NapalYsaLeya

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Une année mouvementée - chap : 3 - Un appel

L’écran du téléphone mobile s’alluma. C’était un appel entrant. La jeune femme décrocha.

 - Allo, c’est Eileen ?

« Déesse, dites-moi que je rêve ! », pensa Eileen Lake. Elle s’assit. Prit une voix posée

- J’écoute. Qui demandez-vous ?

 - Tu es bien Eileen Lake-Rogue ? Reprit la voix. Malgré le voile légèrement rauque et une communication peu claire, la jeune femme reconnut l’interlocutrice. Néanmoins, elle durcit le ton pour demander :

     - Je suis Eileen Lake, effectivement. Qui êtes-vous ?

Elle entendit la femme sourire à l'autre bout de la ligne.

- Eileen, la fille de Melinda Lake. Ton père était Severus Rogue, professeur à Poudlard. Tu es née...

 - Je connais ma date de naissance , merci ! De quel droit...

Mais la voix continua:

 -  Tu es née le 15 mars 1991. Ta mère avait alors 19 ans. Elle t'a donné naissance chez sa grand-tante, Vivienne Breval. Les parents de Melinda, Ruyven et Layla sont décédés lors de la première guerre contre le mage noir, Voldemort. Quant à toi, tu as grandi en France. Et ton deuxième prénom est Abigail.

A ces mots, Eileen lâcha le téléphone portable et enfouit son visage dans ses mains. Elle réprima un sanglot.C’était elle ! Abigail Dittany, sa deuxième mère. Quant elle put parler, elle dit dans un souffle:

 -  Abby, où es-tu ?

De nouveau, elle entendit la voix esquisser un sourire. Elle avait appris à reconnaître cette habitude quand elle était enfant. Et cela lui avait manqué, comme un trou dans son cœur, dans son âme.

  - En chemin. Sur la route du retour.

  - Tu reviens ? C'est vrai ?

   -  Ai-je eu l'habitude de te mentir, fille de mon cœur ?

Eileen reçut comme un coup dans son estomac. Ainsi, c'était réel. Ce n'était pas une blague, ce n’était pas un rêve. La jeune femme balbutia au téléphone :

 -  Abby, je t'ai cherchée, tant cherchée...

 - Je sais, je l'ai su, finalement.

Eileen perçut l'hésitation et n'insista pas. Il y avait trop de mystères et de doutes encore.

 - Tu vas venir. Ici ? Mais Abby, je suis chez Luna, ex-Lovegood.

  - Hum. Il y eut quelques secondes de silence. Je crois que nous allons nous donner rendez-vous plus près de Poudlard, ma belle enfant.

N'en croyant pas ses oreilles, Eileen faillit lâcher le cellulaire une fois encore.

- Près de Poudlard ? Es-tu sûre ?

- Je crois, oui. Il y eut une nouvelle pause et Eileen crut qu'elle n'avait plus de réseau subitement.

  -  Abby ? Tu m'entends ?

La voix reprit, familière et pourtant un peu lointaine :

 -  Désolée, le réseau devient faible. Je te contacte très vite. Je suis en route, Eileen. Nous allons nous fixer un point de rencontre si tu veux bien.

 -  Dis-moi juste si...

 -  Je te précise le lieu. Surveille aussi ton hibou. A très vite.

Et ce fut tout. La voix d'Abigail Dittany s'était perdue une fois de plus.

Eileen se rassit sur son lit. Ses cheveux noirs cascadèrent autour de son visage. L'impression d'irréalité l'enveloppait.

« Abby, pensa-t'elle, après tout ce temps ! Mais comment as-tu fait pour me localiser ? Et par Merlin et ses caleçons, depuis quand utilises-tu le téléphone ? Depuis combien de temps as-tu un mobile ? »

Elle aurait pu rester immobile pendant des heures lorsque qu'une icône clignota sur l'écran de son téléphone mobile.

Un hibou bleuté s'allumait par intermittence.

« Vous avez un nouveau message » Si elle avait enlevé la fonction vibreur et rétabli le son, elle aurait entendu un « hou!hou ! » digne d’une forêt lointaine. Eileen aimait bien détourné la technologie moldue.

Se retenant pour ne pas rire, Eileen ouvrit la boîte de réception. Elle ouvrit de grands yeux. Puis prit rapidement sa décision. Elle serait au rendez-vous.

 

 

 

 

Le hibou plana un instant avant de se poser sur le rebord de la fenêtre doucement éclairée. Il tapota la vitre. Finalement, il attendit . On lui ouvrit .

 

 L'oiseau voleta dans la pièce avant de trouver son perchoir habituel.

 

 Il hulula sombrement quand le message fut détaché de sa patte . La friandise se faisait attendre et l’oiseau n’était pas patient.Melinda entra en trombe dans la pièce :

 

   - Par Merlin , Rufus , que fais-tu avec cet animal ? Il fait un bruit à réveiller une troupe de trolls !

 

 - Melly, regarde ! le message d’Eileen… Et il inclina le bout de parchemin afin que sa femme puisse lire. Elle le parcourut rapidement des yeux.

 

Puis Melinda s’assit brusquement dans le lit.

 

 - Par les écailles de Mélusine ! Abby !En vie ! mais où est-elle ?

 

 Rufus se tourna vers sa compagne et haussa les épaules en signe de déconvenue. Melinda fronça les sourcils. C'était mauvais signe.
- Il n'y a aucun indice. Visiblement, Abby a contacté Eileen. c’est tout ce qu’on sait... Ce hibou a fait bon vol, mais visiblement, il ne vient pas de très loin. Je dirais qu'Eileen doit se trouver dans le pays. Je suis désolé, ma chérie, ajouta-t’il en voyant sa femme se rembrunir.

 

A ces mots, les yeux verts de Melinda brillèrent d'une étrange lueur. Elle claqua de la langue sèchement. C'était très mauvais signe. Dès le lendemain, elle devait retourner à Poudlard . Elle était venue à Londres pour s'occuper des préparatifs de l'année scolaire à veni. Minerva avait laissé des consignes strictes. Heureusement, elle aurait l'aide de John McGarrigle qui représentait le Ministère de la Magie. Ce serait vraiment très particulier de travailler à nouveau avec ce vieil ami.

 

 Rufus emmena le hibou et alla le nourrir. Mieux valait que Melinda fût seule un instant pour reprendre ses esprits. Il la connaissait bien. Au bout d’une dizaine de minutes, il revint dans la chambre. Melinda s’était couchée et ne disait mot dans l’obscurité qui avait envahi la chambre. Rufus se glissa entre les draps, souffla la bougie et se tourna vers sa compagne. Au bout d’un instant, elle se glissa dans ses bras.

 

- Comme c’est étrange, Ruf’… Le passé semble reprendre vie. Juste cette année.

 

Rufus la serra un peu plus contre lui. Elle tremblait.

- J’ai tellement espéré, Ruf’, murmura-t’elle. Et maintenant, Abby est près de nous. Je le savais...Je savais qu’elle reviendrait.

Rufus ne dit mot ; il se contenta de la serrer plus fort contre lui. Il n’y avait pas besoin de mots inutiles entre eux. Melinda reprit comme pour elle-même :

- Elle n’avait pas disparu, ça, j’en étais sûre. Mais pourquoi attendre si longtemps ? Quinze ans,Ruf….

- Cesse de t’inquièter. Elle voudra sûrement te voir bientôt. Laisse encore un peu de temps...Dors, maintenant.

Melinda soupira, lovée dans sa chaleur :

- Le passé revient à nous. Juste cette année….

 

 

 

 

 Loin, sur la route 

 

 

Elle enclencha la cassette audio dans le vieux lecteur.

 

Fit vrombir le moteur. La voiture était un peu ancienne. Un modèle vintage, lui avait dit le vendeur.

 

Elle sourit en regardant dans le rétroviseur. « Vintage comme moi. Je n’ai pas appris à conduire de modèles plus récents », pensa-t’elle.

 

Elle déboîta et s'engagea sur la voie rapide.Les accords résonnèrent dans l'habitacle. Elle accéléra.

 

Le ciel était clair, juste un rayon de soleil de part et d’autres. La route était dégagée.

 

Elle était partie. Elle était de retour.

 

Les kilomètres défileraient bientôt sur son compteur.

 

Elle stabilisa sa vitesse, tenant compte de la longueur du trajet autant que des limitations.

 

Après tout, pourquoi se presser ?

 

La musique frappait fort autour d'elle.

 

Rouler, s'en aller, le son lourd dans l’habitacle. Elle savait que c'était puéril mais elle se sentait presque libre. Elle avait voyagé de différentes façons.

 

Les trains la rendaient mélancolique.

 

Les avions lui fichaient un peu la trouille malgré tout.

 

Quant aux autres moyens....

 

Elle aurait pu les utiliser.

 

Elle l'avait fait tant de fois. Mais la magie avait un coût. Et Abby le payait cher depuis des années. Depuis qu’elle avait combattu Voldemort et perdu Sirius ...

 

Chassant cette idée pour l'instant, elle se concentra sur la route.

 

Droit devant et des heures de voyage.

 

En fait, elle ignorait si c'était une bonne idée de revenir. Le retour paraissait une telle capitulation. Une façon d'avouer qu'elle avait échoué, qu'elle n'avait pas avancé. Et puis, à quoi s'attendait-elle ?

 

Le monde des sorciers évoluait si lentement ?

 

Malgré tout, elle devait le faire.

 

Certains événements étaient en cours. Elle le savait. Ce qui passait allait avoir un impact. Une répercussion. Forcément.

 

Elle le savait mais ne pouvait rien prédire. Ses visions avaient toujours été erratiques.

 

L'asphalte filait. La cassette déroulait AC/DC à plein volume. Elle était en route. Elle était de retour.
Le présent rattrapait le passé.

 

 

 

 

 

 Version 2017/18 -Leya

 

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Kay Nielsen - art



17/09/2013
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