NapalYsaLeya

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Une année mouvementée - Chap 1- Incident

- Cet épisode se situe après les aventures d'Albus  Potter et ses camarades (cf "Hic sunt dracones").

La rentrée de l'année 2018  se prépare.

 

Petit rappel: j'avais inventé un enfant à Minerva (puis un petit-fils, John). Il se trouve que selon les dernières informations données par Rowling, McGonagall a bien été mariée, mais n'a pas eu d' enfants.
De même, elle a connu aussi un premier amour (un Moldu) Dougal McGregor quand elle avait 18 ans.

Ce qui m'a fait sourire car c'est à cet âge que j'avais imaginé qu'elle tombait amoureuse d'un ...Moldu et avait un enfant en secret avec lui ! Donc tout reste possible. -

 

Bonne lecture !

 

YACHT CLUB.jpg

 

 

Les tours se découpaient sur le ciel encore clair de cette fin d'après-midi d'automne. Le jour en déclin annonçait déjà la reprise des cours à Poudlard.

« Encore une année, une année de plus, pensa Minerva McGonagall ».

Mais au même instant, elle se sentit faiblir. Quelque chose en elle sembla céder. Une douleur intense fusa dans son torse et son bras.

Elle se plia en deux, le souffle coupé. Renversa le siège du bureau. Et finit par se raccrocher tant bien que mal à la lourde table

qui occupait une bonne partie de la pièce ronde.

Aussitôt les figures des portraits sur les murs commencèrent à s'agiter. Il s'agissait bien sûr des anciens directeurs et directrices de Poudlard.

Une voix émanant d'un tableau représentant une femme âgée aux boucles argentées s'éleva par dessus les autres :

- Un guérisseur! Il lui faut un guérisseur! Je vais de ce pas dans mon tableau de Ste Mangouste avertir quelqu'un ! Criez, appelez, visitez vos autres tableaux ! Il lui faut de l'aide !

- Ah, qu'en savez-vous, très chère ? objecta un homme à la barbiche, habillé de vert.

- Parce que j'étais guérisseuse, avant d'être directrice. Donc vous me devez le respect, Phineas !

- Voyons, point de querelles entre nous, intervint la voix douce et ferme d'Armando Dippet, dont le portrait était placé à côté de celui de Phineas Nigellus Black. Il est certain que Dilys - et le vieux sorcier aux yeux bruns bienveillants fit un geste en direction de la femme qui avait parlé en premier – connait parfaitement son affaire ! J'ai pleine confiance en elle.

- Oui, bien entendu, bougonna Phineas Nigellus Black. Mais qui prévenir ? De plus, Ste Mangouste est un lieu spécialisé en Magie. S'agit-il d'un sortilège, dans le cas présent ?

 Aussitôt, le concert de voix jaillit de nouveau de tous les tableaux. Un timbre bas et froid sortit d'un des plus récents tableaux mis en place :

- Albus, saurez-vous enfin faire cesser ce tapage ? Minerva a besoin de secours et non de cet affreux ...tohu-bohu !

Les yeux bleus de Dumbledore semblèrent aussi brillants que lors de son vivant lorsqu'il répondit à Severus Rogue :

- Encore une tâche pour moi, Severus ? Mais Minerva peut-elle encore être secourue ?

- Mais enfin, je ne vous comprendrais jamais ! gronda l'ancien Maître des Potions.Vous disposez d'un réseau de tableaux bien étendu ! Je pense que vous êtes l'un des sorciers les plus représentés dans le monde magique ! On vous voit partout, à la fin ! Allez, dépêchez-vous ! Minerva est victime de ce que les Moldus appellent une crise cardiaque mais rien n'est perdu! Du moins, si nous faisons vite !

- Et bien Severus, je vois que la mort vous sied, répliqua Dumbledore ironiquement avant de sortir du cadre.

- Vous êtes ridicule ! Nous sommes de simples représentations et non des fantômes ! La Magie seule crée cette....illusion, fit Rogue en haussant les épaules.

 

 

 

Minerva nageait entre la souffrance et la douleur. Il lui semblait qu'une tempête rageait en elle et que la porte de son propre cœur s'était ouverte brutalement, laissant s'engouffrer un flot rageur d'éclairs violacés qui la perçaient de part en part.

Elle ne savait plus si elle appelait à l'aide, criait ou murmurait. Seule la douleur la terrassait.

Il n'y avait que cela. Rien d'autre.

Minerva ne pensait même pas à la mort.

Elle cherchait à échapper à cette tourmente, déclenchant malgré elle dans la pièce des étincelles

dues à sa magie qui devenait erratique.

 

- Faites quelque chose! Cria l’un des tableaux.

- Ah, si seulement nous étions présents....

- Mais où est Mme. Pomfresh ? rugit Severus Rogue. Puis soudain, il se figea. Une petite silhouette était apparue, portant un plateau et des tasses pour le thé.

Ses oreilles démesurées et ses gros yeux ne laissaient pas de doute quant à son identité. Un elfe de maison !

L'un de ceux qui travaillaient dans le château de Poudlard, fidèle à leurs coutumes et liés de tous temps par magie à leur devoir de servitude. Le petit être glapit. Rogue se tourna furieusement :

- Albus ! Êtes-vous là ?

Mais Dumbledore avait comme bien d'autres déserté son tableau pour chercher du secours. Alors, Severus se résigna et appela :

-  Toi, Elfe, oui, toi!

La petite créature leva des yeux ronds comme des balles de golf vers le mur. Elle hésita puis répondit.

-  Moi ? C'est à Drazzie que vous parlez, Maître du Tableau, enfin, Monsieur, bafouilla-t’elle, très intimidée par le ton péremptoire de Severus et le tapage créé par les portraits sur les murs.

-  Un peu de silence ! hurla Rogue. Oui, toi....Drazzie, c'est cela ?

- Oui, Monsieur. Drazzie, c’est une elfe libre travaillant à Poudlard, oui, Monsieur. Il est arrivé un malheur à Maîtresse McGonagall, oui, il est, fit l'elfe en secouant la tête.

Rogue se contint et reprit :

-  Elle a ....enfin, elle est très malade, comprends-tu ?

-  Drazzie, c’ est très capable de compréhension, oui, Monsieur, elle est. Monsieur veut que Drazzie aille quelque part ? Veut-il ?

- C'est cela. Tu dois aller chercher Mme. Pomfresh très vite, tu sais qui est...

- Drazzie connaît bien Maîtresse Pomfresh, oui. L'infirmerie, Drazzie doit y aller prestement.

- Trrrrrès vite, insista Rogue, un peu menaçant.

-  Y aller prestement et très vite, Drazzie peut, oui Monsieur, elle doit, elle y va.

 Et dans un craquement brusque, la petite elfe de maison disparut du bureau de la Directrice de Poudlard.

 

 

 

Loin de là, dans la banlieue de Londres, quelques jours plus tard, un jeune homme âgé de dix-sept ans rentrait chez lui. Il était longiligne et avait des cheveux châtains mal peignés. Ses yeux d'un vert liquide ajoutait à son charme. Il fut très surpris de trouver ses deux parents visiblement inquiets réunis dans le petit salon.

Son père, Rufus, était adossé à la cheminée. Ses cheveux clairs, parsemés de longues mèches argentées, lui retombaient sur le front. Face à lui, immobile, de haute taille comme son mari, les yeux d'un vert émeraude étincelant, très droite dans une robe simple, Melinda lui faisait face.

Rafael Declemy s'arrêta dans son élan. A les voir ainsi, il sut que quelque chose ne tournait pas rond.

 - Ouhla, je tombe mal ! Qu'est-ce qui se passe ?

- Non, tu arrives bien, au contraire, dit son père. Ta mère et moi venons de ....

- ....D'apprendre une nouvelle lourde de conséquences, compléta Melinda. Et elle glissa un regard

complice bien qu'un peu anxieux à Rufus.

- Mouais, tu peux dire ça.

- Ah, c’est grave à ce point pour que vous fassiez des têtes aussi agréables à contempler que des goules en plein festin ?

Tous les deux sourirent malgré eux. Leur fils avait un solide sens de l’humour, souvent pince-sans-rire.

- C'est assez triste, Rafe. Le professeur McGonagall...

- Oh, non, elle n'est pas morte ? S'écria Rafe.

- Ah, tu es d'un tact, fils ! objecta Rufus, pensant que Melinda avait souvent ce travers.

Rafael baissa un peu la tête et ajouta, confus malgré lui :

- C'est que… et bien, elle est âgée, non ?

Rufus et Melinda se regardèrent. Rafael avait raison, bien sûr.

- En effet, mais tu sais, Albus Dumbledore était encore bien plus vieux quand il est mort, commença Rufus.

- Oh, mais on sait tous qu'il n'est pas décédé de mort naturelle, répondit le jeune homme en commençant à faire les cent pas. Il était aussi impétueux que ses deux parents.

- C'est un fait. Par contre, Armando Dippet qui le précéda était âgé d'à peu près trois cents ans – sa mort est totalement naturelle dans son cas, ajouta Melinda tout en se demandant ce qu’ils faisaient à disserter sur l’âge des directeurs de Poudlard.

- Minerva n'est pas si vieille. D'ailleurs, elle est bien vivante, ajouta Rufus.

Rafael cessa son tour de la pièce et fronça les sourcils :

- C'est quoi, alors le souci ?  

Sa mère soupira et commença à parler:

- Et bien, sa santé déclinait. Je le savais, bien sûr. L'an dernier, elle m'a confié qu'elle ne resterait pas très longtemps directrice de Poudlard. Elle voulait prendre sa retraite depuis des années, déjà. Mais le problème était de trouver un successeur. Voilà : il y a quelques jours, elle a été victime d'une crise cardiaque. Alertée par une elfe de maison – Melinda passa sous silence le rôle des portraits des directeurs – Mme.Pomfresh a pu lui administrer les premiers soins. Elle est allée à Ste Mangouste où elle n'est pas restée car son accident n'était pas de nature magique mais bien physique. Elle est partie se reposer chez elle. Tout ira bien. Du moins si elle mène une vie paisible....

Melinda se tut. Rufus n'ajouta rien. Rafael fronça les sourcils : quelque chose clochait dans cette histoire. Il s’appuya négligemment contre le vieux buffet  qui gémit et fit remuer le bois de ses portes.

- Alors, qu'est-ce qui se passe, pour la direction de l'Ecole ?

Ils ne répondirent pas mais se regardèrent. Le silence se fit. Un peu pesant.

- Oh, c'est bon, arrêtez les mystères ! Qu'est-ce qui vous perturbe autant ?

Rufus inspira lentement et fit :

 - Voilà, ta mère a été choisie pour être Directrice. C'est le souhait de McGonagall et le conseil d'administration l'approuve.

Rafael les regarda. Il avait bien entendu ? Sa mère, Melinda, la professeure de Potions était promue directrice ! C’était incroyable !

- Tu vas accepter, M'man ?

- J'hésite. Nous habitons ici. Je ne tiens pas à quitter notre maison. Et puis, il y a beaucoup de responsabilités et...enfin...je ne sais pas si je suis capable...

- Mais je crois que tu peux le faire, Melly, dit Rufus doucement. Je ne dis pas que cela me ravit. Pourtant, je pense que tu devrais accepter.

Melinda le fixa d'un air troublé. Jusque là, Rufus avait été réticent. Elle s’adressa à lui comme s’ils avaient été seuls :

- Tu viendras aussi souvent qu'avant ? Tu resteras à Pré-Au-Lard ?

Rufus sourit. Cela faisait partie de leur accord depuis que Melinda enseignait.

- Directrice ou pas, rien ne m'empêchera de venir t'embêter !

- Waouh! Alors, tu vas le faire ? Les interrompit Rafael.

Ses parents se mirent à rire. Leur fils était toujours aussi spontané.

- Oui, grand nigaud ! Pour ta dernière année, tu auras cette chance !

Rafael fit un bond et alla les serrer tous les deux dans ses bras. Puis maladroitement s'excusa:

- Bon, j'ai des hiboux à envoyer aux potes, moi ! Ah, et vraiment, pensez à désenchanter ce buffet ! Il m'a encore pincé le haut des fesses !

- Rafe, ce n'est pas encore officiel ! Pas vraiment !

Mais il était trop tard. Rafael Declemy, de la maison de Gryffondor, élève de dernière année à Poudlard, grimpait les marches quatre à quatre jusqu’à sa chambre.

Rufus serra Melinda dans ses bras.

- Il l’a bien pris, finalement.

- Oui, mais j’ai toujours des doutes, Ruf’.

- Je serais là. Pas loin.

- J'espère. Je compte sur toi, Rufus. Tu le sais. Surtout cette année. Je vais commencer très fort avec ce que Minerva a commencé à mettre en œuvre. Je ne pensais pas devoir assumer cela en tant que directrice. Je croyais que j'allais juste la seconder. J'ai été  bête, de croire Minerva si résistante. Cela fait des années que je la vois faiblir, j’aurais dû me douter..

Rufus la serra un peu plus dans ses bras.

- Oui, une année mouvementée, mais tu verras, tu vas y arriver. Et arrête de culpabiliser, Mel'. Minerva a le cœur fragile. Mais elle se remet de son attaque. John, son petit-fils est auprès d'elle ?

- Oui. J'ai été si heureuse de le voir. J'aimerais tant que les choses soient différentes, tu sais...

Ils se comprirent à demi-mots. Rufus avait connu John McGarrigle lors de la première guerre contre Voldemort. Ils avaient sympathisé. Ils combattaient alors tous le mage noir. Abby, la cousine de Rufus, l'amie de Melinda, avait été un temps la compagne de John, avant de partir définitivement, de quitter le monde magique. Elle n’avait pas reparu depuis, laissant John malheureux.

- Abby ? Il t'a fait penser à Abby ?

- Oui. Si seulement je savais ce qui lui est arrivé. Si elle est quelque part.

Un silence s’installa à peine troublé par les grognements du buffet énervé.

- Envoie un hibou à Eileen, elle doit être mise au courant !

Eileen Lake était la fille que Melinda avait eu très jeune après une courte mais intense d’histoire d’amour avec le professeur Severus Rogue. Les temps étaient si troublés lors du retour du mage noir que Melinda avait choisi de s’exiler en France, près d’Abigael. Eileen avait grandi là-bas et considérait Abby comme sa seconde mère.

Rufus et Melinda avaient eu le même cheminement de pensée car ils se sourirent en soupirant.

- Ah...Tous ces changements... Je crois que nous devrions nous préparer à partir pour Poudlard.

- Oui. Sans oublier que je dois remercier une elfe de maison. J'ignorais qu'il y en avait encore autant là-bas malgré toutes les lois promulguées en leur faveur.

Elle  regarda Rufus  tendrement. Ils avaient vieilli mais se sentaient toujours aussi bien ensemble. Il sourit. Leurs lèvres se joignirent. Le temps sembla se suspendre jusqu'au moment où un énième gémissement jaillit à nouveau du vieux buffet.

Interrompus, ils s’exclamèrent :

- Sapristi, Rafe a raison! Il faut jeter un contre-sort à cette satanée chose ! Il devient infernal !

La rentrée s'annonçait à Poudlard.

Le soir tombait plus vite.

L'automne était particulièrement précoce cette année-là.

 

 

 

 

Leya 2012/2018 @

 

 

 

Armando Dippet

 

 



18/12/2012
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