NapalYsaLeya

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Une année mouvementée - chap. 6 : Une elfe de maison

 

« Dougal McGregor est le fils d'un fermier Moldu dans les Highlands d'Écosse. Il fut l'amoureux de Minerva McGonagall. D'après elle il était « séduisant, intelligent et drôle ». Ils partageaient également le même sens de l'humour.

 

Après que Minerva ait refusé de se marier avec lui ce dernier s'est marié avec la fille d'un autre fermier.

 

Il est assassiné avec sa femme et ses enfants par des Mangemorts lors d'une attaque anti-Moldus pendant la première guerre des sorciers. Minerva McGonagall est beaucoup attristée par la nouvelle et se demande si son mariage avec Dougal aurait pu le sauver »

 

 

 

 

Elle ferma les yeux un moment.

Et murmura:

      - Je pense que je vais me reposer encore un peu.

Le silence l'enveloppa.

 

 

-Minnie !

Minnie ! A toi !

 

La jeune fille donna une impulsion et le balai se cabra, comme un pur-sang énervé, puis bondit en avant dans les airs. Droit devant elle, il était là, le Vif d'Or. Il était là pour elle. Elle saisit sa chance et fonça, se défiant des joueurs de l’équipe adverse, des courants d’air glissants et les nuages bas. Bientôt, l’averse éclaterait.

Elle le voyait à peine maintenant. N’aurait-elle pas dû l’avoir déjà atteint ? Non. Il lui manquait encore quelques mètres. Minerva prit de la vitesse. L'air était froid sur ces joues.

A la périphérie de son champ de vision, elle aperçut l'attrapeur de Serpentard se ruer à sa suite. Il avait un balai plus performant que le sien ; elle ne le battrait jamais en vitesse . Mais Minerva savait y faire. Elle imprima une autre secousse et fit monter le balai haut dans les airs. « Oooohhh ! » crièrent les spectateurs. Il la voyait à peine tant elle avait pris de la la hauteur par ce temps nuageux. Déjà de fines gouttelettes de pluie brouillaient sa vue. Elle se concentra sur un sort qui lui dégagerait la vision.

L'air était de plus en plus froid et humide. Quelques pouces . Encore. Elle vrilla son balai avant de se faire tremper, effectua une boucle et redescendit en piqué droit sur le Vif.
Cette fois, elle avait accumulé de la vitesse. Encore un peu. Elle allongea le bras à l'extrême, se tendit vers l'objet et ….l'attrapa du bout des doigts, en évitant de justesse le Cognard de Serpentard. Les cris de triomphe retentirent tandis qu'elle effectuait la dernière embardée....avant de téléscoper le Poursuiveur de la maison adverse. Les deux joueurs ne purent éviter le choc, malgré leur habileté respective. Ils chutèrent lourdement sur la pelouse.

Les Gryffondor avaient gagné cette finale. Minerva, l'Attrapeuse prodige, n'entendait rien, étendue sans connaissance sur le gazon.

- Minnie ! Tu l'as eu ! Minnie, Minnie ! Tu m'entends ! Vite, appelez Mme.Pomfresh ! Elle est K.O !

 

Ce match de dernière année signa la fin de la carrière de joueuse de Quidditch de Minerva avant qu'elle eût commencé. Victime d'une commotion cérébrale et souffrant de multiples fractures des côtes, elle dut être transportée à Ste Mangouste où sa constitution robuste lui permit de recouvrer des forces. Les vacances étant arrivées, Minerva alla finir sa convalescence chez ses parents du Nord, du côté de Caithness, dans les Highlands. Elle se reposa une semaine, chez ses cousins Sang-Mêlé, avant de recevoir une prodigieuse nouvelle par hibou : le département de la justice magique lui proposait un poste à condition qu’elle se présente pour un entretien à Londres.

 

Alors qu’elle faisait ses bagages pour regagner la maison familiale, son oncle maternel, éleveur de chevaux et demi-frère de sa mère Isobel, vint lui prodiguer quelques conseils. A la différence de la mère de Minerva, Graham Ross avait réussi à concilier le monde moldu et le monde magique, sans avoir à en souffrir. Dans la famille Ross, nul secret, nulle cachotterie. 

Minerva se disait souvent que si elle avait connu et fréquenté ses cousins (la famille de son oncle) dès son plus jeune âge, elle aurait pu éviter bien des surprises désagréables. Mais Isobel Ross-McGonagall en avait décidé autrement. En tombant amoureuse du père de Minerva, elle avait laissé derrière elle le monde des sorciers dans son intégralité – et sa famille avec lui – craignant d’effrayer son futur mari Moldu.

 

 

 

La petite Minnie avait dû découvrir ses pouvoirs magiques seules et y faire face alors qu’elle vivait dans un univers purement moldu.

 

Heureusement, sa mère avait fini par tout raconter, un peu honteuse d’avoir celé une telle information. Et, à partir de cet instant, Isobel Ross avait renoué avec sa famille, se libérant d’un poids et d’une solitude choisie. Minerva aimait beaucoup sa famille sorcière ainsi que le coin d’Ecosse où elle habitait. Tout cela lui manquerait si elle devait emménager à Londres pour travailler….Mais elle se fit le serment de revenir souvent dans le Nord.

 

 

- Minnie, tu m’entends ? Par Merlin, elle est à nouveau inconsciente ! C'est grave, j'en suis sûr ! John, comment appeler ces guérisseurs moldus ?
- Mais non, tu délires, voyons ! Elle dort, c'est tout ! 

-  Minerva est increvable ! Ce n’est pas une simple attaque qui aura raison d’elle

 

Je ne peux pas leur répondre. Je dors, je rêve. Je suis ailleurs, certes, mais je suis bien vivante. je me repose, je vis, je songe. Je suis en  partance, provisoirement, dans mes jeunes années, élève, jeune sorcière, je les revois tous ; parents, frères, camarades, amies, amours. Oui, amours ! Et lui le premier. Dougal. J'ai refusé de t'épouser, mon amour. Je ne croyais pas que nous pourrions vivre avec un Moldu, avoir des enfants et vivre comme ma mère avait vécu. Je n'avais pas confiance en moi, en mon monde. J'avais peur. 
Mais quand tu t'es détourné de moi, déçu, attristé, prêt à faire ta vie avec une jeune femme de ton monde, j'ai cru que mon coeur allait disparaître. 
J'étais seule. Seule avec mon secret: ma fille à naître. Ton enfant caché, Dougal. 

 

- Minnie !

 

On me secoue, on me réveille. Je sors de ma bulle, de mon repos. De mes souvenirs. 

 

- Quoi, encore ? Fit Minerva, à peine consciente que la voix qui s'adressait à elle n'appartenait plus à son rêve. 

- Et bien, tu es peu aimable, chère sœur !

 Minerva ouvrit les yeux. Sa vision était encore trouble.

- Rob... ? C'est toi ? Suis-je dans l'au-delà ? 

 

Un rire franc lui revint en réponse. C'était son jeune frère, Robert !

Il était en vie, finalement ! C’était incroyable ! Minerva avait toujours ressenti une forte peine depuis qu’elle avait appris, lors de la première guerre contre Voldemort, que son plus jeune frère avait été tué par des Mange-Morts. Mais non….

- Les apparences sont contre moi. Je sais que j’ai disparu tout ce temps et que tu me croyais mort depuis bien longtemps. Mais je t’expliquerais...Ah, Mère m'aurait jeté un sort si je t'avais laissée seule ici. Vraiment, Minnie, fit-il sur un ton de reproche : mais à quoi joues-tu ? Tu nous as fait une de ces peurs ! A peine éveillée et sortie d'affaire, tu ne réponds plus ! On te croyait.... enfin, on a cru que tu avais une nouvelle attaque !

 

 Le professeur Mc Gonagall s'éclaircit la vois et tâcha de s'adosser convenablement à ses oreillers.

- Peux-tu m'apporter une tasse de thé, je te prie ? Hum...c'est beaucoup d'émotions ! Je voudrais essayer d'y voir plus clair. Que s'est-il passé ? je dormais bien, c'est tout !

Robert Mc Gonagall haussa les épaules et fit un geste de la main en direction d'une petite silhouette tassée dans un coin. 

Sa grande sœur ne changerait jamais. Même après tout ce temps, elle était toujours aussi directive.

- Voudrais-tu... ? Drazzie, s'il te plaît ?

L'elfe de maison se mit sur ses courtes jambes et s'empressa de sortir rapidement. Minerva plissa les yeux :

- Dois-je considérer que je rêve encore ou est-ce bien une elfe de maison travaillant à Poudlard que je viens de voir ici ? D'ailleurs, où suis-je donc  encore? 

- Tu ne te souviens pas ? Tu nous a parlés un peu plus  tôt. Tu es chez John ! Vraiment, c'est inquiétant, Minnie !

 

John a proposé que tu restes te reposer chez lui...

- En attendant que je fasse quoi ? Que je puisse reprendre le travail à Poudlard ?

Robert lança un coup d'oeil gêné à John qui baissa la tête. Tous deux étaient inquiets. 

- Ma chère sœur, tu te fais des illusions ! Les guérisseurs ont tous été formels : tu uses ton cœur et comme...heu...tu n'es plus toute jeune, tu dois mener une vie calme, à présent.

- Calme ! Mais je dois ...enfin, Poudlard ! où est Melinda ? J'avais demandé à lui parler, nom d'un balai ! 

Finalement, Minerva se souvenait de leur conversation. John respira longuement. Sa grand-mère était très fatiguée mais elle avait toute sa tête, la déesse soit louée ! 

- Votre thé, les interrompit la petite voix aigrelette. Drazzie, c'est comme faire du thé Maîtresse Minerva l'aime. Fort et sans sucre. Drazzie, c'est comme savoir ça !

Les  sorciers se turent. La famille McGonagall n'avait jamais employé d'elfes de maison. C'était bien là une première !

- Merci, Drazzie, fit gentiment Minerva. Tu peux retourner au château, reprendre ton travail, tu sais. Tu m'as été d'une grande aide. 

Mais l'elfe de maison secoua la tête vigoureusement. Elle paraissait déterminée.

- Drazzie , c'est devoir rester ! Le tableau de maître Severus c'est dire à Drazzie ! 

- Mais enfin ...commença Minerva alors que Rob et John se perdaient parmi les attaques faites à la grammaire de la petite elfe.

- Le tableau de Severus, c'est avoir raison ! C'est dire à Drazzie parler à Madame Minerva ! C'est  Maîtresse Melinda  courir un danger. C'est dire à madame Minerva savoir quoi se tramer. Drazzie peut aider. Drazzie c'est savoir les sorciers  en danger. Poudlard  en danger !

 

Robert McGonagall haussa les épaules et tenta de chasser la petite Drazzie : 

- Enfin, tu racontes des sottises, l'elfe ! Cesse donc d'inquiéter ma soeur avec des histoires à la Harry Potter, à la fin !

- Rob, sois correct, voyons ! Ce n’est pas parce que tu es un survivant que tu peux te permettre ! Cette elfe a ....elle m'a sauvée la vie ! Laisse-la parler ! intervint Minerva qui avait repris des couleurs. Et toi, John, ne peux-tu pas convoquer Melinda ? Tu vois bien que nous avons des ... légers soucis à régler, ici! Allons, mon garçon, hop, hop !

John McGarrigle rit sous cape. Il reconnaissait bien là les manières faussement abruptes de sa grand-mère qui n'aimait pas montrer ses sentiments. Il avait l'habitude d'être rudoyé de cette façon; c'était la façon dont Minerva exprimait le mieux son affection. 

- J'ai envoyé un hibou à Melinda qui ne m'a pas encore répondu. Tu sais, je devais la voir pour tout organiser... Mais avec ton malaise, j'ai annulé notre rendez-vous à Poudlard. Elle doit être débordée avec la rentrée !

Minerva fronça les sourcils:

- En quoi mon petit problème de santé t'a-t'il interdit de remplir tes devoirs professionnels, mon garçon ? Je n'ai jamais pris un congé quand j'étais professeure, même grippée ou enrhumée. La seule fois où j'ai été indisposée de façon durable, a été quand...

- .... les gens à la botte d'Ombrage t'ont jeté tant de sorts que tu es tombée raide comme une planche sur les pelouse de Poudlard, je sais cela, ajouta John.  Tout le monde connaît cette célèbre anecdote! Mais là...

- Là, tu n'es pas atteinte d'un simple rhume, Minnie, fit Rob en prenant le relais. Ton coeur est touché. Si tu le fatigues encore, tu risques... Rob s'interrompit, trop ému pour parler.

- De s'arrêter. Cher frère, c'est ce qui arrive à tout le monde; ça s'appelle mourir. Tu es sûrement plus au courant que moi, puisque tu t’es fait passer pour mort depuis ...voyons, presque quarante ans ! C’est un comble...

Rob retint un cri. Oui, il avait honte. Il aurait voulu s’expliquer mais à peine ouvrait-il la bouche pour raconter son histoire que sa sœur lui coupait la parole. Alors, non, il ne parlerait pas de l’hypothétique décès de Minerva. A vrai dire, cela lui flanquait la frousse.

- Oh, Rob, je t’écouterai plus tard ! Quant à ces notions, il me semble que Père nous avait instruit dans l'idée de la vie après la mort, cela devrait te réconforter, ajouta Minerva un brin courroucée. 

 

John porta sa main à bouche afin de cacher son discret amusement. Sa grand-mère allait très bien, finalement ! Elle avait repris tous ses esprits ! Son pragmatisme usuel refaisait surface à la vitesse d'un Nimbus lancé à pleine vitesse. 
Il sentit un tiraillement dans le bas de sa robe de sorcier. C'était la petite elfe, Drazzie qui tentait d'attirer désespérément l'attention. 

- Oui? Drazzie ? demanda-t'il à mi-voix tandis que Minerva et Robert McGonagall continuaient à se chamailler gentiment. 

- Monsieur John, Drazzie c'est voir un hibou arrivé dans maison à vous. 

- Une lettre, maintenant ? fit John. 

La petite elfe hocha sa tête aux oreilles démesurées.  Et lui tendit une enveloppe quelque peu froissée :

- Drazzie c'est lire le nom de madame Melinda. C'est être bonne nouvelle pour tous ici. 

- Donne  vite ! Il déchira l'enveloppe et lut avidement. 

- Melinda est en route ! cria-t'il pour couvrir la dispute du frère et de la soeur qui firent sourde oreille. Mais...ils n'écoutent pas, grommela-t'il, énervé. 

L'elfe secoua à nouveau ses robes:

- Drazzie peut, monsieur ? 

John baissa son regard, un instant confus et finalement, comprit. Il sourit à l'elfe:

- Oh, oui, bien sûr ! Tu as carte blanche, Drazzie!

Après une rapide courbette, l'elfe se raidit, ferma les yeux, semblant se concentrer intensément. Puis, en gonflant les joues, elle émit un bourdonnement qui, très vite, prit de l'ampleur jusqu'à envahir toute la pièce. John plaqua ses deux mains sur ses oreilles. Minerva et son frère s'arrêtèrent net, ébahis. 

- Allons, tu peux t'arrêter, Drazzie, lança John. C'était très bien.

- Très bien ? glapit Rob. Quel était ce son épouvantable ? 

L'elfe fit, impertubable :

- Drazzie c'est avoir buzzé. 

- Tu appelles ça, buzzer ?  J'ai cru qu'une armada de bourdons nous attaquaient. 

Imperturbable, l'elfe répondit courtoisement :

- Drazzie c'est connaître imagination de monsieur Robert. Pas bourdons, buzz, c'est Drazzie faire. Monsieur John c'est avoir permis Drazzie. 

Robert jeta un coup d'oeil perplexe à sa soeur:

- Maudit soit ce charabia lexical et maudit soit ce buzz ! mes pauvres oreilles ont du mal à se remettre de tous ces sons exécrables !
- Peut-être est-il temps que tu retrouves le calme de...ta retraite, non ? Tu t’es fait bien silencieux, durant toutes ces années, ajouta-t’elle, amère. Oui, quoi, qu'y a- t'il, John ?

- Melinda est sur le chemin. Elle vient te voir, Granny.  Et tu devrais te montrer plus conciliante avec oncle Rob, vraiment !

Avec un pincement de lèvres, Minerva se redressa. 

- Je vais devoir m'habiller. Ma robe de chambre verte est-elle là ? Quant à toi, Robert Junior, tu ne perds rien pour attendre, foi de Minerva ! Allons, venez m'aider puisque vous êtes tous deux ici ! Allons, allons !

La voix de la vieille professeure avait retrouvé tout son allant ainsi que son autorité. Alors que John se précipitait sur les vêtements désignés, la petite elfe le retint encore un peu :

- Drazzie c'est pouvoir aider. 

- Bien sûr. Heu...peux-tu refaire du thé ? Et aller ouvrir à Melinda quand elle arrivera ? S'il te plaît ? 

L'elfe effectua une légère révérence.

- Non, Drazzie, tu n'as pas à saluer ou à m'appeler "monsieur" ou "maître". Je suis John. 

Dans sa tête, John se dit que la liberté pour les elfes de maison était encore loin d'être un principe acquis. Des milliers d'années de servitude mêlées à un sort puissant jeté par les sorciers sur ceux qu'ils considéraient comme leurs inférieurs handicapaient sérieusement leur émancipation. Il ajouta :

- Et ce buzz était très réussi, Drazzie ! 

En se retenant de saluer, l'elfe hocha la tête :

- Buzz, c'est spécialité Drazzie sait utiliser. Pas tous les elfes savent. C'est savoir secret.

" Je me disais bien aussi.... fit John en pensée. Je n'en avais jamais entendu parler. Mais c'est fichtrement efficace! ". 

Alors que tous s'affairaient, le carillon de la porte d'entrée retentit. 

Melinda Lake était arrivée. 

 

 


 

(à suivre) 

 

 

 

 

 

 



04/09/2018
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