura Rob.

Abby resta silencieuse. Elle baissa la tête et serra ses deux mains l’une contre l’autre. Melinda avait envie de la serrer dans ses bras, là, tout de suite.

Reste poli, mon frère, et laisse finir Melinda, intervint Minerva, courroucée.

Selon les informations de Fletcher, il serait question d’un certain Emel-quelque chose.

Emeldrin ! s’écrièrent Abby et Rob en chœur. La peur se lisait sur leurs visages. C’était une ombre de terreur que Melinda avait rarement croisée, une onde effrayante qui terrorisait les êtres. Seuls les rescapés de Voldemort et des ses partisans arboraient ce genre de stigmates.

Je pensais ne jamais le revoir… fit Abby, chamboulée. C’est lui qui m’a… recrutée, il y a des années. C’était aussi mon geôlier…

Et tortionnaire, finit Rob, sombrement.

Troublée, Melinda fit d’une voix ferme malgré ses craintes :

Et bien, nous savons au moins à qui nous avons à faire ! Maintenant, voilà ce que nous allons faire…

 

Ils établirent tous les trois un plan sur les prochains jours . Plusieurs Aurors étaient déjà en charge de sécuriser le Château. Mieux valait être prévoyant . Dès la rentrée des vacances, les élèves étrangers arriveraient à Poudlard. Melinda devait se charger, avec l’équipe des professeurs de Poudlard, de toute l’organisation : hébergement, cours, présentations. Et sécurité, bien sûr !

Rob serait chargé de se rapprocher des sorciers qui protestaient contre l’usage des baguettes magiques. Minerva devait aussi prendre contact par hibou avec la grand-mère de Melinda afin d’en savoir plus. Les deux femmes étant de la même génération, ce serait sans doute plus aisé d’obtenir des informations. Melinda était peinée de devoir user de ce genre de moyen mais elle était la plus mal placée pour agir. Enquêter sur sa propre famille … Elle aurait aimé que tout soit plus facile. Dans le même esprit, elle proposa à Abby de contacter Rufus : Abby n’avait pas revu son cousin depuis son retour . Ce serait l’occasion pour les deux cousins de se retrouver et aussi, d’en savoir plus sur les agissements du mari de Melinda.

Les deux femmes se mirent d’accord : Abby aborderait le sujet en douceur avec Rufus. Melinda appréhendait de découvrir ce que son époux lui avait caché. Elle ne le voyait pas souvent en ce moment accablée par les responsabilités de la direction mais elle lui parlait souvent. Savoir qu’il lui dissimulait autant lui faisait littéralement mal au cœur. Melinda avait hâte d’en parler plus longuement avec Abby car garder un tel poids en elle la mettait au supplice. Elle avait besoin d’un œil extérieur, voire même de conseils.

En attendant, elle n’avait parlé à personne de sa conversation avec son fils Rafe ni même de l’intervention de Severus. Là aussi, elle avait besoin de se confier. Mais Abby devait aller voir Rufus. Et elle ne désirait pas importuner Minerva avec ses soucis personnels. Elle avait bien pensé à sa fille, Eileen, mais elle était déjà partie en mission auprès des ogresses.

Melinda avait demandé à Eileen son aide pour les populations magiques. Celle-ci était restée longtemps à travailler avec Luna Lovegood-Scamander et son mari Rolf : tous deux étaient des Magizoologistes experts. Ils avaient de nombreux liens parmi les êtres magiques. Eileen espérait prendre rapidement contact avec une ogresse de sa connaissance; ce ne serait pas facile mais la jeune femme était déterminée.

La jeune directrice se sentait bien seule, avec ses problèmes alors qu’autour d’elle se constituait une équipe : Drazzie et Mondingus Fletcher infiltraient les créatures magiques, Abby allait effectuer le lien avec Rufus, Minerva se chargeait des missives, Eileen était sur le terrain et Rob était prêt à rencontrer les amis d’Elvina. Et puis, il fallait compter sur les tableaux des directeurs et directrices de Poudlard.

En se préparant à quitter le domicile de Minerva, Melinda hésita un instant. Rob remarqua son trouble et fit, concerné :

Quelque chose qui cloche, Melinda ?

La jeune directrice eut le réflexe de nier puis se reprit :

Des ennuis personnels.

C’est très privé ? Demanda Rob McGonagall.

Melinda eut soudain envie de déballer son sac, ici, dans le hall d’entrée de Minerva, sans crainte de se dévoiler ni de montrer sa faiblesse. Mais elle balançait encore : se confier à Rob McGonagall, l’homme au mystère ! Même s’il paraissait montrer de la bonne foi et prouver son honnêteté, il restait toujours quelque chose dans l’ombre qui alertait Melinda. Et même s’ils étaient alliés , elle ne pouvait pas le considérer comme un ami. C’était rageant ! Car Melinda avait beau tourner et retourner tout ce qu’elle savait au sujet du frère de Minerva, elle ne parvenait pas à détecter ce qui la perturbait à ce point. Elle repensa aux paroles du Severus du tableau : « il tient à toi et tu l’aimes bien ». Ah, ce damné Severus qui la perçait à jour !

Mais ce n’était pas possible : elle avait Rufus. Ils avaient passé des années ensemble, ils étaient solidaires en tout malgré les disputes qui éclataient parfois entre eux ! Ils avaient élevé Rafael ensemble, ils ne s’étaient pas quittés au premier écueil…

Mais Rufus lui mentait. Ou, du moins, cachait-il une bonne part de sa vie. Melinda sentit la rage monter au fond d’elle. Elle ne devait pas y céder. Elle serait capable de découvrir ce qui se tramait, rien qu’en lui parlant et en usant de Légilimancie, évidemment. Non. La colère était mauvaise conseillère. Elle avait juré de ne pas utiliser son don sur ceux qu’elle aimait. Et elle avait été fidèle au serment fait à Rufus depuis le début de leur union.

C’est ...un peu privé, finit par répondre Melinda à Rob.

Vous n’en parlerez pas ?

Je ne sais pas encore, hésita Melinda.

Le sorcier mit sa cape et saisit son balai posé contre le mur :

Je n’ai pas encore acquis votre confiance…

Il ouvrit la porte d’entrée et se retourna vers elle avant de s’envoler :

Je le comprends, j’ai encore du mal à me faire confiance moi-même. Mais… Melinda, si vous le voulez, je peux vous écouter. Je n’en parlerai à personne, ajouta-t’il, ses yeux dans les siens. Melinda hocha la tête. Elle rompit la première le contact visuel. Elle avait eu le temps de percevoir une grande franchise émanant de Rob, comme s’il avait ouvert le maximum de portes de son esprit.

Alors qu’il enfourchait le balai et décollait, Melinda lança :

Venez me voir après votre entrevue ! Nous dînerons ensemble !

«  Et nous le ferons à l’abri des regards de certains tableaux », ajouta-t’elle mentalement. Même en portrait, Severus Rogue était beaucoup trop perspicace à son goût.

Elle se préparait au départ quand Minerva la rejoignit dans la hall d’entrée :

Abigail vient de partir par Portauloin. J’espère que tout ira bien… Mon frère est parti lui aussi ?

Alors que Melinda désignait le ciel dans lequel Rob s’éloignait sur son balai, Minerva soupira :

Ah, ce Robert ! Il ne tient pas en place, ça, il n’a pas changé ! Je ne voulais pas en parler à Abby, vu les circonstances mais le jeune Sirius Black me faisait souvent penser à mon frère Rob. Pas physiquement, encore que tous deux aient été très bruns ! Non, cette façon de se montrer intrépides, sans peur, toujours prêts à l’action ou à la blague et en même temps, terriblement loyaux, fidèles à leurs idées, passionnés et passionnels. Vraiment, Melinda, on n’aurait jamais cru que Rob était un pur McGonagall ! Continua à confier Minerva. Père et mon autre frère, Malcolm, étaient faits de la même étoffe : des hommes droits mais souvent austères. Par contre, Rob était plus expansif, plus impétueux. On voit aussi de tels hommes dans les Highlands, des passionnés, de fougueux hommes emplis d’énergie. Elle fit une pause, nostalgique puis reprit : – Dougal, mon premier amour, le grand-père de John, était de cette étoffe . Hélas, il n’a pas survécu à la guerre… C’est le risque, avec de tels personnages : ils se jettent dans l’action sans faire attention, quitte à risquer leur vie pour aider les autres !

Melinda pâlit. Elle ne souhaitait pas que quelqu’un de son équipe se blesse et encore moins, risque sa vie ! Elle espérait qu’ils n’en viendraient pas jusque là. Mais de l’autre bord, il y avait cette menace sourde des Majs….

 

 

 

 




19/03/2019
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